‹ Peuples et voyageurs contemporains (volume 2)Chapitre 11 sur 45 · LES TOUAREGS · texte numérisé non relu

LES TOUAREGS

« Le sabre I le sabre! c'est Tanne du Targui, quand le cœur est aussi fort que le bras, »

Ces vertus guerrières dégénèrentirop fréquemment en brigandage. Dès que les espions ont éventé une caravane, dit le général Daumas dans un de ses remarquables ouvrages, ils la suivent à la piste, de loin, prudenmient, en se cachant dans les plis des vagues du sable, pendant que d'autres vont accélérer la marche de la bande commune, qui bientôt se disperse dans l'espace. Quand la nuit sera venue, quand, fatiguée de la journée, la caravane se reposera sur la foi de ses sentinelles, les Touaregs s'en rapprocheront. Les plus adroits s'avanceront en rampant, lentement, sans bruit, et, le lendemain, dix, quinze, vingt chameaux manqueront au départ.

Depuis Ouargla jusqu'à Timbouctou, sur utie étendue de quatre cents lieues, les Touaregs dominent en maîtres ; tout relève d'eux, tout est rangé sous leur joug. Malheur à ceux qui les offensent! Les plus terribles représailles en sont Tinévitable conséquence.

Le général Daumas raconte qu'il y a quelques années, le cheikh Badda, chef touareg vénéré, se laissa imprudemment entraîner par l'ardeur de la chasse sur les confins de l'Ouest. Il fut tout à coup entouré par des Berbères ennemis, qui lui ordonnèrent de leur àvrer sur-le-champ ses troupeaux.

— Mes troupeaux, répondit le cheikh Badda, sont autour de ma tente, à deux journées d'ici, dans la montagne.

— Et tes compagnons ? reprit le chef de la bande.

— Je suis seul avec ma tête.

— Tu mens, chien l Mais le bâton te fera parler.

— Tu ignores sans doule, Tùp^ Touareg, que je ne suis pas de ceu N'as-tu pas entendu parler du chd devant toi : tuo-Ie^ mais ne le traita

— C'est bien, s'écria rimpiloyaî] donc!

Et, appliquant le canon de son du cheikh, il pressa la détente el 8on ennemi sur le sable.

Les compagnons du malheureux < rent vainement dans les raontapntVï voisines, pui= revinrent auprès dr toute la jeunesse sur pied, et, doTi' corps du cheikh Badda étaiÊ rétro ljvj paisses brou s^ s ail les.

Au inoment où le cruel chef berîs à oublier son crirae^ il reçut, du fil missive dana laquelle se trouvaient naçantes :

« En tuant un homme qui n'avait pai^ main pour te combattre, tu os violé h de nos ancâtres. Je serai plus généreux!

préviens de ce qui arrivera. Si grand | ventre, toi vivant^ Je le remplirai de [u^l juré. »

Sans plus tarder, le fils de Rudïia et îi> vêtus comme d e s f e m mes be i ■ i to i\

cellents chameauï arrî^eni du douar ennemi ; ils fonf un ravin el se dîspersen i des femmes qui rama^^i s'avancent lentement vc

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