Livre 1 renfermerait 5oo grammes
1/2 (demi-livre) 260
Onces 4 (quarteron) laS
2 (demi-quarteron) . 62 ,5
Gros 4 (demi-once) i3 ,6
1 3,9, etc.
Celte évaluation présente encore de grandes difficultés lorsqu’on doit l’appliquer aux fractions des poids dont on se sert le plus ordinairement en médecine.
ARTICLE II
Des Densités et de l’Aréomètre.
Le rapport du poids au volume , qui sert à calculer la densité , dont l’importance est si grande en pharmacie, s’établit au moyen de l’aréomètre , instrument propre à indiquer si un liquide est plus. pesant ou plus léger que l’eau.
Afin d’avoir une échelle à laquelle on pût rapporter les différentes densités, on a pris pour point de départ celle de l’eau distillée , la colonne de mercure s’élevant à 76 degrés ou centimètres dans l.e baromètre , et la température à 14 degrés (17, 5 centig. ). 11 faut toutefois excepter les liqueurs éthérées , qui sont très-volatiles, et dont on éprouve généralement la densité à une température inférieure à zéro.
C’est d’après cette loi qu’a été construit l’aréomètre de Baumé, celui dont on fait le plus d’usage en France. Cependant, quoique ayant calculé, d’après l’eau, l’échelle descendante et l’échelle ascendante par l’immersion de l’instrument, c’està-dire, celle qui annonce les densités les plus considérables par
FRANÇAISE. i63
son émersion, et celle qui indique les moindres, l’auteur a’a pas voulu que la série des nombres de toutes deux commençât à une marque commune ; car tandis que le premier degré de l’échelle descendante est marqué o, l’ascendante commence à 10 degrés. II serait difficile de deviner les motifs qui le déterminèrent à établir cette différence. Les pharmaciens hollandais ne l’ont point adoptée, et leur aréomètre commence à o dans les deux échelles, ce qui paraît plus rationnel.
La profondeur à laquelle l’aréomètre plonge dans les liquides, est un indice certain de la différence de leur densité respective, mais elle ne fait pas connaître cette dernière elle-même, et il faut la chercher par le calcul ou par des expériences spéciales. Pour obvier à cet inconvénient, les Hollandais ont inscrit sur leur aréomètre une échelle des densités en regard de celle des degrés : nous avons suivi leur exemple, en n’admettant toutefois que les nombres qui répondent à des expériences utiles à notre objet, ou qui, placés â des distances égales, peuvent indiquer assez clairement le rapport des densités croissantes ou décroissantes dans l’une et l’autre échelles. Ces derniers sont marqués d’un astérisque.
Echelle ascendante, ou des liquides légers. Échelle descendante , ou desliqueurspesante.*-
Degrés d.ca aréomètres . densités , substances et expériences.
Échelle Échelle Densi- Degrés. Densités.
de des tés. * o looo Eau distillée ovdi-
Baumé. Ilollaudais. naire.
Au-delà de la portée des deux échelles.
Id. îd.
Id. id.
* 20 lo
Il 1
Echelle descendante. 1
S IQ
îd.
id.
Acide hydrocyanique pur.
, Gay-Lussar.
Ether sulfurique très-pur.
Le même concentré.
Ether sulfurique alcohoHsé, composé de parties égales d’alcohol et d’éther, l Alcohol très-pur pour les } «sages pharmaceutiques.
Alcohol pur. Napthe.
Alcohol de commerce
Uu^ essentielle delérébentmne.
Acide liydrocyanjquR de Scheele , et acide hydrocyanique pur, mêlé de parties égaies d’eau ( Bobltjuei .
Elher acétique.
^ Ether nitrique.
V muriatique.
H Amtnoniaque liquide.
^ Huile d’olive.
^ Eau-de-vie.
) de Bourgogne.
5 Vins •
) de Bordeau.x.
Eau distillée ordinaire.
id.
Go
IZl j- Vinaigre distillé.
1014 Vinaigre ordinaire.
io32 Lait de vache.
io56 Acétate d’ammonîa.
que.
1075) Acide acétique con- 1091 ) centré.
iiSo l Acide hydrocMorique 1210 ) liquide.
1261 Sirop houillant.
.. Sirop refroidi.
123i nitrique ordi-
i naire.
1308^^^'^®"**“*^“® concen- /ïf c **■«i454j
Acide phosphorique id. pour les usages mé-
dicinaux.
i"i4 sulfurique irès-
1847 concentré.
