M. Callery
tissement dans les entreprises commerciales. Mais, la paix rétablie, les Chinois sont entrés franchement dans la voie du progrès, et ont accepté sans arriére-pensée les clauses des liaités.
En plusieur soccasions nous avons eu à nous plaindre de leur manière d'agir avec nos résidents : on se souvient mtfme, probablement, dans quelles circonstances les gouvernements français et anglais résolurent de leur envoyer, en 18o7, des ambassadeurs : nos nationaux établis à Canton avaient eu beaucoup à souffrir du traitement du vice-roi Yeh, cet infâme tyran, qui fît mettre à mort une centaine de mille de ses concitoyens; nos factoreries avaient été incendiées par la population déchaînée , et aucune réparation ne fut accordée. La situation s'aggravant chaque jour, la France et l'Angleterre voulurent y mettre un terme ; des messages conciliants furent envoyés au gouverneur Yeh, qui compta sur la valeur illusoire de ses soldats et répondit avec arrogance. On sait que, sur ces entrefaites, Canton fut bombardé et pris. Un traité fut signé quelque temps après, à Thien-thsin, aux portes de Pé-king; une ère nouvelle semblait s'ouvrir pour notre commerce, et nous croyions à une paix durable, lorsque l'affaire du Peï-ho força à recommencer la guerre : on connaît la suite.
Le thé est un des principaux objets d'exportalion : c'est surtout l'Angleterre qui en a le monopole ; cependant le meilleur thé est celui qui vient par caravanes et que les Russes possèdent à peu près seuls; en 18d5, la Grande-Bretagne a tiré de la Chine 44,000,000 de livres de thé.
Les soies apportées en Angleterre en 183Ï3 formaient
un total de 737,000 livres; en 1855, elles se sont élevées à 4,399,000 livres. Les exportations annuelles de la Chine pour l'Angleterre sont évaluées à 200 ou 250 millions de francs; les importations tirées de l'Angleterre et de l'Inde équivalent à peu près à la môme somme. Le principal objet de ces importations est l'opium, dont l'introduction, prohibée par la sagesse du gouvernement, qui sait quels abus les Chinois font de ce narcotique enivrant, fut la cause de la guerre de 1840 à 1842 avec les Anglais.
Le commerce extérieur par terre se fait avec une très-grande difficulté : les caravanes sont obligées de franchir des défilés étroits entre les montagnes qui entourent d'un immense demi-cercle l'empire Chinois. Les relations avec le Japon ont été pendant longtemps moins faciles qu'on n'aurait été en droit de le supposer; les Japonais craignaient pour leurs concitoyens l'influence pernicieuse des sujets du Céleste-Empire; aussi considéraient-ils comme perdus pour eux tous ceux de leurs compatriotes qui avaient eu le malheur de toucher la Chine. Aujourd'hui, tout paraît bien changé : le commerce n'est pas soumis à des règles aussi absolues, aussi sévères. Les Chinois ne pourront que gagner à la fréquentation d'une nation douée au plus haut point des sentiments de l'honnêteté; mais les pauvres Japonais ne perdront-ils pas, au contact des étrangers, leur simplicité, leur pureté de mœurs?