II. — TROUBLES PHYSIOPATHIQUES PAROXYSTIQUES
Ils se voient très rarement; BABINSKI a rapporté le cas d'un soldat ayant reçu une balle dans la main; la douleur et la contracture augmentaient et remontaient progressivement le long du bras pendant plusieurs jours, jusqu’à atteindre l'épaule. Le malade faisait alors une crise d’épilepsie et l’évolution reprenait.
Plusieurs théories ont été proposées pour expliquer ce bizarre problème de la nocivité à distance d’une lésion.
Pour £ICCARD, un virus ascendant remontait le long des nerfs; c'était donc une névrite ascendante. Mais alors, dans le cas d’une entorse par exemple, c’est-à-dire lorsqu'il n’y à pas de lésion extérieure comment expliquer l'entrée en jeu de-ce virus?
Pour VULPIAN et pour de nombreux auteurs modernes, il s’agit de troubles réflexes entretenus les uns par les autres. Et, en effet, la technique de LERICHE, de novocaïnisation du ganglion spinal correspondant, donne souvent de kons résultats. .
Enfin, pour ALBERT, il s'agirait de réflexes d’axones.
Il est bien probable que le point de départ est le plus souvent un petit nevrome qui, de plus, est venu se développer sur un terrain très réflectogène.
En ce qui concerne les troubles paroxystiques, la physiopathogénie est encore beaucoup plus complexe et méconnue. La première observation a été celle d’un malade qui présentait des crises d’épilepsie parce qu’il s'était mis une épine dans le pied. Mais on sait que, chez un épileptique, des crises peuvent être déclenchées par de faibles excitations comme certains accords musicaux ou lumineux. Ici, un phénomène sympathique doit avoir le même rôle.
Le traitement de ces troubles est très souvent décevant; ce caractère rebelle à toute thérapeutique, ajouté à la disproportion entre la cause et les phénomènes accusés, incitent inévitablement à classer ces malades parmi les hystériques ou les simulateurs. C’est pourquoi, bien que cette maladie n'ait rien de commun avec une névrose, nous avons cru utile de l’étudier dans ce travail.
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Pour soulager et guérir ces malades, on pourra essaÿer l’hydrothérapie, la physiothérapie, la novocaïnisation des ganglions sympathiques, surtout du stellaire, s’il s’agit d’un bras. Enfin, on peut maintenir ces sujets dans le sommeil pendant cinq à sept jours, au moyen de suppositoires de chloral par exemple. Ainsi, les réflexes peuvent être coupés et le malade peut se réveiller guéri. Malheureusement, son premier mot est souvent pour se plaindre de la même douleur qu'avant la tentative de traitement.
Ainsi, les troubles physiopathiques constituent un syndromke classique, bien étudié et observé de nombreuses fcis. Aussi, n'est-il pas question de névrose de rente, ni d’exagération chez les blessés qui en sont atteints. Ce sont des malades et la maladie est la conséquence directe du traumatisme.
En ce qui concerne réellement les réactions névrotiques succédant aux traumatismes extra-céphaliques, il en est exactement de même que pour les traumatismes craniens, les accidents pithiatiques, les états d’exagération, ne sont que les manifestations d’une personnalité névropathique antérieure à l'accident qui, lui, ne joue qu’un rôle de prétexte, d2 facteur déclenchant.
Ici, on ne peut invoquer les lésions du méso-diencéphale pour expliquer les états neuro-psychasthéniques. Ils demandent, eux aussi, pour apparaître, un terrain mental antérieur tendant nettement vers la névropathie, c’est-à-dire ici vers la neurasthénie.
On peut donc dire que, dans toutes les réactions névrotiques succédant aux blessures des membres, l’accident n’a qu’un rôle de facteur déclenchant alors que le grand respensable est le terrain mental antérieur qui, non seulement conditionne la forme de la névrose, mais encore est indispensable à son apparition.
Causes des névroses post-traumatiques
Nous venons d'étudier le rôle du traumatisme et de voir qu'il n’est pas toujours directement responsable de la névrose; nous venons également de voir qu’un terrain psychopathique antérieur est nécessaire à l’apparition de certaines névroses, mais que, le plus souvent, la constitution n’intervient que pour donner sa forme à la réaction névrotique.
L'âge du blessé n’est pas non plus un facteur négligeable; on peut dire, en effet, que plus le sujet est âgé, plus le pronostic est sombre. Alors que chez les jeunes, les névroses sont très rares, elles sont presque inévitables au-dessus de 60 ans.
De plus, les troubles mentaux, quels qu'ils soient, et toutes les perturbations apportées au sol psycho-affectif du sujet par l’alcoolisme ou toute autre toxicomanie, sont des facteurs favorisant l’apparition des réactions névrotiques.