VIII PREFACE DE LA PREMIÈRE EDITION
le plus compétent et le plus consciencieux des éditeurs '.
A tort ou à raison, j'ai pensé qu'une étude générale sur le Satiricon pourrait conduire à une peinture plus exacte et plus approfondie du monde ancien. Ce roman charmant et obscur, exquis et répugnant, par ses qualités comme par ses défauts, j'entends ceux qui ne viennent pas de l'injure du temps, représente assez bien à mon sens l'envers de la société romaine ; c'est dire qu'il peut aussi, jusqu'à un certain point, pour qui aurait de bons yeux, en faire voir l'endroit. Ne serait-il pas bon, pour le plus grand profit de l'histoire des mœurs et des lettres à Rome, de le remettre à sa place ? et cette place, n'est-ce pas à très peu près, sauf, bien entendu, les différences de fond et de forme, celle qu'on a faite dans l'art grec aux vases peints, statuettes, poteries de Tanagra, d'avant ou d'après Tanagra; bref, à tout ce qui permet de saisir ou du moins d'entrevoir le monde ancien dans sa vie de chaque jour? On sait assez combien a été heureuse et féconde la révolution qui s'est faite, sous nos yeux, dans cette partie de l'archéologie grecque. Voici de même, parmi les auteurs latins, une sorte de peintre de genre qui peut, tout au moins en
1. Friedlimder, Cenu Trimalchionis, avec introduction, traduction et notes en aUcmand : Leipzig, llirzel, 1891, in-8 (une seconde édition a paru en 190C).