ARTE A
Le 4 septembre 1950, un nouveau certificat de son docteur signale des troubles vertigineux et des céphalées occipitales transitoires; (en effet, le 4 et le 13 septembre 1950, pris de malaise, il a dû être ramené à son domicile par ses camarades de travail).
Le 2 mai 1951, il est examiné par le Professeur PLAN- QUES :
1°) M. M. accuse les troubles suivants :
— Ses perceptions sont imprécises, un peu nébuleuses, en particulier pour voir clairement les objets il doit faire un effort. L'ambiance d’une foule mouvante le trouble, lui communique un? sensation personnelle d’instabilité momentanée;
— Sa mémoire est assez nettement altérée, il y a dans son travail des hésitations, des oublis;
— Son jugement reste cependant intact; M. M. a repris son travail d’'ajusteur comme par le passé, mais il se sent dans les mouvements une moindre aisance; les mouvements qui étaient auparavant automatiques demandent un certain effort de volonté;
— Il craint les changements d'occupation parce qu’il s’adapte moins bien aux changements que nécessite son travail. Son chef a plusieurs fois remarqué, dit-il, la diminution de son rendement;
— Il est facilement émotionné, angoissé, oppressé, ressent des palpitations. À ses troubles déficitaires s'ajoutent quelques productions du type obsessionnel : peur et attrait simultanés à l'égard de l’hélice en mouvement d’un moteur à l’essai, peur d’un rasoir.
2°) On ne constate chez M. M. ni à l'examen neurologique ni à l'examen général, aucun signe objectif. Sa vue, son audition sont intactes.
Par contre, l’électro-encéphalogramme pratiqué le 22 février 1951, à la Faculté de Médecine, a donné les résultats suivants :
Tracé bas volté mais sur lequel on peut distinguer :
— Un rythme alpha à 9-10 cycles/seconde;
— Des passages de rythme nettement plus lent : 7 c/s et quelquefois moins.
Présence de plus, de quelques ondes de type hypersyn-
ie
chrone et d’une durée de 1/5 de seconde, et de quelques ondes
raides.
Conclusion : Tracé nettement anormal de façon diffuse.
1°) Au premier abord, M. M. qui ne présente d’ailleurs pas la moindre tendance revendicative, apparaît comme un hyperémotif à tendance psychasthénique.
Il reconnaît même avoir été de tout temips hyperémotif.
2°) Mais il affirme que tous ses troubles ont été aggravés depuis son traumatisme et que les troubles de l'activité, en particulier, n'existent que depuis le traumatisme.
L'électro-encéphalographie montre les perturbations les plus nettes de son tracé.
Or, ces perturbations n'existent jamais du fait des simples manifestations psychasthéniques, si largement répandues.
Force est donc de les rapporter au traumatisme, sinon avec une certitude absolue, au moins avec une très forte vraisemblance.
Force est également d'admettre que les troubles nouveaux qu'il accuse et qui s'ajoutent à son hyperémotivité constitutionnelle, sont en corrélation avec ses anomalies psychiques et électriques.
En somme, il existe du fait du traumatisme, des anomalies psychiques et électriques. Il est difficile d'en fixer le pronostic exact. Ces troubles peuvent s'améliorer; mais il est nécessaire de faire d'importantes réserves sur l’avenir, en particulier concernant des possibilités de crises nerveuses.
Aussi, le Professeur PLANQUES a-t-il proposé deux solutions :
— soit le consolider avec une invalidité permanente de l’ordre de 20 %;
— Soit, lui accorder une invalidité de l’ordre de 30 % révi- Sable au bout de un an, avec, à ce moment, un nouvel examen clinique et électro-encéphalographique, et consolidation.
Dans la cinquième observation, nous ne trouverons pas de signes objectifs d’une lésion organique. Seule, l’existence d’un Syndrome post-commotionnel classique prouve l’organicité des troubles accusés par le blessé.
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Le 3 décembre 1941, M. B.…., alors âgé de 40 ans, polissait un versoir de charrue, quand cette pièce ayant rebondi sur le polissoir, à été projetée en l'air, touchant M. B.…. à la tête. Celui-ci à perdu complètement connaissance pendant plusieurs jours. Il a été transporté en clinique et trépané.
Un docteur avait constaté : une fracture de la base du crâne, une fracture de l’os malaire gauche.
Après trépanation et quarante-sept jours de repos absolu, le blessé a pu reprendre son travail au bout de six mois. À ce moment, un médecin certifie qu’il présente encore des séquelles graves : céphalées, vertiges, bruits dans la tête, secousses électriques dans les membres inférieurs, qui lui interdisent tout travail normal et suivi.
Le 9 avril 1943, M. B.… est examiné par le Professeur PLANQUES, en vue d'expertise. Il accuse alors :
— de grandes céphalées survenant quatre ou cinq fois par mois durant plusieurs jours et s’exagérant quand il travaille la tête basse;
— quelques vertiges non latéralisés aux changements de position;
— un retentissement pénible dans la tête, des bruits de machine, des coups de marteau, etc...
— une diminution de sa mémoire de fixation;
— une anormale variabilité dans ses dispositions au travail; il travaille avèc moins de goût qu'auparavant, dans des circonstances plus pénibles;
— il aurait maigri de 14 kilos.
— il accuse encore une perte de la force de ses membres supérieurs qui tremblent facilement,
L'examen objectif permet de constater :
Une profonde cicatrice de la région de la queue du sourcil gauche, prolongée par une cicatrice linéaire horizontale de 10 centimètres, s'étendant jusqu’au dessus de l'oreille gauche, Sans signe osseux à la palpation;
Une légère déformation de l’os malaire.
Examen neurologique : Complètement négatif (motilité, sensibilité, réflexes, nerfs crâniens).