TRAITEMENT ET REPARATION
Alors que la prévention des sequelles subjectives posttraumatiques est du domaine de la médecine générale, leur traitement entre dans le domaine exclusif des spécialistes (neurochirurgiens et psychiatres). Il ne nous intéresse donc que peu.
Cependant, une question à pour nous quelque intérêt en ce qu’elle à à la fois, une valeur curative et une valeur diagnostique ; c’est celle du Pentothal. En effet, s’il permpt à la faveur du demi-sommeil para-anesthésique, de suggestionner le malade et d’améliorer ainsi sa névrose, il peut permettre aussi de dépister les simulateurs. En tant que procédé thérapeutique, son utilisation n’est pas discutée; en tant que moyen de diagnostic différentiel nous croyons qu’actuellement la question est également bien tranchée.
En effet, les juristes, les médecins, et avec eux l'opinion publique se sont déjà demandé si l’on avait le droit d'utiliser le «Sérum de vérité» pour prouver la culpabilité criminelle ou l'innocence d’un individu. Les médecins ont montré la valeur toute relative de ce procédé: sous l'effet du narcotique, un esprit tonique, une volonté forte, ne dira que ce qu’il avait décidé de dire avant l'épreuve, alors qu'au contraire on fera dire à d’autres personnes tout ce que l’on voudra.
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De plus, tout le monde est d'accord pour estimer qu’imposer à un homme de dévoiler, malgré lui, ses pensées intimes, constitue la plus grande atteinte à la liberté individuelle et la plus grande offense à la dignité humaine.
Donc, nous estimons que si le pentothal garde toute sa valeur au point de vue thérapeutique, il doit être rigoureusement rayé des procédés de diagnostic permettant à l'expert de différencier le malade du simulateur. D'ailleurs, les maladies que nous venons d'étudier forment des tableaux cliniques assez précis pour qu’il soit difficile à un sujet de bien les simjuler. Il faudrait, pour cela, un individu vraiment bien averti et, en dehors du corps médical, ils sont peu nombreux. Et puis, si la simulation se voit assez souvent en temps de guerre, elle devient extrêmement rare en temps de paix.
En effet, pour pousser un individu sain et normal à mener volontairement pendant des mois la triste existence de malade, il faut un motif autrement sérieux qu’une simple question d'intérêt ou de paresse, et ces motifs graves ne se rencontrent guére en temps normal.
Au point de vue réparation, la nouvelle législation à fait œuvre utile en autorisant la reprise du travail avant même que soit fixée l'incapacité permanente partielle (LP.P.. Elle permet ainsi, dès que le blessé en est capable, de le réadapter pour le réintégrer progressivement dans la société. Evidemment, l'idéal serait, ainsi qu’on le fait en Angleterre, de pouvoir envoyer ces sujets dans de vastes propriétés terriennes bien situées où, isolés de leur entourage, débarrassés de toute préoccupation matérielle, encadrés par un personnel spécialisé, ils seraient rééduqués si besoin en était et réadaptés, à l’abri de tous facteurs pouvant favoriser l’apparition ou l’aggravation d’une névrotisation secondaire. En France, on se contentera de leur permettre une reprise progressive du travail.
Mais il ne faut pas laisser traîner les choses en longueur. L'expert doit rapidement fixer la date de consolidation et le taux d'incapacité. Il doit se montrer assez large et accorder une pension satisfaisante, enlevant ainsi au malade tout motif de plainte et supprimant, du même fait, le facteur économique si important dans l’étiologie des réactions névrotiques.
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Cette largesse momentanée est finalement économique, car VIP.P. n’est fixée que temporairement et, à sa prochaine évolution, l'expert trouvera un individu guéri ou bien amélioré, parce que satisfait dès le début. Son I.P.P. sera alcrs considérablement diminuée sans qu’il courre le risque d’une névrotisation secondaire.
