Nom venu de la mythologie, du mythe d'Hercule
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qu'il a prévu le goût el les préférences de bon nombre de nos contemporains?
El cet auteur, supposez qu'historiquement nous connaissions mal sa vie, que nous sachions à peine le temps où il a vécu ; que nous voyions seulement par son ouvrage qu'il était très mêlé aux choses de son temps, observateur pénétrant, écrivain de race, mais sceptique, souple, fluide, insaisissable, s'évanouissant dès qu'on serre de près sa personne ; de telle sorte que ce roman incomplet, plein d'obscurités et de lacunes, a cependant un avantage qui ne paraissait jusqu'ici réservé qu'aux œuvres mystiques et dont elles se trouvaient à merveille : celui de s'envelopper de mystère, grâce au voile de l'anonyme 1.
1. Je ne dois pas cependant laisser ignorer au lecteur que la plupart des savants contemporains s'accordent à reconnaître dans le Petronius Arbiter de Tacite l'auteur du Saliricon, et qu'ils s'efforcent même de déterminer l'époque où le roman a été écrit (fin du règne de Claude ou commencement du règne de Néron), et celle à laquelle est censé se faire le voyage d'Encolpe en Campanie (entre 735 et74G de Rome.) Voir notamment, dans les Harvard Sludies, II (J891), l'article de M. Haley, Qttsestiones l'etronianix. Le même savant a essayé de prouver que la colonie habitée par Trimalcion est non pas Cumos, comme le veulent Mommsen et Friedlander. mais Pouzzoles. — Remarquons que les dates indiquées par M. Ilaley ne peuvent pas être réfutées par les anachronismes apparents qu'on relève dans le Satiricon. Il est bien vrai que telle anecdote (ainsi celle du verre incassable, li) est sûrement du temps de Tibère (Pline, Hist. nat., XXXVI, 195); tels noms, jetés dans le récit, sont ceux de personnages fameux du temps de Caligula (lxiv, l'acteur tragique Apelles) ou du temps de Néron (lxxui, le citharède Menecrales; cf. Suétone, Nero, 30). Mais il se peut que ces ana-
Voilà ce me semble, plus qu'il n'en faul pour piquer notre curiosité, et je ne crois pas m'être trop avancé Vn assurant que, de tous les livres anciens, le Satiricon, pourvu qu'on sache le lire et qu'on veuillejapprofondir, est un de ceux qui répondent le mieux à notre tour d'esprit. Essayons de le démontrer surtout par des analyses ou par quelques citations, et d'abord revenons successivement sur les points que je n'ai fait qu'indiquer: sur la personne de l'auteur, loulo mystérieuse qu'elle est et qu'elle restera en fin de compte : sur l'intérêt que le Satiricon, même en son étal frag-mentaire, peut avoir pour les modernes; sur le caractère du poète, sur celui du rhéteur qui jouent ici leur rôle et par qui nous apprendrons indirectement ce qu'étaient devenues, au i^' siècle, la poésie et l'éloquence ;
chronismos soient volontaires. On voit de même que Juvénal n'a pas nettement distingué son époque de celles qui avaient précédé. 11 est prudent pour nous de nous en tenir à une date approximative. — L'attriinition du roman à Pétrone dans les titres de nos manuscrits (ici p. 9) n'est pas sans doute sans valeur; mais nous ne devons pas oublier qu'il y avait dans l'antiquité des noms types que les copistes mettaient volontiers en tète des ouvrages anonymes; parmi les grammairiens, tel est Probus, et l'on cite aussi le cas d'une sorte de Manuel du Gourmet attribué à Apicius; on peut fort l)ien concevoir que le passage de Tacite ait fourni, pour le titre du roman, le nom qui manquait. De là un fond d'incertitude irréducti))le. — Si l'on admet cependant l'hypothèse courante, pour qu'on apprécie niieu\ Pétrone et que son caractère ressorte davantage, je recommande le moyen connu : opposez-lui un de ses contemporains, comme Pline l'Ancien, Du seul rapprochement des noms jaillit, ce me senilile, quelque lumière.
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nous entrerons ensuite dans le monde des petites gens en passant dans la salle à manger de Trimalcion.