‹ Peut-on diagnostiquer la mort par submersion?Chapitre 12 sur 26 · EXPERIENCE I · texte numérisé non relu

EXPERIENCE I

Chien vivant submergé , i heure d’eau. Bain de fusehine 20 grammes poin 300 litres d’eau

Ce chien fut mis dans l’eau le 1er août 1884 à 9 heures et quart du matin. Nous avons essayé autant que possible d’imiter les phases de la submersion. Nous avons attaché les quatre pattes puis une corde passant à travers l’anneau d’un poids de 50 kilogr. nous avons tiré une première fois le chien au fond de la baignoire afin d’imiter le premier plongeon. Immédiatement il est revenu en enlevant le poids pour respirer à la surface, ses yeux exprimaient l’étonnement et la crainte, une seconde fois nous le faisons plonger quelques secondes, il revient encore à la surface, les yeux effarés, menaçants, furieux, les mouvements désordonnés. Une troisième fois il plonge avec des mouvements incohérents faisant de courtes inspirations et expirations. Enfin il remonte à la surface, les yeux abattus, la tête déjà abaissée et il retombe de lui-même dans l’eau où il a des convulsions, il fait alors de profondes inspirations très-courtes.

Les premières phases de la submersion ont duré quatre minutes ,

la dernières phase c’est-à-dire les inspirations protondes, jusqu’à la mort complète six minutes, total dix minutes.

Le corps resta une heure dans l’eau, à dix heures vingt il fut retiré pour être autopsié.

Autopsie. — La bouche, l’arrière bouche et le pharynx vides. Le larynx et la trachée bondés de mousse, contenant également du sable et de la sciure provenant du fond de la baignoire. Mais pas de liquide. Les grosses bronches sont pleines également de mousse blanche, l’eau n’apparait qu’à partir des bronches moyennes mélangée avec de l’écume et du sable. Cette écume cette eau et ces grains de sable se trouvent, jusque dans les bronchioles les plus reculées. Nous retournons les poumons, non sectionnés et il en sort de l’eau et surtout de la mousse en abondance.

Nous recueillons ainsi soixante-dix grammes de liquide et de mousse, pour être soumis à l’analyse

Les poumons qui sont très gonflés, font entendre un bruit de crépitement et oflrent une grande élasticité à la presaion. En les sectionnant on trouve un liquide abondant, mélangé à de l’écume excessivement fine.

L'estomac contient 53 grammes d’un liquide rouge, dans lequel nagent des débris d’épiderme provenant de sujets précédemment autopsiés .

Le cœur est encore rempli ainsi que les gros vaisseaux de caillots noirs, et le sang n’est pas sensiblement dilué.

Analyse. — En procédant comme précédemment nous trouvons de l’eau fuschiné, provenant des bronches, et de Y estomac.

Le tissu pulmonaire, en contenait jusque dans son parenchyme le plus reculé.

Expérience II

Chien asphyxié à la Fourrière par le gaz d’éclairage et immergé dans le même bain de fuschine. 12 heures d’eau

Le larynx et la trachée contiennent du liquide en petite quantité avec de grosses bulles d’air, dans les bronches nous en trouvons un peu plus, mélangé avec du sang, ce liquide ne va pas plus loin que la 7° division bronchique — le poumon qui est gonflé et couleur cerise présente un peu d’œdème à la coupe, avec du sang rouge cerise.

Le cœur contient des gros caillots également rouges, n’ayant rien de semblable avec ceux du chien précédent, qui étaient noirs.

L’estomac ne contenait qu’un peu de mucosités sans liquide.

Analyse. — Liquide des bronches, fuschiné.

Tissu pulmonaire et estomac, résultats négatifs.

Expérience III

Chien vivant ayant mangé immédiatement avant la submersion, puis mis dans l'appareil frigorifique et autopsie

Nous employons le même procédé 'que pour l’expérience I et la mort est arrivée au bout de 6 minutes, il est mort, en laissant

évacuer par l’anus des matières fécales, et par la bouche, une écume très fine, mélangée à des aliments. Nous le laissons dans le bain, depuis 2 heures de l’après midi, jusqu’au lendemain 6‘ heures et demie du matin, on le place ensuite dans l’appareil frigorifique.

Retiré de cet appareil le lendemain à 4 heures 1/4 pour être autopsié.

En incisant la trachée et le larynx , sur place, nous trouvons, des aliments provenant de Y estomac, ils sont mélangés à un liquide congelé, et à de l'écume très fine, nous trouvons des débris de ces aliments jusqu’aux tronches moyennes, nous trouvons également des débris de sciure de bois jusques dans les petites bronches. En incisant les poumons, nous percevons très bien sous notre main, ’a sensation de corps étrangers, qui sont composés de sable très fin, et de sciure.

Il y a très peu d’écume dans les grosses bronches et encore moins dans les moyennes et les petites. Il y a en revanche une quantité, assez notable de liquide congelé jusque dans les dernières ramifications bronchiques.

Le tissu pulmonaire lui même est fortement coloré, à sa superficie, il n’y a pour nous aucun doute, que cette coloration provienne de l’eau du bain.

Estomac. — Rempli d’aliments congelés qui remontent, jusqu’au tiers inférieur de l’oesophage, ces aliments sont teints de la couleur rouge violet, qui nous démontre suffisamment que l’eau a fait irruption.

Cœur et aorte. — Sang noir absolument fluide et dilué.

Analyse. — Nous avons trouvé de la fuschine, dans toutes les voies respiratoires, jusques dans le tissu pulmonaire le plus reculé.

Expérience IV

Chien de grosse taille tué par le gaz d’éclairage à la Fourrière mis dans le bain de luschine à 8 heures 1/2 du matin, et dans l’appareil frigorifique, à 6 heures du soir le même Jour, sorti de l’appareil deux jours après à 2 heures 1/2 et autopsié.

Le larynx et le 1/4 supérieur de la trachée contiennent un glaçon rouge violet, qui occupe environ le 1/3 du calibre.

Les trois quarts inférieurs de la trachée sont vides sans bulles d’air.

Les grosses bronches contiennent des petits glaçons ainsi que de grosses bulles, qui n’ont rien de comparable, avec la mousse du chien précédent.

Les poumons sont affaissés et congelés, en faisant des coupes, on n’aperçoit rien dans les petites et moyennes bronches.

Estomac glaçons jaunâtres qui n’ont rien de commun avec la couleur de la fuschine.

Cœur rempli de caillots, ainsi que l’artère aorte. — Ces caillots ne sont pas du sérum congelé, mais de vrais caillots.

Analyse. — Le liquide provenant du larynx et des bronches contient de la fuschine.

Le tissu pulmonaire n’en contient pas.

L’estomac. — Résultat négatif.

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