Le tires, lvi
curieux, si piquant que soit ce caractère, il nous importe cependant beaucoup plus de savoir ce que pensait Pétrone, et ce qu'on pensait autour de lui de la poésie, de son état présent et de ses destinées. Ici des distinctions sont nécessaires, et la première et la plus importante à faire serait de démêler, parmi les poèmes qu'on lit dans le roman, ceux qu'on peut attribuer avec vraisemblance au romancier luimême : qui, conformes à son goût, portent sa marque; et, d'aulre part, les poèmes qui ne sont insérés ici que dans une intention satirique ^ œuvres paradoxales, ou mieux parodies véritables, qui ne représentent que les travers d'un personnage donné, particulièrement d'Eumolpe. Car si personnel que soit l'accenl des vers, comment admettre que Pétrone, qui s'efface partout ailleurs, paraisse ici toujours au premier plan ; et qu'Eumolpe, interprète de Pétrone dans les vers, ne revienne à son caractère qu'avec la prose ?
Avant d'aborder cette difficulté, dégageons noire discussion de loule une partie neutre en quelque sorte, je veux parler de ces petites pièces qui, semées tout le long du roman, ne caractérisent personne, simples jeux d'esprit et de facture où s'est répandue la verve do l'écrivain. Qu'on remarque