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À partir de ce moment, d’ailleurs, nous entrons dans une ère où l’on aura tendance à rejeter tout dogmatisme, à reconnaître sans hésiter les erreurs passées et présentes. J. A. BARRE, par exemple, a avoué clairement la tendance que l'on à eu à taxer d’imaginaires et d’exagérées les douleurs que l’on ne comprend pas : « On a tous tendance à ne reconnaître comme acceptable que ce que l’on nous a appris à connaître, que ce que nous comprenons sans peine, à rejeter comme dû à une erreur d'interprétation du sujet qui se plaint, ce qui nous paraît bizarre, nouveau ou hors de proportion avec la cause inculpée, et à qualifier d’exagéré, de tendancieux, voire de simulé, les mêmes allégations singulières quand elles sont formulées par un traumatisé soumis à une expertice.
Nous sommes trop peu accessibles à l’inédit, trop soupçconneux, trop soumis à nos impressions, trop soucieux d'aller vite, trop persuadés, en fait, que nous pouvons à peu près tout comprendre, même quand nous admettons, en théorie, que nos connaissances sur d'innombrables sujets, sont des plus vagues et des plus lacunaires. » (Réf. 4).
De même, LERICHE 2 dit, à propos des troubles réflexes : & Il s’agit là d’une immense erreur médicale contemporaine... Je suis convaincu que, presque toujours, ceux qui souffrent, souffrent bien comme ils le disent et, qu'accordant à leurs douleurs une attention extrême, ils souffrent plus qu’on ne saurait l’imaginer.
» Il n’y à qu’une douleur qu’il soit facile de supporter, c’est la douleur des autres. » (Réf. 15.)
Ainsi, en France du moins, si l’on n'oublie pas que la simulation et l’exagération consciente existent, si l’on pense encore que les blessés sont souvent un peu victimes d’eux-mémes en se laissant dominer par une idée fixe de réparation qui sera l’origine d’un facteur sinistrosique surajouté, on admet que ces blessés sont souvent de grands malades souffrant réellement, soit de troubles nerveux réfiexes, soit du syndrôme subjectif commun aux traumatisés du crâne.
Mais ces idées n'avaient pas encore triomphé partout; ainsi, on peut lire dans l’arrêt du Reichswersicherungsamt du 24 septembre 1926 : « Si l'incapacité de travail d'un assuré est causée par des représentations qu’il se fait d’être malade, ou bien par des désirs plus ou moins conscients, un accident
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antérieur n’est pas la cause essentielle de l'incapacité de travail. »
Il faut arriver en 1929 pour que le neurologiste allemand Walter RIESE affirme que la représentation que le blessé se fait de son état ne suffit pas, à elle seule, à créer des Symptômes pathologiques. De plus il est le premier à reconnaître le rôle parfois néfaste de l'expert : « L’attitude méfiante et souvent agressive de certains experts provoque chez l’assuré des réactions d’exagération et même de simulation dont l’expert est seul responsable et non l'assuré. » (Réf. 23.)
La même année, V. von WEIZSACKER proteste énergiquement contre la coutume qui règne alors dans les pays de langue allemande, de ne pas accorder de rentes suffisantes aux sujets atteints de « névrose de rente »: « On prétend, dit-il, que la névrose de rente n’est pas une maladie. Alors, les névroses ne sont pas des maladies ? Ou bien la névrose de rente n’est pas une névrose, ou bien les névroses ne sont pas des maladies. Ou bien il existe des névroses qui sont des maladies et d’autres qui ne le sont pas. Derrière le théâtre de la névrose, c’est la régie des intérêts financiers qui s’agite. » (Réf. 32.)
On arrive ainsi en 1930 et, dès lors, de nombreux auteurs s'intéressent à la question : MINKOWKI, RAND et COUR- VILLE, du Congrès français d’'Oto-neuro-ophtalmologie; ESSER, BERNER, STRAUSS et STAVITZKI, du Congrès international de Bruxelles; GRUNTHAL, MARBURG, G. de MORSIER, STIER, STEFAN, SCHMITE et SIGWALD, SAETHRE, THUREL, WEIL et STÜRM, CEDERMARCK, REY, FRANCESCHETTI et BARBEY, KOBCKE et l’ « Associaticn for research in nervous and mental disease ».
THUREL résume ainsi l'opinion générale : « Nul doute qu'il n’y ait une tendance à l’exagération de la part de certains malades, surtout de ceux qui ne sont pas responsables du traumatisme subi et ont droit à une juste réparation; cette exagération ne constitue d’ailleurs bien souvent qu’une réaction de défense du blessé contre l’exagération inverse de la part de médecins qui, sous prétexte que l'examen ne révèle aucun signe objectif, commencent par nier la réalité des troubles subjectifs : l'attitude du médecin est plus répréhensible que celle du blessé qui se révolte contre la suspicion dont il