‹ Peut-on encore parler de Sinistrose?Chapitre 39 sur 42 · A CU · texte numérisé non relu

A CU

L'examen objectif montre l'intégrité générale des grandes fonctions neurologiques : la sensibilité, les réflexes, l’équilibration, les organes sensoriels ne présentent aucune altération constatable.

L'état général est bon. Les modifications accusées de ce côté, depuis l’accident, sont : un amaigrissement de 3 ou 4 Kilogrammes, une augmentation dans la durée et l’abondance des règles.

Un nouvel examen E.E.G. fait le 27 juillet 1950, a donné les résultats suivants : « Le tracé de base est constitué par un rythme alpha peu ample à 10-11 c/s qui d’ailleurs devient plus net après un moment d'examen et sous l'influence de l'hyperpnée.

Sur ce tracé se superposent :

— des ondes pointues, des pointes qui dépassent largement en amplitude le tracé voisin;

— des bouffées d'ondes type théta à 5-6 cycles/seconde.

Toutes ces anomalies apparaissent dans toutes les dérivations, ne sont nullement localisées. Elles sont moins marquées dans les dérivations frontales que dans les dérivations postérieures.

L'hyperpnée a augmenté la fréquence des accidents décrits ci-dessus, mais n’a pas modifié leur type.

Une hypoglycémie provoquée a fait apparaître des bouffées d’ondes lentes de type hypersynchrone.

Conclusion : Tracé nettement anormal chez une malade de 24 ans.

Mlle A... qui était antérieurement en bonne santé, présente donc, depuis un traumatisme crânien de moyenne importance, sans fracture, une série de troubles subjectifs pénibles (céphalées, vertiges), une série de troubles mentaux avec forte asthénie limitant l’activité, forte émotivité gênant l’adaptation générale; état cénesthésique pénible.

Des constatations électro-encéphalographiques renouvelées montrent des anomalies du rythme cérébral au repos et une anormale labilité de ce rythme à l'épreuve de l’hyperpnée comme à celle de l'insuline.

De telles constatations, jointes à celles faites le 12 novembre 1949 au niveau de ses fonctions visuelles, objectivent l’état anormal du système nerveux.

TA

Il est certain qu’au cours d'états mentaux non traumatiques, tels que neurasthénie, psychasténie, ces troubles électro- . encéphalographiques ne sont jamais rencontrés. Or, cet état

anormal ne peut en fait, être imputé qu’au traumatisme, puisque aucun: autre cause n’a pu être mise en évidence par l'examen attentif de ses antécédents et de ses organes.

On peut admettre toutefois que le terrain, la constitution de cette malade, se sont montrés particulièrement sensibles, particulièrement réceptifs au traumatisme. Mais il est impossible de dire dans quelle proportion exacte intervient - cette sensibilité du terrain et dans quelle proportion intervient la réaction névrotique secondaire pour compliquer et prolonger les troubles traumatiques. Terrain et réactions névrotiques interviennent certainement pourtant pour conditionner partiellement l’état de cette personne.

Compte tenu de toutes ces considérations, le dommage imputable au tramatisme a été évalué à 50 %, chiffre servant de base à l’IP.P. Mais, l’ensemble des troubles éprouvés paraissant en régression (en particulier les céphalées et surtout les crises hyperémotives) il a paru nécessaire de réévaluer l'I.P.P. au bout de trois ans. Ë

L'exemple suivant sera très exactement comparable à celui-ci; seules les anomalies de l'examen électro-encéphalographique prouvent l'existence de troubles organiques dus au traumatisme chez ce blessé.

Le 28 juillet 1950, étant en moto, M. M. est abordé de face par une voiture venant en sens inverse; le choc violent l’a projeté par-dessus la voiture.

Consécutivement à ce choc, M. M. éprouve des scintillements dans sa vue, est resté quelques secondes absent, s’est inconsciemment relevé, « s’est retrouvé debout » fortement énervé. Il à pu rentrer chez lui sans être hospitalisé. Un repos de un mois lui est accordé par certificat médical.

Le 28 août 1950, son docteur signale que les lésions sont consolidées. Le blessé se plaint toutefois de vertiges et de céphalées occipitales. Une incapacité partielle permanente est à prévoir dont le taux reste à fixer par expertise.

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