Acide phosphorique 1946 très-concentré.
1007 Vinaigre distillé , etc.
ARTICLE III
Du Degré de chaleur et du Thermomètre.
Les chimistes et les pharmaciens français se servent dans leurs opérations, de thermomètres, dont l’échelle comprend 8o ou loo degrés entre la glace fondant* et l’ébullition de l’eau. Le premier porte le nom de thermomètre de Réaumur, et l’autre s’appelle thermomètre centigrade, et diffère effectivement peu de celui de Celsius.
Partout dans cet ouvrage nous avons indiqué les degres correspondans des deux échelles.
11 nous a paru néanmoins utile de donner un tableau des degrés des deux thermomètres, auxquels répond la température sous l’influence de laquelle s’effectuent les diverses opérations pharmaceutiques, dans le cas surtout où l’on n’a pas coutume d’indiquer le degré de chaleur lui-même, et où l’on se borne, pour le faire connaître, à désigner l’opération à l’accomplissement de laquelle il convient spécialement et nécessairement. Nous avons joint aussi à ce tableau l’échelle du thermomètre de Fahrenheit.
Échelle de Échelle
Fahrenheit.
22 1 Sirop bouillant.
215 3/4 Eau bouillante, contenant 2/10 de mu-
riate de soude.
216 1/2 Eau bouillante, contenant ijio de mnriate de chaux.
212 Eau bouillante ordinaire et pure.^
id. Chaleur de l’eau pure au bain-marie
bouillant, préparé avec de l’eau contenant 2/10 de muriate de soude , et marquant, en conséquence , 85 degrés.
207 i/* Chaleur de l’eau pure au bain-marie bouillant, préparé avec l’eau pure. La chaleur de l’huile d’olive et de l’huile de ricin a été la même dans ce bain.
178 1/4 Alcohol (12 = 22 degrés) bouillant au bain-marie.
id. Eau qui ne bout pas encore , mais qui fait déjà entendre un frémissement.
173 3/4 Alcohol (20 — 3o degrés) bouillant au bain-marie.
172 5/8 Alcohol (26 = 36 degrés) bouillant au bain-marie.
171 1/2 Alcohol (3o =4o degrés) bouillant au bain-marie.
167 Éther très-pur distillé au bain-marie.
110 5/4 Chaleur à laquelle on à coutume de boire le \hé et les boisssons très-chaudes.
Mais , ordinairement , on ne se plonge pas les pieds dans de l’eau à 58 degrés
io5
io3
id.
id.
id.
id.
FRANÇAISE. i65
Échelle de Échelle Echelle de
iléaumur. ceotigrade. Fahrenheit. , , , i
sans éprouver de la douleur, et sans être obligé de se tenir en repos.
... La température du bain de sable est tellement inconstante qu’on ne peut la déterminer qu’au moment même de l’opération.
[Entre ces limites se trouvent les différens degrés de chaleur employés ordinairement pour faire sécher les fruits, les herbes , les fleurs et autres médicamens.
99 1/2 (Ces degrés conviennent sur-tout pour les 95 S digestions.
I Cette température de l’atmosphère est la 77 > plus favorable au développement des
) fermentations.
63 1/2 Température de l’air pourexplorer la densité des liqueurs avec l’aréomètre.
3a Degré de la glace fondante. C’est celuide.s liquides qu’on emploie pourrefroidir les rècipiens dansdiverses distillations. C’est aussi celui qu’on emploie pour connaître, au moyen de l’aréomètre , la densité des liqueurs.
ARTICLE IV
De l’estimation du poids pour les substances qu’on a coutume de mesurer par gouttes , cuillerées , poignées , pincées , etc.
Il est une»fouIe de substances , d’un usage journalier, A la pesanteur desquelles on fait peu d’attention , et qu’on a coutume de mesurer, soit d’après le nombre, soit d’après la capacité de divers vaisseaux, soit enfin de plusieurs autres manières. Mais en agissant ainsi, on ne sait jan»ais bien quelle proportion existe entre elles et les autres substances , ce qui ne laisse pas que d’entraîner des dangers, sur-tout lorsqu’il s’agit de médicamens énergiques et de densité variable, dont les mêmes mesures ne fournissent, par conséquent, pas toujours des quantités égales en poids. Nous en donnons ici l’évaluation établie par des expériences assez exactes pour qu’on puisse facilement, et en toute sûreté, l’appliquer aux autres substances de nature semblable.
