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LE BASSIN DU NIL ET LES 6BÂNDS LACS ÉQUATORIAUX

Coup d'œil général sur les voyages entrepris dans cette région*

Personne n'ignore les efforts tentés depuis vingt ans pour la découverte des sources du Nil. Ce proUâme semblait tellement indéchiffrable que quelq sonnes Unissaient par se ranger à l'opinion i de Dono, qui prétendait que le Nil Blanc non par un grand lac, mais par une inflnil «eaux éparpillés dans les environs de Gondo

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opinion^ peu conforme aux données généralement admisesy a toujours été combattue par les géographes. La bonne foi de A. de Bono n'était pas directement mise en doute, mais on supposait, avec raison, qu'un voyageur forcé de rebrousser chemin et ne trouvant pas^ d'ailleurs, devant lui une rivière assez large pour porter son embarcation, avait été involontairement amené à indiquer comme rapproché de sa dernière étape le mystérieux point qu'il cherchait.

En dépit donc des renseignements de A. de Bono, il valait mieux s'en tenir aux hypothèses précédemment émises. Suivant toutes probabilités, le Nil sortait de quelque lac situé dans les parages subéquatoriaux; cette coiy ecture, qui devient à peu près une certitude, reposait, d'une part, sur une concordance unanime entre les géographes européens, asiatiques et afHcains, anciens et modernes, --< et s'appuyait, de l'autre, sur les renseignements fournis par la plupart des voya-* geurs contemporains. Ainsi, l'opinion de A. de Bono se trouvait presque annihilée, parce qu'elle n'avait pour base qu'une simple supposition individuelle, tandis que l'opinion des autres voyageurs était fortifiée par la tradition historique et par une sorte d'accord universel.

L'acharnement que l'on a mis à découvrir les sour^ ces du Nil cache un projet d'une haute portée. L'A< frique n'a joui, jusqu'à présent, que d'une existence partielle. La civilisation s'y est, pour ainsi dire, promenée sur les côtes, elle ne s'est jamais avancée jusqu'au centre; eh bieni c'est précisément le but que l'on s'est efforcé d'atteindre en recherchant la tète du Nil. Que cette immense artère sorte, comme nous

radmettons fians peine, du lac Victoria, magnifique nappe d'eau dont les environs sont excessivement riches, voilà le nœud vital de l'Afrique trouvé; — des relations s'établissent entre l'Egypte et le cœur du continent, des routes se tracent entre le lac Victoria et Mombaza ou Zanzibar (océan Indien). Tout s'anime, à la léthargie succèdent l'activité et la vie.

Le mouvement qui s'opère en Afrique est comparable à celui qui s'effectue en Australie. Des deui côtés, on s'avance du nord au sud et du midi au septentrion. Les explorateurs s'y mettent au service de grandes idées et y travaillent au progrès de la civilisation. Quelques nègres australiens disparaîtront peutêtre devant le flot anglais, mais ils feront place aui colons européens et chinois, qui sauront au moins utiliser les richesses du pays. — Quant au nègre africain, en pénétrant dans le courant général, il rejettera peu à peu les langes qui l'entourent et finira par conquérir le rang qui lui est dû dans la famille humaine.

L'ignoble trafic d'esclaves dont la région du haut Nil est le centre cessera dès que le commerce, facilité par les débouchés, s'introduira dans ces parages ; d'ailleurs, ayant le contrôle immédiat de ses concitoyens, l'Européen n'osera plus se livrer à cette traite honteuse.

Ils ont donc rendu de notables services à l'humanité, ces voyageurs qui, par leur courage et leur persévérance, ont exploré ce fleuve et le lac ou les lacs d'où il parait sortir. Nous ne pouvons que les nommer ici; encore ne citons-nous que les principaux : c'est d'Arnaud, qui, dès 1840, remonte jusqu'à 4* 42' de latitude nord; — c'est le P. Knoblecher, qui s'est

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avancé peu après jusqu'au 3« degré; — Angelo Vinco, Andréa de Bono^ Miani^ qui ont atteint environ le 2* degré et le 2* degré et demi; — c'est Vaudey, qui a péri^ en 1854, victime d'une lutte avec les indigènes; — ce sont les frères Ambroise et Jules Poncet, qui, intrépides chasseurs d'éléphants, ont parcouru, pen^ dant plusieurs années, de vastes forêts^ dédale inextricable de cours d'eau et de lacs; — c'est le docteur Peney, dont le voyage inspirait tant d'espoir et que les fièvres paludéennes ont enlevé en 1861 ; — c'est G. Lejean; — ce sont les PP. Giovanni Beltrami, Kircher, Morlang^ Kaufmann^ missionnaires aussi instruits que zélés ; — les Italiens Bolognesi et Antivari, qui ont surtout poussé leurs courses du côté du Bahrei-Ghazal, un des principaux affluents de l'ouest ; — mesdames Tinné, que leurs goûts aventureux avaient fait prendre pour de dignes filles d'Albion^ mais qui ont pour patrie la Hollande; — J. Petherick, qu'on a cru mort un instant et qui est parvenu à Gondokoro^ vers le même temps que son compatriote Baker ; — Heuglin, qui, après avoir parcouru l'Abyssinie et le sud de la Nubie, s'est avancé dans les parties occidentales du bassin du Nil Blanc, où il a perdu son compagnon le docteur Steudner ; — Schubert, qui vient de mourir aussi; — enfin Speke et Grant^ qui arrivèrent à Gondokoro, sur le Nil Blanc, le 15 février 1863, après un immense voyage à travers bien d'autres espaces que le bassin du Nil, tout en ayant pour but principal, cependant^ les sources de ce fleuve*

