II. — LES ETATS NEURO-PSYCHASTHENIQUES
A) La forme «meurasthénique ».
Dans cette forme dominent les signes d'épuisement ner-
veux.
La céphalée y est constante, diffuse, gravative, pulsatile, variable suivant les moments de la journée.
La rachialgie, très fréquente, est perçue aux extrémités de la colonne vertébrale, tantôt du côté des sacro-iliaques et du sacrum, tantôt à la racine du cou, en arrière.
Comme ces douleurs s’atténuent dans le décubitus, elles suggèrent que les muscles postérieurs de la statique, hypotoniques, sont douloureusement tiraillés, leurs insertions rachidiennes, crâniennes, leur masse même, sont sensibles à la pression.
L’asthénie motrice, signe majeur, s'accompagne d’asthénie des fibres lisses; relâchement de la peau, hypotension artérielle et troubles divers du rythme cardiaque. Du côté digestif elle donne du météorisme, de la flatulence, de la constipation.
On note de lhyperesthésie, des sensations à l'égard du froid, des lumières vives, des sons aigus.
Les réflexes tendineux sont vifs alors que le tonus des muscles squelettiques est affaibli.
Le sommeil est presque toujours insuffisant, l'incapacité sexuelle à peu près constante.
Les facultés mentales sont intactes, mais leur rendement est affaibli par une pesante tendance à l’'inertie. L’impuissance d'agir, la fatigabilité, dominent de beaucoup les autres plaintes. La sensation d’un mauvais fonctionnement somatique intervient dans sa conscience, La tristesse est contingente, mais la nervosité et l’irritabilité sont constantes. Souvent, le blessé est tombé dans une sorte de marasme affectif; il semble dire par son attitude : « Je me laisse couler, je ns remue plus; il faudra bien qu’on s'occupe de moi et qu’on me rende justice. »
Ce tableau clinique ne nous est pas inconnu, nous l’avons déjà entrevu dans l'étude clinique des Séquelles tardives des traumatismes du crâne, Il existe, en effet, après des trauma-
tismes crâniens, des états d’asthénie neuro-musculaire particulièrement intenses et prolongés et il est très difficile en pareil cas, de distinguer les conséquences directes du traumatisme des réactions névrotiques secondaires.
De toutes façons, tous ces troubles rentrent dans le « Nouveau Syndrôme diencéphalique de l’encéphalopathie traumatique : l'Adynamie » de DE MORSIER, que REY juge comme un des symptômes les plus constants et les plus typiques, dans les sequelles de traumatismes crâniens.
Donc, ici, le traumatisme est bien directement responsabie de la réaction névrotique lui succédant
B) Les Etats d’'Hyperémotivité anxieuse prédominante.
Ils revêtent une allure plus nettement mentale. On constate avant tout, chez ces sujets, les signes d’une tension émotive permanente et exagérée : tachycardie, bouffées de chaleur au visage, facile transpiration et surtout tremblement des extrémités s’exagérant à la moindre émotion ou contrariété, ou-quand se porte vers eux l'attention médicale, ce qui évoque parfois dans l’esprit des médecins, l’idée d’exagération.
Mais, ici aussi, on retrouve les troubles neuro-végétatifs du Syndrome subjectif, troubles dus à l’atteinte du méso-diencéphale. Ici aussi il sera difficile de distinguer les conséquences directes du traumatisme des réactions névrotiques secondaires.
De plus, deux autres difficultés se présentent dans l’interprétation de ces syndrômes neuro-psychasténiques :
1) D'abord, quelle est la part du traumatisme et quelle est
celle de l'émotion?
Lequel des deux à joué le rôle principal ?….
C’est là, pour le moment, une question impossible à résoudre, quoique les troubles soient ici très importants et qu’il soit à peu près reconnu que ces troubles témoignent d’une atteinte organique.
2) Quel est le rôle de l’état mental antérieur ?.…
Les auteurs qui ont fouillé par l'analyse profonde les névroses des commotionnés de la guerre n’ont pas manqué de trouver chez eux d'importantes perturbations antérieures