VILLE INTÉRIEURE
WAI-TCHHING VILLE E3rr&RIEURE
La ville intérieure forme un quadrilatère régulier; A Vane de ses baseB, s'étend, sous la forme d'un qua« drilatère allongé^ la Tille extérieure^ haMtée par le» négociants, les industriels, les artisans chinois, etc.
La ville impériale encadre la ville interdite ou ville sacrée rouge, qui est la résidence de l'empereur. La plus rigoureuse symétrie a présidé À la construction du palais et des édifices adjacents; tout est régulier; Jl n'est peut-être pas une pierre qui n'ait son pendantdans une pierre de môme grandeur et de môme di-« mension. Les portes qui servent d'entrée à la ville ofit'
toute unedestiaatioa rigoureusement établie par l'étiquette, qui a force de loi en Chine. 11 est ane porte par laquelle on doit distribuer les calendriers de Tannée au peuple (on se garderait bien d'en passer un seul par une autre issue). Il eùste une salle où se font les génuflexions, dont le plus ou moins d'humilité est réglé avec une rigueur mathématique; — il est aussi de somptueux appartements, et une^pacieuse galerie historique où l'empereur Khian-loung se montra bon prince en 1785 : il y fit manger à sa table^ mais deboutj quelques milliers de nonagénaires. :
On sait que bien peu d'Européens oui pU franchir la muraille de la ville rouge. Aigourd'hui nos soldats ont foulé cette cité interdite, sorte de merveille dont les Chinois ne parlent pas sans se courber deux fois sur eux-mêmes. Par une faveur toute spécijile, le P. Astier, jésuite français, obtint la permission de la visiter. 11 fait du palais impérial une éblouissante peinture; selon lui, les yeux s'y promènent incessamment sur l'or et les pierreries; les jardins sont en harmonie avec la demeure du souverain; des étangs du plus merveilleux effet sont sillonnés de barques où l'art chinois a concentré toute sa science de bizarrerie; car l'art^ dans l'extrôme Orient, est moins la recherche du beau idéal tel que nous l'entendons, qu'une sorte d'élucubration savante, méticuleuse, pénible et pleine d'afféterie. Ce qui nous plaît dans l'architecture, c'est une simplicité noble où le travail n'est point trop apparent; en Chine, plus les édifices sont bariolés de couleurs, surchargés d'orneipents^ plus ils flattent la vue des habitants. Aussi; ne. voit-on rien au^esaus du palais de l'empereur.
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banderoles et de rubans de toutes couleurs^ porteni des inscriptions en caractères dorés indignant la na^ ture des marchandises. On vo»t, devant les portes, uu grand nombre de lanternes en corne, en mousselinej en soie et en papier, de formes très-variées.
La rue principale est celle du Repos perpétuel {Tchang-an'kiai);fiBL largeur est, dit-on, de 60 mètres; il n*7 a pas de places remarquables, mais un grand nombre d'arcs de triomphe assez élégants & l'extrémité des voies.
Les plus beaux temples sont ceux de Young-kokoung et de Thang-tseu, consacrés à Bouddha.
C'est au temple de Thien-tan (éminence du ciel) qud l'empereur va chaque année en grande pompe faire des sacrifices au ciel. Non loin s'élève le temple de l'Agriculture^ où se célèbre une cérémonie importante au commencement de chaque printemps : l'empereur prend lui-môme le manche de la charrue et trace le premier sillon. Cette fête, une des plus belles de. la Chine, est aussi une preuve de la haute sagesse qui a présidé aux institutions du Céleste-Empire.
Il se trouve à Pé-king des monuments scientifiques et littéraires, un observatoire et des établissements que l'on peut comparer à nos facultés et à nos écoles; le principal est le tribunal de l'histoire et de la littérature, où sont examinés ceux qui aspirent au titre de mandarin.
En résumé, Pé-king est plus une ville d'étiquette et d'apparat qu'une cité de plaisirs; plus une ville de science qu'une place de guerre ; plus un centre de commerce qu'une cité industrielle.