DEUXIÈME SÉRIE D'EXPÉRIENCES
Injections intrapleurales et intraveineuses de nature différente
Si, en suivant le même procédé que précédemment, nous injectons 4 centimètres cubes d’émulsion de staphylocoques dans la plèvre, nous pouvons empêcher la formation d’un exsudat pleural avec 3 centimètres cubes d’une émulsion de spores d’Aspergillus fumigatus dans la veine, tandis que I çentimètre cube seulement laisse les globules blancs des vaisseaux se porter dans la caVité pleurale.
Si l'injection intrapleurale était constituée par 4 centimètres cubes d’émulsion d’Aspergillus, 1/2 centimètre cube d'émulsion de staphylocoques
serait suffisant pour empêcher la formation d'un exsudat pleural.
Ces expériences nous permettent d’ajouter une notion nouvelle : celle de l'influence de la qualité de l'injection intraveineuse. Le pouvoir d’attraction exercé par le staphylocoque sur le globule blanc est plus grand que celui exercé par l’Aspergillus.
Ces faits étant acquis, nous avons appelé «\/noculations de dérivation, ces injections intraveineuses de substances étrangères, faites dans des conditions telles (qualité, quantité) qu’elles permettent de retenir les globules blancs à l’intérieur des vaisseaux, alors qu’un point d’appel extérieur exerce sur eux une attraction positive » Madelaine Ch., 1914.
2 Application de la méthode générale des inoculations de dérivation au cas particulier du bacille tubercu-
leux.
Injectons dans la plèvre d’un lapin, 4 centimètres cubes d’une émulsion opalescente dans l’eau physiologique de bacilles tuberculeux aviaires tués par la chaleur, et dans les veines l’émulsion précédente, de staphylocoques ou°de spores d'Aspergillus. Nous constatons qu’une injection intraveineuse de 1 centimètre cube d’émulsion de staphylocoques ou de 2 centimètres cubes d’émulsion de spores d’Aspergillus suppriment la formation d’un exsudat pleural pendant au moins quarante-huit heures, tandis qu'une injection intraveineuse de 1/2 centimètre cube de
CG, Madelaine 4
staphylocoques ou de 1 centimètre cube de spores. d’Aspergillus le laissent se former au bout de vingtquatre heures.
Nous pouvons donc maintenir des bacilles tuberculeux, dans la plèvre d’un lapin, à l’abri des polynucléaires du sang, pendant quarante-huit heures. Comment dans ces conditions nouvelles évoluera la tuberculose du lapin.
Les animaux mis en expérience reçoivent une injection intrapleurale de 4 centimètres cubes d’une émulsion homogène opalescenie dans l’eau physiologique de bacilles tuberculeux aviaires virulents (culture sur pomme de terre glycérinée âgée de huit semaines). L'injection intraveineuse est constituée soil par une émulsion homogène opalescente de staphylocoques blancs (culture sur gélose en vingtquatre heures, tuée par la chaleur), à la dose de 1 centimètre cube ; soit par une émulsion grisâtre de spores d’Aspergillus fumigatus (Culture sur pomme de terre, tuée par la chaleur), à la dose de 2 centimètres cubes. |
Quatre lapins témoins n’ont qu'une injection intrapleurale de bacilles tuberculeux ; le premier, sacrifié au bout de vingt-quatre heures, présente dans sa plèvre un exsudat à polynucléaires de. 2 centimètres cubes ; le deuxième, sacrifié après quarantehuit heures, a un exsudat pleural de 3 centimètres cubes constitué par des polynucléaires et des mononucléaires. Les deux autres animaux laissés dans leur cage permettent d'apprécier la virulence du bacille