‹ Pétrone; l'envers de la société romaine et études diversesChapitre 37 sur 128 · poemata domini sut · texte numérisé non relu

poemata domini sut

2. Nous avons, dans ce passage du roman, un souvenir ou mieux une caricature des liabitudes élégantes de la Grèce ; \oyez, dansYllistoire oreajiie de "Si. Duruy (t. I, p. 535), la gravure dans laquelle est représenté, d'après une coupe de Tauagra, le personnage qui, à la lin d'un banquet, chante des vers do Théognis.

les vers avaient d'abord porté plus haul !e lecteur.

A voir la facilité de facture et la prestesse de quelques-uns de ces petits poèmes, on comprend à merveille que les anciennes anthologies aient fail de nombreux emprunts au Satiricon. Encore au siècle dernier, un connaisseur en petits vers. Voltaire, semble avoir ressenti vraiment pour les poèmes insérés dans le roman l'admiration qu'il aii'ectait pour tout l'ouvrage, et c'est avec grand'-raison qu'il signale dans le nombre de véritables perles.

Mais, en dehors de ces plaisirs de société que la mode multipliait, quelle idée se faisait-on, au i""" siècle, de la poésie, de son passé et de sa destinée? Deux passages principaux sont à relever dans le-^SV/tiricoii et, dans l'un et T.iutre, se présentera la difficulté dont nous parlions ' : faut-il y voir une thèse plus ou moins paradoxale d'un personnage du roman, ou l'opinion véritable du romancier?

iVous avons d'abord, au commencement du récit, l'entretien d'Encolpe et d'Agamemnon sur l'état présent dos lettres, i'our eux, la décadence générale ne fait pas question. Tout le monde en a conscience. On rallribue à des causes diverses; c'est un sujet de discussions sans (in: mais il n'est que trop clair que les temps classiques ne sont plus;

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la veine a tari et l'on ne voit plus de chel's-d'u'uvre. lui attendant, l'on vit comme on peut. La poésie n'est pas nommée expressément dans ce passag"e; mais il n'est pas douteux qu'elle ne tombe sous le coup de l'arrêt qui vise toutes les formes de l'éloquence (facundia); l'art des vers est l'une d'elles et partage le sort commun. Il semble bien que dans \xm\ ce prmiicr passagi\. ce soil Pétrone pliiliH qu'Encolpc (jiic nous entendions.

Il en est autrement des chapitres * où Eumolpe, après avoir exposé avec emphase ce qu'il donne comme sa poétique, prétend Joindre l'exemple aux préceptes. On discute beaucoup sur cette partie du roman : les meilleurs critiques la comprennent tout différomnienl .

L'auteur a peut-être eu le tort d'être resté trop peu clair :. tel est au moins le texte qu'a sous les yeux le lecteur moderne : il se peut que dans les lacunes se soient trouvés les passages qui supprimaient toute équivoque.

On a l'habitude de prendre à la lettre tout cet exposé V- d'y voir un système poétitjue qui serait sérieusement soumis à l'approbation du lecteur: les idées exprimées seraient celles de Pétrone. Ni le tond des cliapitres, ni le ton (jui y règne, ne me

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