Au commencement du cliap. lxxxi
que? Si nous interrogions les Métamorphoses au lieu du Satiricon et si notre témoin était Apulée et non Pétrone, la question ne se poserait même pas. Apulée ressent, pour l'art auquel il a dû tous ses succès, une admiration qui n'admet même pas l'ombre d'une critique. Rhéteurs, rhétorique, cela est pour lui au-dessus de tout. Pétrone, qui n'est pas dupe des hommes, l'est encore moins des mots et des préjugés d'éducation. On pouvait attendre de lui une critique impitoyable des rhéteurs et de leurs préceptes : c'est justement ce que nous rencontrons dès le début du Satiricon dans sa forme présente. L'auteur y fait le procès en règle de la rhétorique. L'attaque est conduite par Encolpe et poussée à fond. Ce n'est pas ici qu'on déplorerait, avec Sénèque, de voir les cuisines remplies d'apprentis gâte-sauce, tandis que les écoles des philosophes et des rhéteurs sont désertes K Au gré d'Encolpe, c'est-à-dire (au moins pour ce trait) au gré de Pétrone, les écoles de rhéteurs ne seront jamais assez vides. Rien n'est si absurde que l'enseignement qu'on y donne. S'il réussit à une chose, c'est à faire de grands sots. Les exercices bizarres auxquels on occupe les jeunes gens, les jettent dans un milieu factice où ils se démènent comme des maniaques ou des fous. Ce n'est