‹ Pétrone; l'envers de la société romaine et études diversesChapitre 28 sur 128 · XVI, I · texte numérisé non relu

XVI, I

QUIl) AD SOS ? 65

celui qu'on allait gagner. 11 fallut la réalité pour ouvrir les yeux de César et de ses sujets. C'est une chose bien sûre que, crédules et naïfs, les Croloniales du roman n'étaient pas seuls à l'être en ce bon temps du règne de César-Néron.

A Crotone ou à Naples, le lecteur moderne sent d'abord qu'on le conduit sous un autre climat, au milieu d'habitudes toutes dilférentes des nôtres. La vie de ces Romains se passe tout entière en dehors des maisons. On étouli'erait dans les casulœ ou les cellulœ ; aussi n'y rentre-t-on que pour manger à part soi, ou mieux pour dormir. Le jour, Encolpe et ses amis battent le pavé de la ville et parcourent les lieux publics : forum, bains, portiques ou pinacothèque: c'est là qu'ils s'agitent, rêvent, déclament, pérorent. Pour quitter le plein air. il leur faut la nécessité de se cacher ou l'occasion d'un festin. A cette habitude de vivre au dehors se rattache jusqu'à un certain point ce que la vie de ces personnages a de théâtral. Gais, insoucieux, d'ordinaire violents et très vite hors d'eux-mêmes, tous ces Romains, dès qu'ils se sentent regardés, se redressent, marchent avec solennité, parlent avec emphase {late loquuntur) '.

L'intrigue est inégale -. Tantôt la suite des inci-

Page 1