‹ Pétrone; l'envers de la société romaine et études diversesChapitre 39 sur 128 · Ch. V · texte numérisé non relu

Ch. V

le rhéteur élait habile, et le fond de son métier consista il à donner des leçons d'habileté, il s'assurait la fortune ; beaucoup obtinrent le rang- sénatorial ; d'où cette sorte de proverbe : «De rhéteur tu seras fait consul » ; a fies de rhetore consul ^ », C'était leur manière de prolonger, sous l'empire, la puissance de la parole. La Iradifion de l'école répétait que c'était l'éloquence qui aval! fondu d'abord les sociétés primitives ; productive encore après tant de siècles, elle fondait présentement le bien-être de qui l'enseignait.

Qu'entendait-on proprement par éloquence ? Nous avons vu - que le terme lat in, /acrmcZm, très vague et trop étendu, comprenait la prose et les vers, le fond el la forme, louies les belles-lettres, parfois môme les beaiix-arls. Les rhéteurs n'étaient pas pour en restreindre la compréhension. Se figurant être juges de tout el bons juges, ils se sentaient bien [)luirit portés aux empiélements. Les frontières restaienl indécises. Pour Iracer, ne fût-ce que par à peu près, une limite entre les domaines des sciences rivales, on usait, dans le monde el même dans les écoles, de signcîs extérieurs el matériels donl le seul avantage était de supprimer toute discussion. Voici

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