‹ Pétrone; l'envers de la société romaine et études diversesChapitre 125 sur 128 · LE PETIIOXE DU QUO VADIS · texte numérisé non relu

LE PETIIOXE DU QUO VADIS

tonu rig-oureusemeiit dans la mesure de ce qu'ils pouvaient supporter ?

Un écueil du plan choisi se rencontrait justement dans ce qui nous intéresse ici. Comment transporter dans une œuvre moderne le Pélronc de Tacite, en supposant qu'il soit, comme l'admel M. Sienkiewicz, l'auleur du Satiricon? Quel rôle lui donner ? Comment le faire parler, le faire écrire ? Les meilleures plumes ici faiblissent. L'une des plus fines, celle do Renan, a présenté dans V Antéchrist, à côté de JXéron, le Pélrone qu'il concevail. Que la peinture en esl vague el molle! Pour moi, celle partie tranche avec les autres chapitres du livre. Voir un Mérimée dans Pétrone est bientôt dit. Mais, vraiment, on se lire ainsi d'affaire à trop bon compte.

A mon sens, la déception n'est guère moins complète dans ouo v.\dis. L'arbitre des élégances n'est devenu que trop, pour les modernes, un arbitre de voluptés. M. Sienkiewicz n'en a guère fait autre chose : à part cela, il Ta ramené, pour presque Itiul le reste, à la taille d'un bon oncle de comédie ou de roman, quelque duc de Mora, surtout préoccupé de donner à son terrible neveu d'utiles lei.ons de tenue. Je n'ai pas besoin de les rappeler.

Un seul trait relèverait peut-être le personnage ; c'est sans doute une réminiscence de Renan. M. Sionkie^vicz met dans la bouche de son Pétrone le

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développement de la fameuse théorie de la parenté, de l'identité du beau et du bien : « Le crime est laid, tandis que la vcriu est belle. Dune le véritable esthète est en même temps un homme vertueux. Donc, moi, je suis un homme vertueux... Les sophistes môme peuvent servir à quelque chose ^ » . Nous connaissons assez ce thème avec les variations accoutumées ; nous savons qui l'a imaginé, et il n'y a pas de cela tant d'années. Combien de temps encore sera-t-il goûté ? Par quel biais accommoder ce langage avec le portrail de Tacite, avec les habitudes de l'auteur du Satiricon ? Il est trop clair que nous nous retrouvons ici entre nous, que nous sommes restés dans notre monde et dans notriî temps. Pouvait-il en être autrement? Après tout, nous aurions tort de prendre celle page trop au sérieux ; dans ce passage, le personnage ou l'auteur, ou tous deux, ont bien l'air de se moquer de ceux qui voudraient peser ce qu'ils lisent. Ainsi fait souvent, dira-t-on, l'auteur du Satiricon; mais ne le fait-il pas tout autrement ?

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