‹ Pétrone; l'envers de la société romaine et études diversesChapitre 85 sur 128 · Fr. i et IV · texte numérisé non relu

Fr. i et IV

2. Mais Marseille poui-rait bien n'avoir été mentionnée qiu^ par occasion, par ex. dans quelque conte.

3. On m'a objecté des textes en faveur de Mars( ille : Strabon, Tacite {Agric, 4), Valère-Maxinie (II, G, 7). Je pourrais répliquer par un proverbe que cite Athénée (XII, 5) : « Va t'embarquer pour Marseille » (entendez : tout te permettre) uXeûa-at; s!; MaCTffa/.iav. Gela i)rouve, tout au moins, qu'on disputait là-dessus, et il est probable (iii'il y a eu des différences d'une époque à l'autre, et, dans la ville même, d'une famille à une autre. •

4. Plaute, Casina, V, iv, 1 (88.)) : Ghalinus dit :\ Lysimachus : « Où es-tu, toi ((ui veux pratiqut;r ici les mœurs de Marseille? Maintenant, si tu veux de moi, voici l'occasion » :

•' l lii lu os, Iiic qiii colère mores Massilietises postulas? Nntii' si lu vis subif/itare nie, proLu esl occasio. »

PAR ri ES PEU DUE s DU SATiniCOS IGl

ville d'un culte particulier, ce qui ne semble pis avoir été autrement IiunoraMe pour la cité phocéenne. Les héros du Satii'icon se trouvaient donc, en celte partie, transportés dans un pays où ils n'avaient pas à se gêner, et qu'on savait très pr(jpre à leur genre d'exploits.

Il est probable que la peinture que Pétrone y taisait de nos ancêtres, élail satirique autant que licencieuse. Dans ce que nous possédons, il ne reste qu'une allusion à noire climat cl qu'un (rail assez anodin, lancé contre les Gaulois. Le caractère de notre nation, d'après Giton-, serait une telle pâleur de visage qu'on le dirait couvert de craie. Les Méridionaux voulaieni dans la face plus de couleur ou tout au moins un leinl plus brun.

Un fragment ^ contient, sinon une description des enfers, du moins une allusion à l'un des monstres qu'y plaçai! la tradition : Cerbère était représenté sous la forme d'un avocat braillard, aux éclats de voix insupporlables. N'était-ce qu'une plaisanterie, ou y avail-il là une parodie évhémérique du fameux

2. P. 70, 32. En parlant ainsi, liiton avait sans doute dans l'esprit soit les cheveux blonds et la peau blanche des Gaulois, soit l'étymologie poinilaire i^ui rattachait la forme grecque du nom, FaXaTr,;, au mot qui désigne le lait, Vilx,

3. Fr. VIII : Petronius in Euscioji. — Parmi les œuvres de I.ucain, on cite aussi un Cataclilunioii. — Se rappeler les épisodes analogues des romans égyptiens.

passage de V Enéide f En ce dernier cas, ce serait à Rabelais el à tel chapitre du Pantagruel qu'il faudrait s'adresser pour combler ici la lacune ^

. Dans le reste du roman se déroulaient des incidents auxquels il n'est fait dans nos deux livres qu'une allusion rapide '. On y voyait comment Encolpe avait aimé Doris, comment il avait séduit la femme de Lichas, séduit cl volé celui-ci; comment Giton s'était fait aimer cl non moins haïr de ïryphène. Lichas et Tryphène sont des Tarentins ^; il est donc clair que, dans tout l'épisode, la scène devait se passer à Tarent è. Do plus, il devait y avoir, dans les livres perdus, un voyage sur mer d'Encolpe, avant la tempête de Gampanie '\ D'au-

1. Pour avoir, dans l'antiiiiiiti!, un point de comparaison avec ce passage, s'il faut l'entendre comme nous venons de le faire, lire dans Lucien, Histoire vérilable, II, 10 et suiv., la description du festin des liéros dans l'île sacrée, gouvernée par Rhadamante.

2. Ces allusions se trouvent surtout dans les résumés qui, conformément à une habitude des romans grecs (voir plus loin, p. 219 et n» 2), rappellent les incidents antérieurs par lesquels ont passé les principaux personnages. Dans un de ces passages qui résume la vie d'Encolpe (cxxx, p. 96, 32), il est qiiestion d'une trahison {prodiiionem feci); nous ne'savons pas bien en quoi elle a consisté ; mais Encolpe parle aussi d'un meurtre^ qu'il a commis {hominem occidij: en comparant un autre passage (lxxxi, p. ii.i, dl : hospitem occidl), nous conjecturons qu'il s'agirait là do son hôte Lycurgue ; enlin, il est question d'une violation de temple {lemplum violavi); c'est sans doute celle du per tit temple do Priape (voir le ch. xvii, p. 14, 20).

3. Tarentrf était le pays d'origine des mimes et divertissements analogues, la patrie do Ilhinton, de Skiras etc. D'après Strabon, les Tarentins comptaient plus de fêtes qu'il n'y a de jours dans l'année.

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