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n'en sommes pas sortis, et que, dans ce voyage d'Afrique, les contes d'Asie ou d'Italie ont été, eux aussi, métamorphosés, mais, hélas! on pures déclamations.
Il en est tout autrement avec Pétrone. C'est chez lui et chez lui seulement qu'on entendra de vrais entretiens d'hommes du peuple. La peinture des petites gens dans le Satiricon est exacte, franche, sérieuse: non pas, il est vrai, sympathique. Ne cherchez ici aucune de ces expressions de pitié qu'en de telles occasions, nous aimons à rencontrer chez nos contemporains, et où nous sentons, avec joie, l'homme sous l'auteur. De cet observateur n'attendez même pas de bonté vraie: il n'a guère que de la curiosité. Pétrone ignore ou afïccte d'ignorer les misères des petites gens; il ne connaît que leurs ridicules.
Sous son indilférence insouciante, on sent môme un persiflage continu, heureusement contenu aussi, et qui ne gâte pas l'effet général. Nous comprenons bien à quel ordre d'esprit il appartient, et nous avons connu en d'autres temps le même caractère. Le Régent, si l'on en croit Madame du Deffand, ne voyait dans le monde que deux classes d'hommes : les sots et les fripons. Pétrone eût goûté cette manière très simple de grouper les gens; il semble dire : cherchez les sots parmi les illettrés, surtout
chez les parvenus et dans leur entourage: pour les autres, voyez à la cour et partout.
Si, dans d'autres parties du livre, par exemple dans l'épisode de Polyène et de Cir^é \ Pétrone pousse plus d'une fois l'élégance de la forme au point de donner à ses lecteurs un avant goût du style culto, dans les conversations des affranchis de Trimalcion, surtout dans celles qui ont lieu en l'absence du maître (clulces fabiilœ) -, les convives, jouissant d'un moment de répit, reviennent librement à leurs habitudes d'origine; car. tant que Trimalcion est présont, lui seul a la paroi»' : alors même qu'il fait une demande à un convive, il se hâte de couper court à la réponse : il est chez lui et il le fait sentir. En son absence, ses invités respirent; nous pouvons entendre et savoir poui {|uelques-uns ce qu'ils sont.
Quelle est la condition de ceux qu'on nous fait connaître? C'est Dama, un ancien esclave; un ancien employé de pompes funèbres {lif'ifinarius), (.'. Julius Proculus, qui est, nous dit-on. en bon rang dans un tel milieu^; Echion, un fripier (centonarius) ; vers la fin arrivera une sorte de magistrat