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d'autres scènes, dont le caractère véritable nous échappe, parce que les originaux visés ont disparu : ainsi je me demande si la consultation chez CEnothée n'est pas la parodie de fameux récits de guérisons répétés dans tout le monde grec et représentés dans les temples d'Esculape; si le récit de l'orgie avec Quartilla ne raille pas telle prétendue expiation: enCn, si la description du repas chez Trimalcion n'est pas une sorte de contre-partie à des récits sérieux de fêtes et de festins solennels. Voyez encore, au commencement du chapitre cxxxiii, le passage où Encolpe veut se rassurer en obtenant de Giton un serment solennel ; celui-ci le prononce dans les termes les plus formels {conceptissimis verbis), mais en y introduisant une restriction dont la portée est transparente : n'avons- Mous pas là une parodie des assurances de fidélité, dans le passé, qu'exigent l'un de l'autre les amants des romans grecs, sans parler des épreuves magiques auxquelles ils se soumettent '?
1. Ainsi, dans Tatius, l'épreuvo de « l'eau du Styx » pour l'amante : celle de la grotte de Pan et de la Syrinx pour l'amant. — Pour l'équivoque, comparer la réserve nécessaire insérée dans la formule du serment de Mélite, grâce aux mots de Thersander : Tiap' ôv à-n;£5r,!J.oyv -/pôvov : Tatius, VIII. 11. — Cf. P. Meyer, roman de Flamenca : Inlroduclion, p. iv bas : la femme du jaloux Arcliambault enfermé dans une tour, mais qui néanmoins a un amant avec qui elle communique dans la salle de bains, par un souterrain, promet à son époux de jurer sur dos reliques, « qu'elle se garderait elle-même aussi bien qu'il
Ainsi on résumera assez bifn le fond du Satiricon en disant que la verve do l'auteur s'y exerce sur le sujet habituel des romans grecs, sur l'amour et' tout ce qui se rattache à la peinture de l'amour, en insistant d'abord sur les thèmes et sur les incidents, sur les formes et les développements que la tradition du genre a consacrés : raillerie voulue, suivie et systématique.
Avant Pétrone, y avait-il eu en Grèce de telles parodies? Nous l'ignorons '. Le genre semble bien grec cependant, et, avant Lucien, d'autres auteurs ont sans doute écrit, sinon avec autant de goût, du moins dans le même style, dès le temps de l'empire, peut-être môme dès la période alexandrine. Aussi je ne crois pas que Pétrone ait inventé de toutes pièces la parodie du roman d'amour ; son mérite serait plutôt d'avoir généralisé et porté au dernier degré ce genre ; car il ne semble guère que la parodie puisse aller plus loin.
J'admets que le Satiricon soit, comme on l'a voulu, « un roman ancien réaliste » ; les portraits de Trimalcion et de son entourage, d'(1Rnothée et de Quarlilla. les scènes comme la bataille d'Eumolpe dans l'auberge (x(.v\ la lutte d'Encolpe C(»n-
V avait qnrdée juscjue-ln » : forinult^ iionii(ue qui (.loniio la clé do ce qui va suivre.