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Les miMioiiftaires KrapF^ Rebm&na et Ehrardt. L% baron de Decken.

C'est probablement la recherche de rorigine du Nil qui engageait les missionnaires allemands KrapO Rebmann et Erhardt^ à quitter dès 18i0 la côte orientale d'Afrique^ pour accomplir dan» l'intérieur du continent plusieurs grandel excursions qui ont dévoilé Texistence de lacs immenses et des plus hautes montagnes africaines. Ces intrépides missionnaires produisirent, pour ainsi dire, par leurs découvertes^ une véritable révolution dans les connaissances géographiques.

Il est maintenant un fait hors de doute : de spacieux lacs s'étendent au sud de Téquateur. L'existence d'une mer intérieure dans ces. régions avait été soupçonnée par plusieurs illustres géographes : Ptolémée faisait naître le Nil dans trois lacs; Âbûulféda parle d'une espèce de mer qui pouvait, selon lui, avoir 50 lieues de largeur; on a longtemps mis, sur nos cartes du xtii* et du XVIII* siècle, un long lac Maravi«

Les missionnaires allemands dont nous parlons durent à leurs recherches actives la connaissanCBi un peu vague cependant, de vastes masses d'eau, qu'ils (^oyaient communiquer entre elles et ne former qu'un seul lac» nommé Ouniamésii rival de la mer Caspienne en étendue; on apprit plus tard que ce soot quatre lacs distincts et qui portent les noms d'Oukérévé^ de Tanganyika,^ de Rokoua et de Nj^assa (c'est-Àdire lac).

Les mômes voyageurs ont aussi fait connaître, les premiers^ les monts Kénia et Kilimandjaro^ gigantes-

ques sommetB qui pourraient bien ôtre les montagnes de la Lune des anciens» Le baron de Decken s'est élevé récemment sur la seconde dô ces montagnes, et Ta trouvée haute de plus de 6^000 mèti^es.

Le comte d'Escayrac de Lauture. *^ BruD'^Rollet. Les Niam-niam anthropophages et hommes à queue.

En 1855 et 1856^ une grande nouvelle agita le monde géographique. M. le comte d'Escayrac de Lauture, déjà connu par une remarquable excursion dans le bassin du Nil et dans les déserts voisins, formait le plan d'un voyage aux sources du Nil Blanc. La France saluait en lui le futur découvreur de cette tête mystérieuse du plus célèbre des fleuves. Doué d'une grande fermeté de caractère^ ce savant distingué proipettait à notre pays une gloire de plus^ et à la science une ample moisson de documents. Il n'en fut rien. L'expédition si chaleureusement acclamée fut arrêtée dès ses premiers pas en Afrique par un désaccord qui s'é'leva entre les membres, peut-être trop nombreux, qui la composaient» Cet échec prouve, une fois de plus, qu'il faut attendre moins des coomiissions scientifiques que des voyageurs isolés.

A la même époque, Brun-Rollet, voyageur sarde^ parcourait fructueusement le bassin du Nil ; il remontait le Keïlaki une des branches les plus considérables de ce fleuve, et se dirigeait vers l'ouest. Les renseignements qu'il nous a donnés sont d'un vif intérêt ; les relations qu'il a pu recueillir de la bouche do a Arabes font comprendre que le nom de Niam-niam est ^elui de plusieurs tribus anthropophages. « Ces hordes^

dit-il, appartenant au dernier échelon de la race humaine, sont dominées par les superstitions les plus insensées. Leur roi ou chef est plus craint pour son pouvoir de devin et de sorcier que pour sa puissance. » Lorsque le chef est mort, on brûle son corps et l'oa conserve précieusement sa graisse, considérée comme un merveilleux talisman. Les restes sont jetés dans une large fosse avec quatre prisonniers, auxquels on prend la précaution de couper les jambes, pour les empêcher, dit-on, de quitter leur service auprès de miustre défunt. Cette population cannibale, s'il faut en croire les indigènes des tribus voisines, préfère la chair humaine à celle des animaux, et se repaît des cadavres des malheureux attaqués de maladies.

