DERNIERS ÉPISODES
Toute la fin du roman se passe à Crotone. Un villicus décrit aux naufragés quelles sont les mœurs présentes de la ville : il n'y est question que de testaments à capter (aut captantur aut captant); toute l'institution de la ville, privée ou publique, se règle là-dessus (cxvi). Eumolpe propose d'exploiter cette situation, et il dresse un plan : on le présentera comme un vieillard d'Afrique, sans enfants, très riche, malgré le naufrage qu'il vient de subir. Ce sera l'appât offert aux captateurs. Encolpe et Giton qui se font passer pour les esclaves du vieillard, prêtent serment d'obéissance à leur maître fictif, Eumojpe, et l'on se met en route, non sans que Giton et Corax, le mercennarius d'Eumolpo, protestent contre le poids du bagage et la célérité delà marche (cxvii).
Tout en détalant, Eumolpe expose ses vues sur la poésie et sur ce qu'on doit attendre d'un vrai poète (cxviii), et, afin d'être mieux compris, il récite, pour servir de modèle, un poème qu'il a fait sur la guerre civile i(:xix-cxxiv).
Entrée à Crotone. Aussitôt se présente la foule
des coureurs d'héritages [turba heredipetarwn) qui viennent s'informer de la condition des nouveaux venus, et qui, sur ce qu'ils apprennent, apportent aussitôt des présents (fin de cxxiv),
La tromperie réussit. Eumolpe assure que ses compagnons pourraient maintenant tout se permettre, tant ils ont de crédit. Encolpe se demande cependant si leur ruse ne risque pas d'être éventée ou si Corax ne les trahira pas (cxxv).
Épisode de Polyène et de Circé. Encolpe, qui joue le rôle d'esclave et s'appelle ici Polyène, est remarqué par une jolie femme de la ville, Circé, qui lui dépèche sa suivante Chrysis. Tout d'ahord, plaisante méprise de Polyène qui croyait que la déclaration venait de Chrysis, pour son compte : celle-ci a vite fait de le détromper. Rendez-vous est pris dans un bois de platanes. Chrysis amène sa maîtresse, dont Polyène admire la beauté. Ses compliments (cxxvi). Premiers propos entre les amants: première joute : défaillance de Polyène (cxxvii).
Dépit (le Circé. Ses reproches à Polyène, à tous. Honte de Polyène, qui croit avoir été frappé de quelque maléfice (cxxviii). Chrysis apporte à Polyène une lettre railleuse de Circé; réplique et excuses de Polyène qui sollicite un autre rendez-vous, et, dans l'intervalle, se soigne.
Chrysis amène à Polyène une vieille femme, Pro-
selenos, qui va tenter de le guérir par des pratiques fort répugnantes. Nouvelle rencontre avec Circé chez elle (cxxxn; nouvelle défaillance de Polyène : Circé le fait battre, conspuer et jeter dehors. Polyène rentre et fait le malade. Son monologue irrité à la façon des poètes épiques ou tragiques (p. 99, 2i), contre la cause de ses maux, « Monsieur ma partie * ». Toute réflexion faite cependant, Polyène commence à se calmer (cxxxii).
Afin de se guérir, Polyène recourt à Vaide de Priape : invocation au dieu en entrant dans le temple (cxxxiii). Reproches de la vieille femme à Encolpe; elle le conduit dans la cellule de la prêtresse où elle le bat. Entrée de la prêtresse Œnothée. Celle-ci assure qu'elle seule peut remédier à de telles défaillances et que le monde entier s'incline devant son pouvoir (cxxxiv). Incantation près de l'autel : hideur de la vieille prêtresse et de sa pauvreté (cxxxv). En montant sur un escabeau pourri, elle tombe sur le foyer, renverse le chaudron et éteint le feu. Encolpe la relève, non sans rire. Elle va chercher du feu chez une voisine. Dans l'intervalle arrivent trois oies sacrées qui bocquèLent les jambes d'Encolpe. Il détache un pied de la table et tiic la plus audacieuse ; les deux autres rentrent au tem-
1. J'emprunte l'expression à Montaigne, I, 21, p. 12'.i, édition de Bordeaux. 1900, 1. 23.
pie. Encolpe se sauvait, quand revient ÛEnothécqui crie au sacrilège, et ne se calme que devant deux pièces d'ur. Commence une cérémonie d'expiation, et l'on fait cuire l'oie (cxxxvi et cxxxvii). Nouvelle incantalion. Encolpe parvient à s'échapper (cxxxviii).
Courte allusion à une intrigue avec Chrysis (cxxxix).
Episode de la iwalrone Pliilonicla qui, après avoir capté des héritages en se prostituant, prostitue aujourd'hui, dans les mêmes vues, ses deux enfants (cxl). Joie d'Encolpequand il a recouvré ses anciennes facultés.
Discussion entre compères sur les dangers de leur silualion (Jd., fin). Eumolpe révèle aux caplaleurs stupéfaits qu'une clause de son Icsiament les obligera, s'ils veuleni hériler. à dévorer son cadavre (CXLl),