‹ Peuples et voyageurs contemporains (volume 2)Chapitre 33 sur 45 · LES FRÈRES SCHLAGINTWEIT · texte numérisé non relu

LES FRÈRES SCHLAGINTWEIT

(hERMANN, ADOLPHE ET BOBEBT.)

Voyageurs et naturalistes bavarois, ces trois frères ont accompli, dans Tlnde^ l'Himalaya^ le Tibet et le Turkestan, des missions périlleuses au dernier points et se sont attiré un juste tribut d'éloges et une réputation bien méritée de savoir et d'audace.

Fils de Joseph Schlagintweit^ savant laborieux, qui se fit connaître par l'invention de plusieurs instruments de chirurgie, les trois frères acquirent de bonne heure une certaine notoriété par la conununauté de penchants qu'ils montrèrent pour les recherches géographiques; au sortir de leurs études scientifiques, Hermann et Adolphe explorèrent les Alpes, visitèrent l'Angleterre et l'Ecosse.

Leurs aperçus judicieux, leur zèle, leur persévé-

rance, leur valurent la haute protection du baron de Humboldt, qui les recommanda, en 1853, au colonel William Sykes, membre de la Chambre des communes, personnage influent de la Compagnie des Indes. Aux hommes qui sont doués, comme les frères Schlagintweit, d'une âme fortement trempée, d'un esprit sûr et d'un caractère inébranlable, il suffit que l'occasion se présente pour qu'ils sachent habilement en profiter.

A la mort du capitaine William Elliot, qui s'occupait, dans l'Inde, d'observations magnétiques, Adolphe Schlagintweit fut appelé à lui succéder;^ après avoir fait des préparatifs nécessaires, il partit en 1854, accompagné de ses deux frères, qui furent aussi chargés de missions scientifiques. De précieux instruments de physique, qui devaient puissamment favoriser leurs études, leur furent généreusement offerts par la Compagnie, qui n'hésita pas à consacrer 30,000 fr. à ces acquisitions.

Suivons donc maintenant les trois frères sur le sol de l'Inde ; dans le désir d'augmenter le fruit de leurs recherches, ils se séparent dès le début de leur voyage, établissent les centres de leurs opérations, tracent trois lignes sur la carte et se proposent de les suivre, chffcun de son côté : ils parcourent, en effet, en divers sens, les territoires qui s'étendent entre Bombay et Madras, se réunissent dans cette dernière ville et s'embarquent ensemble pour Calcutta.

Après un séjour de quelques semaines à Calcutta, ils se disposent à gagner la région himalayenne, mais suivent toujours le principe de tripler leurs renseignements el leurs découvertes en se divisant. Hermann s'aventure dans l'Himalaya, vérifie les assertions des

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égards. Les frères Schlagintweit furent moins audacieux ou plutôt moins présomptueux, et n'en parvinrent pas moins à fouler le sol du Tibet ; ils se rappelèrent un moyen de persuader vieux comme le monde : ils présentèrent une bourse, et tout fut dit. Ce fut de la même manière qu'ils achetèrent aussi le dévouement d'une escorte chinoise, qui consentit à les accompagner jusqu'aux*sources de l'Indus et duSetledje, jusqu'aux lacs sacrés de Mansarâr et de Rakus. — Us s'enfoncent dans les glaces, et, en dépit d'un froid d'une excessive intensité, ils dressent des cartes, entassent notes sur notes, observations sur observations, mesurent des montagnes, prennent des vues et reviennent chargés de nombreux renseignements. Le jour où ils purent retrouver la végétation, le sixième mois venait de s'écouler depuis qu'ils lui avaient dit adieu.

Quelque temps après, Adolphe se rendait vers le sud, explorait la chaîne des Nilgherris, dans les Chattes, non loin du cap Comorin ; — Robert voyageait dans le centre de l'Inde et faisait les plus intéressantes études ethnographiques; — Hermann continuait ses recherches orographipues avec la môme ardeur et le môme succès.

Une seconde fois réunis à Simla, ils compulsèrent leurs mutuelles relations, se mirent à corroborer leurs découvertes et se préparèrent à de nouveaux voyages.

En 1856, ils partent de Leh, capitale du Ladak (Petit- Tibet), leur principale station : ils visitent des régions qui n'avaient jamais été explorées par des Européens; ce fut alors pour eux un champ d'importantes découvertes; ils explorèrent les monts Kazàkoroum et Kouen-lun, et établirent, ce qui n'avait jamais été fait

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