Ce sont ces .mômes Niam-niam qui, d'après M. de Castelnau et plusieurs autres savants, étaient munis d'un appendice caudal. Aujourd'hui, il est avéré qu'un ornement en peau, singulièrement placé à l'extrémité de la colonne vertébrale, avait seul donné lieu à cette méprise. Notre ami, G. Lejean, a levé tous les doutes à cet égard.

On a dit, du reste, beaucoup trop de mal des Niam« nîam : quelques voyageurs très-sérieux les ont dépeints sous des couleurs assez favorables.

Burton et Speke : voyage aux grands lacs de 1* Afrique centrale.

Le capitaine anglais Burton avait fait déjà, en i 855, d'intéressantes explorations à l'extrémité orientale de l'Afrique, dans le pays des Somâlis, peuple de couleur noire, mais cependant d'un beau type caucasique; on les dépeint comme lâches et efféminés, adonnés, pour la plupart, à l'oisiveté; ils assiègent les caravanes de

leurs importuoes et incessantes demandes : aussi les Arabes désignent-ils satiriquement le Somâl parla dénomination originale de pays de Donne-moi quelque chose. De cruelles maladies sévissent sur les Somâlis : M. Burton prétend que la petite vérole a pris naissance dans leur contrée.

Ce voyageur sagace et instruit voulut aller plus avant dans cette terre d'Afrique^ dont l'intérieur mysérieux offrait à son courage et à son imagination un champ plein d'attrait : il s'adjoignit le capitaine Speke eo i857. Ces deux explorateurs s'avancent de Mombas côte orientale) vers l'ouest; ils arrivent au pays d'Ouniamési; ils voient enfin le lac Tanganyika, et ils apprennent qu'au lieu d'un grand lac^ comme l'avaient cru les missionnaires^ il s'en trouvait quatre, dont le plus occidental était sous leurs yeux. Leur excursion sur les rives et dans les îles de cette magnifique nappe d'eau contiennent des observations intéressantes : malheureusement ils eurent trop souvent à se plaindre du contact de populations astucieuses, cupides, féroces et d'une hideuse malpropreté.

Un des fléaux de ces régions équatoriales, ce sont les moustiques et une foule d'autres diptères. Le capitaine Burton fut tellement piqué par ces insectes, qu'il manqua en perdre la vue et l'ouïe : il resta malade et incapable de reprendre sa route durant plusieurs mois; pendant ce temps, le capitaine Speke fit une excursion au nord et découvrit le lac Oukérévé ou Nyanza, qu'il appela naturellement Victoria^ nom vénéré que les Anglais prodiguent à presque toutes leurs découvertes, et qui se trouve répété au moins deux cents fois à travers la géographie des cinq parties du monde.

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C'est cette grande découverte qui l'engagea à entreprendre plus tard dans les mêmes régions^ avec le capitaine Grant, une expédition qui est devenue un des premiers événements géographiques du siècle, et que nous allons raconter tout à Theure.

Speke rejoignit Burton, qui regretta vivement de n'avoir pas contribué à cette belle exploration; et nous avons lieu de croire que les deux voyageurs, en revenant dans leur patrie, n'étaient pas liés d'une amitié aussi intime qu'à leur départ.

Speke et Grant à la recherche des soarces do Nil.

Au printemps de i863, il y eut encore grand émoi parmi les géographes : — deux intrépides voyageurs anglais^ dont on n'avait pas de nouvelles depuis dixhuit mois, venaient d'arriver à Khartoum; partis de Zanzibar, ils avaient, disait-on, franchi le centre de l'Afrique et découvert enfin les sources du Nil ; désormais cette question, en litige depuis tant d'années, tombait dans le domaine public; plus d'entreprises importantes à accomplir ; le Nil perdait de son mystère et montrait enfin sa tète sacrée.

Voilà ce que répétèrent alors les revues, les Journaux et môme les sociétés savantes. 11 fallut bientôt en rabattre. MM. Speke et Grant étaient bien, en effet, partis de Zanzibar; ils avaient, il est vrai, fait un vaste et admirable voyage, parcouru les régions équinoxiales de l'Afrique, salué les grands lacs, revu cette sorte de mer intérieure baptisée du nom royal de Victoria ; ils avaient aperçu l'écoulement d'un fleuve considérable se dirigeant du côté du nord ; mais les

