LES TOUAREGS
Plusieurs Touaregs Tinrent en France pendant Tannée 1862; ils vulaient voir de plus près cette civilisation européenne qui a pendant si longtemps frappé Timagination de leurs voisins, les Arabes^ et qui^ depuis quelques années^ commence, grâce à nos possessions algériennes^ à s'introduire dans l'intérieur de TAfrique.
Les Touaregs, une des grandes branches de la famille berbère, sont les véritables enfants du désert. Leur taille est assez élevée, leur tournure ne manque pas d'une certaine majesté. Ils ont le front haut, mais étroit, les yeux expressifs, le nez presque aquilin, les lèvres peu épaisses; ils appartiennent à la race caucasique, et sont, en général, presque aussi blancs que les habitants du midi de l'Europe. Ils portent de grandes moustaches, qu'ils dérobent sous un voile épais. Lors-
Vaisseaux légers de la terre>
Plus sûrs que les vaisseaux.
Car le navire est inconstant...
Nos mahara le disputent en vitesse au maha (gazelle).
Ils sont la promesse de la victoire...
Les Touaregs aiment passionnément la vie indépendante ; plus sensibles en général aux joies brutales des combats qu'au bonbeur tranquille de la paix, ils semblent peu soucieux des vertus patriarcales et des préceptes religieux. Ils sont musulmans, mais prient peu, ne jeûnent point et ne font pas les ablutions prescrites. Le Coran ordonne de saigner les animaux; ils sont plus expéditifs : d'un seul coup de sabre ils leur tranchent la tête.
Us remplacent les prières par des chants guerriers et les fêtes religieuses par des simulacres de combats.
La guerre, la chasse, les razzias, les courses sans fin dans ces plaines immenses, tels sont les plaisirs dont s'enivrent ces intrépides enfants du désert. Leur patrie leur paraît préférable à toutes les autres contrées. « Qui voudrait jamais la quitter, disent-ils ? La vie y est bonne et libre, et c'est un beau pays ! Le gibier y fourmille, la chasse y est facile ; les chèvres, les brebis et les chamelles y sont des sources de lait. Beau pays, aimé de Dieu et loin des sultans ! »
« Toutes les armes sont à craindre, s'écrient-ils encore; mais la meilleure, c'est le sabre, le large sabre de Rdamès ou du Maroc ; .
« Les balles et le fusil trompent souvent ;
« La lance est la sœur du cavalier; mais elle le peut le trahir;
« Le bouclier, c'est autour de lui que se groupent les malheureux ;