Les questions posées à l'expert par le tribunal sont, en général les suivantes:
1) Fournir tous renseignements sur la nature, la gravité et les conséquences des troubles éprouvés par le malade;
2) Evaluer dans quelle mesure son état est imputable à l'accident ;
3) Fixer la date de consolidation et évaluer le taux d’I.P.P. dont il est atteint;
4) S'il n’est pas possible de fixer la date de consolidation et d'évaluer le taux d’I.P.P., déterminer le taux d'incapacité temporaire dont il est atteint.
En éudiant les différents syndromes succédant aux traumatismes, nous avons déjà vu qu’elle est la responsabilité de. l'accident. Il est directement responsable aussi bien dans le Syndrome subjectif des traumatisés craniens que dans les troubles physiopathiques succédant aux blessures des membres.
Dans les réactions névrotiques succédant aux traumatismes du crâne, il est encore responsable puisque, sans lui, le sujet serait resté normal; mais la responsabilité est partagée avec le terrain mental du malade, qui a orienté et parfois favorisé la névrotisation, surtout chez les hystériques et les paranoïaques.
Enfin, il ne joue que le rôle de prétexte dans les névroses succédant aux traumatismes des membres. Ces névroses ne sont post-traumatiques qu’au sens chronclogique du mot. ou alors, il faudrait considérer le rôle de l'émotion et, jusqu’à présent, l'émotion ne donne pas droit à une réparation.
Reste à évaluer le taux de l'incapacité permanente partielle. Pour cela, il faudra tout d'abord tenir compte de la gravité du traumatisme, de la durée du coma, de la durée même de l’amnésie post-traumatique, mais sans oublier qu’un traumatisme même léger, sans coma, peut occasionner des
sequelles subjectives et des troubles névrotiques importants.
Puis, avec l’aide de l’otologiste, de l’ophtalmologiste et du neurologue, l'expert évaluera le degré d'incapacité entraîné par les troubles objectifs présentés par le malade.
Ensuite, ce sera au psychiatre de définir et d'estimer les perturbations apportées à la personnalité du blessé par le traumatisme. Enfin, vient le tour du psycho-technicien. C’est lui qui à le rôle majeur dans cette évaluation du taux de FI.P.P. à accorder, car, à l’aide de tests simples, il fera le bilan de la «capacité de travail restante » de l'individu, il fera ressortir la gravité de telle ou telle sequelle pour l’exercice de telle profession et il aiguillera le blessé vers l’activité qui lui convient.
A. REY a mis au point un grand nombre de méthodes qui permettent d'étudier séparément les différentes fonctions psychologiques d’un sujet. (Réf. 23.)
La «mémoire immédiate » est étudiée en faisant répéter, après lecture, une série de quinze mots, de quinze figures et de vingt-quatre positions.
La mémoire de fixation ou «acquisition» est testée à l'aire du «Laktyrinthe manuel de Rey », qui sert à fixer une série de quinze mots et une série de quatre positions.
La mémoire de conservation est explorée en reprenant les mêmes épreuves au bout de quelques jours.
L’attention est étudiée par des épreuves verbales et visuel-
les, par exemple, cempter à rebours de 50 à 9, remarquer les modifications progressives d’une figure.
La «perception » est mise en évidence par différentes méthodes : son aspect intellectuel par la capacité à structurer des ensembles perceptifs mal définis (points à relier selon certaines figures géométriques par exemple),
L'aspect rapidité de perception, par la présentation de figures au « tachytoscope ».
L’'hyperfatigabilité est testée par des épreuves manuelles (tournevis) ou intellectuelles (positions présentées schématiquement à inverser).
Enfin, REY recommande de toujours rechercher le niveau mental du malade, dont une atteinte pourrait expliquer les troubles ; il se révèle en général indemne.
La prolongation de ces épreuves, leur finesse, permet aussi au psycho-technicien d’objectiver certains troubles caractériels, comme l’irritabilité ou l’hyperémotivité.
Ainsi, connaissant les capacités restantes du blessé, connaissant les capacités qui lui étaient nécessaires pour exercer son métier, l'expert pourra assez facilement évaluer le pourcentage d'invalidité de l'individu.