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sjources du Nil étaient-elles pour cela découvertes 7 Malheureusement non ; le problème est, sans doute^ sur le point d'être résolu, mais^ de fait, il ne l'est pas encore, car, en négligeant de suivre un coude que fait le fleuve à sa sortie du lac Victoria (Oukérévé ou Nyanza), ils ont autorisé les attaques des géographes sur la valeur réelle de leur découverte. Qui nous assure, en eifet, que le bras le plus important du Nil est celui qui prend naissance dans le lac Victoria? Qui peut nous affirmer que l'artère principale ne sort pas du lac Luta Nzighé^ dont l'étendue n'est que très-vaguement déterminée et dont le volume d'eau est tout à fait inconnu ? Je n'ignore pas que les sauvages ont été consultés et que^ suivant eux, lé cours d'eau qui se détache des rives septentrionales du lac Victoria, incline à l'ouest, se raccorde pour ainsi dire au Luta Nzighé^ et se courbe ensuite du côté du nord ; mais, en vérité, est-il permis d'ajouter grand crédit à des témoignages d'indigènes, témoignages d'une authenticité toujours très-douteuse ? Aurions-nous une opinion bien nette du cours de la Dordogne si> nous trouvant au fond de l'Auvergne et du Limousin^ nous nous contentions simplement d'interroger les paysans du Cantal et de la Corrèze? Assurément non. A plus forte raison, devons-nous nous mettre en garde contre les documents fournis par les érudits de Chopi et de Kidi. Au reste> sans disserter plus longtemps^ examinons de plus près les faits; suivons l'itinéraire des capitaine Speke et Grant.

Au mois d'octobre 1860, les deux voyageurs quittent Zanzibar, débarquent à Bagamoyo, et pénètrent dans rOuzaramo. Par une pente presque insensible, ce pays

s'élève Jusqu'à environ 100 mètres au-dessus du niveau de la mer. De là, ils entrent dans l'Ouzagara^ contrée riche^ bien boisée, et revêtue de gras pâturages où s'ébattent une foule de ruminants et surtout de gracieuses antilopes; ce territoire franchi, ils parcourent rOugogo et foulent ensuite le sol de l'Ouniamési ou Ounyamouézi {terre de la Luné). C'est une des plus remarquables régions de l'Afrique; on y voit des troupeaux considérables, des bois magnifiques et les cultures les plus variées. La population, qui partout s'harmonise avec la nature, y parait heureuse, bien douée^ peu réfractaire à la civilisation.

De là, marchant vers le nord, ils traversent le Karagoué, pays montagneux^ coupé par des torrents limpides qui tombent dans le grand lac Victoria. Les vallées, généralement bien arrosées, nourrissent de nombreux troupeaux. On^y rencontre également des champs bien cultivés, dont les principaux produits sont les haricots, les bananes, le tabac, les tomates et les cannes à sucre.

L'Ouganda, que les voyageurs visitent ensuite, est considéré par eux comme le jardin de l'Afrique équatoriale. Voilà à peu près la description qu'ils en ont faite : « La fertilité de cette contrée, disent-ils, est merveilleuse ; toutes les plantes y croissent. Les plus beaux arbres se pressent dans d'admirables vallées; on voit d'immenses étendues de champs plantés de bananiers, dont les fruits sont la base de la nourriture des habitants. Gomme en Europe, le café y est pris à titre de stimulant ; les dattiers y viennent à l'état sauvage ; là encore, il est permis de vérifier la loi naturelle de l'influence directe du sol sur la popula-

tion ; malgré le despotisme de leurs souverains, malgré les rigueurs des lois qui les gouvernent, les indigènes de rOuganda sont fiers de leur patrie; leur ambition, du reste, est restreinte; le désir d'une grande fortune ne les trouble Jamais; ils chérissent leur pays et se déclarent heureux ; un petit Jardin, habilement cultivé, suffit aux besoins de toute une famille ; dans ce pays modèle, chacun, a-t-on dit, ressent une sorte de fièvre d'indépendance vis-à-vis des exigences matérielles de la vie.

« Une particularité remarquable de l'Ouganda, ce sont les collines coniques qui le couvrent et en font une sorte de taupinière dont les sommets s'élèvent à environ 100 mètres au-dessus du niveau de la plaine. Les cours d'eau disparaissent sous des fourrés épais ou sous le feuillage des arbres qui les Jalonnent; sur la pente des collines s'élèvent les habitations et les plantations ; leurs sommets sont couverts de hautes herbes *. »

A ce paradis africain succèdent des territoires tristes, monotones et très-pauvres. C'est là l'étemelle loi des contrastes. La végétation de l'Ounyoro est aussi maigre que celle de l'Ouganda est luxuriante et active, n va de soi que le peuple s'en ressent. Les habitants de l'Ounyoro manquent à peu près d'intelligence ; ils traînent une existence languissante et inutile; la terre cultivée parviendrait évidemment à donner quelques produits ; mais l'indigence a Jeté les sauvages dans un tel état de prostration, qu'ils sont incapables d'un travail suivi. Ayant beaucoup à faire, ils ne font rien. Le

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