‹ Peuples et voyageurs contemporains (volume 2)Chapitre 29 sur 45 · ANTIQUIT · texte numérisé non relu

ANTIQUIT

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tudes, et dous ne doutons pas qu'elle n'occupe trèssérieusement les américanistes. Les dessins avaient bien su nous donner une idée de Fensemble des édifices, mais la photographie, avec sa netteté, sa précision habituelle, nous transporte à leur pied même. Il appartient maintenant aux archéologues et aux architectes d'établir des points de comparaison entre ces monuments et ceux des autres parties du monde. Quant à nous^ nous leur avons cherché vainement une analogie réelle. Ces monuments ne rappellent en rien les ruines de THindoustan, 'et n'ont aucune ressemblance avec les édifices de la Chine et du Japon. C'est, suivant M. VioUet-Le-Duc, un art étrange qui indique une civilisation très-avancée, des connaissances industrielles étendues, une puissance colossale, un état social qui n'a que des rapports très-éloignés avec ceux des Indes orientales, de l'Asie et de la vieille Europe. Ce ne sont pas de ces ruines informes qui arrêtent seulement l'archéologue et l'artiste curieux des choses dupasse, ce sont des édifices gigantesques i peu près intacts.

Ainsi marche la science : l'Amérique vieillit, et ses premiers Colomb remontent peut-être au temps des Ninus et des Sésostris«.

LA VILLE DE PÉ-KINCi

Pé-kîng, qu'on écrit â fort Pékin^ compte environ deux millions d'habitants; du côté de Touest^ là grande cité ressemble plus â une forêt qu'à une ville^ tant il 7 a de Jardins et de cours ombragées. Personne n'ignore que les Chinois sont les premiers Jardiniers du monde et s'entourent de feuillage, en dépit môme du peu d'espace qu'ils possèdent. Du côté du nord, les murs sont fort élevés; de ce côté^ en effet, les Chinois ont eu longtemps à redouter les Handchoux, qui ont fini par s'emparer de l'empire tout entier; car l'empereur qui a battu en retraite devant nos troupes victorieuses, appartient à une dynastie mandchoue.

De loin, Pé-king se présente, sur plus d'un point, comme une cité agréable ; mais dès que l'on pénètre dans l'intérieur de la ville, le prestige tombe : — les

monuments sont entourés de cours et masqués par une épaisse enceinte d'arbres ; — les rues des quartiers commerçants sont bordées de maisons laides, délabrées et remplies de marchandises; cependant^ toutes ces habitations n'en ont pas moins un cachet particulier qui attache l'œil ; la diversité de leur aspect, et surtout la multiplicité de leurs couleurs, surprennent les étrangers; les unes sont passées au cinabre, les autres apparaissent sous une teinte bleu céleste^ celles-ci sont revêtues d'une couche de vernis, celles-là sont toutes dorées.

Pé-king (ou cour du Nord) porte un grand nombre de noms : les Chinois l'appellent généralement King-m (la capitale ou la cour), — souvent Chun-thien-fou (c'est-à-dire la préfecture). Jadis elle s'appel^^ Tatou (grande capitale), et King-tchkmg (résidence du prince). Les Mongols la nomment Khan^bcUgade (ville du souverain).

Cette capitale forme un quadrilatère de 45 kilomètres de circuit, et se divise en deux villes : 1** la ville intérieure ou Net-tchhingf c'est-à-dire la ville proprement dite, King-ssef plus connue des Européens sous le nom de ville tatare (comprenant elle-même la ville impériale ou Hoangtckhingy qui, à son tour, renferme la ville rouge interdite ou Tseu-hin-tchking) ; 2® la ville extérieure ou Waî-tchhingf que nous appelons ordinairement la ville chinoise.

Voici une figure qui peut donner une assez juste idée de Pé-king ;

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