‹ Peuples et voyageurs contemporains (volume 2)Chapitre 27 sur 45 · ANTIQUITÉS AMÉRICAINES · texte numérisé non relu

ANTIQUITÉS AMÉRICAINES

des nations dyilisées existaient en Amérique^ à répo<» que où l'Europe presque entière était encore plongée dans les ténèbres de la barbarie.

Gomme la religion, la science a son martyrologe : non-seulement les savants^ les voyageurs, sacrifient trop souvent leur vie à son culte ; mais lorsqu'ils surmontent les périls, les difficultés sans nombre qui se présentent à eux, combien de fois^ à leur retour au milieu de .leurs concitoyens, ne retreuvent-'ils que l'oubli, que l'abandon 1 — Les sociétés savantes leur refusent quelquefois même leurs portes, et les libraires les éconduisent comme des gens à marotte ou des visionnaires.

Que Ton fasse un Jour l'histoire de ces savants qui ont désisté au soleil meurtrier des tropiques, au froid des pôles, aux floches des sauvages, et qui sont morts de langueur et d'abattement, méconnus par leurs propres concitoyens, on verra combien est longue la liste de ces nobles infortunés qu'une grande pensée, qu'un souffle de génie animait peut-être, et que la société ingrate et ignorante a repousses.

Si le courageux Waldeck, comme tant d'autres, était mort après avoir parcouru un peu plus d'un deminècle, nul doute qu'il ne fût à Jamais resté ignoré. Et pourtant c'est, en partie^ à sa persévérance et à son intrépidité que l'on doit les premiers renseignements exacts sur le Nouveau Monde.

Voici son histoire : en 1822, après avoir publié la Relation d'Antonio del Rio, le premier voyageur qui ût révélé l'existence de la mystérieuse Palenqué, surnommée la Thèhes américaine, et qui devait être un grand centre religieux, — Waldeck voulut connaître

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par lui-même le Mexique, et s'installa bravementl milieu môme des ruines de Palenqué : — il avait i plus de cinquante ans. — ^ Ses recherches furent | tientes et scrupuleuses, comme l'œuvre d'un béné^ tin; il revint en France, chargé de dessins et de i seignements, songeant à la gloire que ses découve allaient lui valoir; mais le lendemain arrivèrent | désillusions ; les éditeurs furent sourds à ses i tiens et refusèrent de publier son ouvrage.

Le moment paraissait, du reste, peu favorable f le monde savant avait concentré tous ses regards t le magnifique ouvrage des ÂrOiquités meeoicames H pupaix et à Gastaneda, et auquel Humboldt avait irt ché son nom : — le manuscrit de Waldeck paraisls on le comprend, au premier abord//ibfliio àc4ff d' travail édité avec le plus grand luxe et qtA ne se fc dait pas moins de l'^OOO francs.

Aujourd'hui les vœux de Waldeck sont> sur quel^ );)oints, réalisés. Dne commission nommée par TËiai reur s'est occupée de ses précieuses coIleetiMM^ ett travaux commencent à voir le Jour.

Mais à quel prix le doyen des savants, le Nestor d* voyageurs du monde à-t41 bbtenn cet avantage depa. si longtemps désiré! Combien d'années d'attenté se mées de déceptions amères I

\^aldeck, âgé de quatre-vingt-treize am> a eidi toutes ses collections, moyennant une j^ension de 1,500 francs! 11 a employé don^e atriiées de sa tiéâ explorer le Mexique et dépensé plus de 100,000 firmes I Ces chiffres parlent, chacun, dans leur sens t^ tnos laissons à nos lecteurs le soin de les commenlMk

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particulièrement les ruines du Chiapas^ entre antres celles de Tulha (que les indigènes appellent Tonina en langue tzendale); ces ruines ont un magnifique aspect: «— on 7 trouve des statues, des bas-reliefs et des ornements en stuc d'une exécution très-remarquable^ et dos inscriptions qui rappellent celles de Palenqué.

C'est à peu près dans les mômçs parages qne M. Squier fit aussi, il y a quelques années, de curieuses découvertes K Les savants qui approfondissent, retournent^ scrutent les questions les plus ardues, ne sont pas rares, mais les érudits de la trempe de M. Squier sont en trop petit nombre; — en lui, nous voyons le savant doublé de l'homme d'esprit ; ~ il étudie et Juge avec raison, mais écrit avec la plume finement taillée d'un élève de Voltaire; ses renseignements ne se pressent pas en lourds bataillons, mais se présentent en habiles tirailleurs ; il nous promène, en spirituel pionnier, au milieu des merveilles de l'Amérique centrale, et nous charme presque autant qu'un bon romancier. Il raconte l'étonnement des indigènes et des Mestizos en découvrant, dans les hautes herbes de Femacola et de Zapatero (lac de Nicaragua), ces singulières idoles, à côté desquelles ils avaient toujours écu sans se douter le moins du monde de leur voisi* nage ; — il nous dépeint, en traits colorés, les paysages et les habitants, le passé et le présent du Nicaragua ; —que de persévérance, que de ténacité il lui faut pour mener à bien son entreprise! Les ouvriers de TAmé' riquo centrale n^obéissent que dans Tunique espoir d*as80uvir leur insatiable soif à!agua ardiente (eau-de-

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