PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION IX
partie, nous tenir lieu des élégantes peintures de vases et aussi des grotesques grecs. Par un autre côté, on lui trouverait plus d'un point de ressemblance avec les ouvrages du genre léger, nouvelles, contes, historiettes burlesques, bluettes et môme gazettes des deux derniers siècles. L'auteur est raffiné, blasé même, mais curieux, pénétrant, passionné, toujours précis, et c'est avant tout un maître écrivain. Ecoutons, sans fausse délicatesse, ce qu'il nous dira du cours habituel, des dehors et même des bas-fonds de la vie romaine. Jamais on n'a mené nulle part si grande vie, et chez aucun peuple, dans aucune société, il n'y a eu une telle variété, tant de contrastes et de dessous '.
Si bon que soit le guide que nous allons suivre, il est certain qu'il restera toujours, sous le décorum de l'histoire, maintes choses essentielles qui
1. Voici détaché, comme exemple, entre tous, un trait de mœurs que nous a conservé Pétrone et qui ouvre des vues sur un cùté peu connu de la vie ancienne. La marque et le tatouage y étaient usités tout comme chez nous ; c'étaient souvent dos signes infamants que les intéressés s'elîorçaient d'effacer en s'adressant à Esculape (voir l'article do M. Perdrizet dans l'Archiv fiir Religions-Wissenschaft, xiv, 1 : La miraculeuse histoire de Pandore et d'Echédore, d'après Inscr. gr. IV, n" 951. 48 et s.) Ou iden c'étaient dos dévots qui, par une inscription sur la cuisse ou ailleurs, témoignaient do leur foi en tel culte. Dans Pétrone (ch. c.v), la marque {noiœ lil(erarum) doit signaler à tous des esclaves fugitifs, punis par leur maître. — Voir encore la réclamation faite (cl», xcvii) par le prueco, avec le signalement de Giton perdu {puer in balneo paiilo anle aberravit,..) et promcssi; d"une récompeiisi' liounéte {mille ninnmos...].