PARTIES PERDUES DU SATIRICOS
tre part il avait failli périr aussi sur terre dans un éboulement '. On assistait au procès d'Encolpe, meurtrier de son hôte-; c'était certes une heureuse idée d'amener ainsi l'élève des rhéteurs à plaider sa cause, une mauvaise cause, qu'il avait eu le bonheur ou le talent de gagner. Etait-ce dans ce procès qu'il rencontrait en face de lui Euscios, l'avocat- Cerbère dont je viens de parler? Nous ne savons.
Le culte d'Isis, dont Encolpe avait dérobé le voile et le sistre, devait être décrit, el aussi le cortège ou plutôt le troupeau de ces prêtres de Cybèle, prêtres mendiants, parmi lesquels nos aventuriers avaient trouvé el pensaient retrouver un utile refuge en cas d'accident 3. C'est ici peut-être que nous avons le. plus perdu; tout cet épisode du Satiricofi eût été pour nous une excellente con Ire-partie du dernier livre tout mystique des Métamorphoses d'Apulée.
La colonie grecque, Crotone, Marseille, Tarente sont des villes de province; mais ii'était-il question partout que de l'Italie provinciale ou de la (iaule? Les héros avaient dû. ce semble, partir de la capi-
\. Ibid.
3. p. S3, 14 : f La mère des dieux saurait encore nous procurer l'argent nécessaire à nos besoins » ; «■ Xum nunimos in praesentem usum deum matrem pro fide sua reddilumm. » Cf. p. 93-, 5 : a II faudrait revenir à notre pauvreté, mendier encore >) ; « Paupertas nova mendicitale revocanda » ; et p. ."jj, 11 : « Mendiant, exilé » ; « Mendicus, exul... »
aie: ne finissaient-ils pas par y revenir ? Nous devinons facilement quels écueils pouvait offrir au romancier la peinture réaliste de certains coins de Rome ; mais nous sentons aussi quel en eût été l'intérêt pour les contemporains.
Dans d'autres chapitres était peut-être décrite l'organisation des écoles de rhéteur. Par Sénèque le père, par Quintilien, nous connaissons assez bien les sujets, pour la plupart bizarres et romanesques, sur lesquels s'exercèrent de tous temps les élèves. Nous aimerions savoir quelle était leur vie. Plusieurs phrases du Satiricon semblent prouver qu'ils étaient astreints à une certaine discipline. Puisque à un endroit, l'un des jeunes gens craint d'êlre surpris à l'auberge par Ménélas, le surveillant do l'école (antescholarius) ', la rencontre ne devait pas manquer d'avoir lieu un peu plus lard. Par le roman nous aurions connu sans doute quels étaient, les règlements de l'école; comment on punissait, si toutefois on les punissait, ceux qui les violaient, notamment ceux qui, comme Kncolpe et Ascylte, prenaient la clef des champs ; bref, nous saurions de quoi et comment vivaient ces étudiants, vieux à Pécole de dix et vingt ans, qui, chez les anciens, étaient plutôt la règle que l'exception.