CONCLUSION
l'éloignement et la suite des siècles, par perdre leurs contours réels pour se fondre en une atmosphère idéale. On n'arrivera pas, sans doute, à tirer du Satiricon un tableau complet de la société du i*"" siècle. Nous n'avions rien prorais de tel et personne n'eût pu raisonnablement l'espérer. Quel cadre ne faudrait-il pas pour y resserrer, môme avec toutes sortes de réductions, l'ampleur d'un pareil sujet 1 Dans la peinture que Pétrone a faite de ses contemporains, certaines parties se trouvent omises entièrement; d'autres sont à peine esquissées. Les vices occupent à peu près toute la place, tandis que leurs contraires brillent ici par leur absence, et cependant nous savons par les historiens, et trèsexpressément par Tacite S que si les révolutions, si les cruautés des empereurs amenèrent de grands malheurs pendant le i*'" siècle, ce temps ne connut guère moins de grandes vertus. Le roman n'a cure de les connaître, encore moins de les célébrer. Vertu, noblesse, dévouement, cela n'est pas son fait ni de son ressort. Il reste dans son rôle et, fort heureusement pour nous, préfère mettre en lumière ces coins et recoins de la vie ancienne que les historiens laissent presque tous et presque toujours dans l'ombre.