Nous avons employé le procédé suivant pour évaluer les liquides qu’on prescrit par gouttes, et sur-tout ceux qui sont assez volatils, comme l’alcohol, l’éther, etc., pour que l’évaporation puisse entraîner des erreurs. Ayant rempli de ces liquides un petit flacon à col étroit , renversé en dehors et d’une étroite embouchure, et après avoir bien pesé le flacon et la liqueur, nous avons compté un certain nombre de gouttes coulant avec lenteur par l’orifice incliné , et nous avons ensuite pesé le résidu , puis
i66 PHAllftlACOPÉE
divisé le déficit en autant de parties qu’il y avait de gouttes, afin de connaître le poids de chacune d’elles. C’est ainsi que nous sommes parvenus à dresser la table suivante, indiquant la pesanteur de vingt gouttes de chaque substance.
Quant au poids des gouttes, comme il dépend de leur volume, on doit moins le déduire de la densité du liquide lui-même , que de sa viscosité et de la cohésion de ses molécules.
Vin^ gouttes
d’Etber sulfurique f 56 = 66 degrés) pèsent. . . . d’Ether sulfurique alcoholise, ou liqueur minérale i
anodine d’Hoffmann I
d’Alcohol très-pur (26 = 36 degrés) <
d’Alcohol de mélisse composé . . . i
d’Alcobol saturé de Potasse
d’Huile animale de Dippel . . I
de Teinture alcoholique de Benjoin /
de Teinture alcoholique de Gastoreum )
d’Huile d’Olive
d’Huile d’Amandes . . . î
d’ Acide acétique très-concentré (10 degrés.). . . . d’ Acide acétique ordinaire, ou vinaigre distillé. . .)
d’Huile essentielle de Menthe f
d’Hnile volatile de Pétrole , ou Naphthe j
d’Acide sulfurique alcoholise , ou Eau de Rabel. .V
d’Eau distillée simple |
de Laudanum liquide de Sydenham
d’Huile essentielle de Gérofle
de Soude caustique liquide (36 degrés) ,
de Solution aqueuse saturée de Sulfate de Magnésie. (
de Laudanum de Vabbi Rousseau
d’Acide hydrocyanique (goo degrés)
d’Acide sulfurique (66 degrés)
de Gomme Arabique dissoute dans l’eau \
Sirop de Sucie (35 degrés) .
anc.
Puids nou?.
Quant aux vaisseaux avec lesquels nous mesurons souvent les médicamens liquides, le verre^, que chacun peut boire d’un seul trait, contient huit cuillers à bouche, dont une cuiller à café ne fait guère plus du quart.
Un uerre contient d’eau commune plus de cinq
onces, ou. grammes.
Une cuiller à bouche, plus de cinq gros, ou. . 20
Une cuiller à café, environ 5/4 de gros, ou. . 5
Il n’importe pas moins de savoir précisément quel est le poids d une poignee et d’une pincée, c’est-à-dire, de ce qu’on peut embrasser avec la main toute entière, ou avec trois doigts seulement. Mais on trouve ici beaucoup de variétés qui tiennent à la diversité des substances, et que nous allons faire connaître dans la table suivante.
Cependant, comme beaucoup d’entre elles dont la surface est très -lisse, échappent facilement à la main qui les saisit, tar>~
dis que J'aulres, chargées d’aspérités , tiéunènt fortement ensemble, et, que certaines enfin , tomenteuses et velues, suivent la main, quoiqu’elles ne se trouvent pas embrassées par elle, on conçoit que , par cette méthode , le volurne et le poids de chacune doivent varier beaucoup , bien qu’il soit compris dans une mesure de même nom. C’est pourquoi, au milieu de conditions si variées , nous avons choisi nos exemples de manière à ce qu ou en puisse facilement, et sans erreur, faire l’application aux autres substances, en ayant égard à leur nature.
Une poignée de semences d’Orge pèse ioi,4o de Lin 475^0
de farine de graine de Lin io5,oo
de feuillés sèches de Mauve 45>90
de Chicorée 3'o,6o
de fleurs de Tilleul 4U)io
ou 5
onces 2 gros
Une pincée de fleurs de Camomille
romaine pèse . . t . .^ 7;^'^
d’ Arnica (i,20
de Pas-d’.\ne
de Guimauve SjOo
de Mauve 5,20
desemencesdeFenouil 7,00 d’Auis 44o
2 gros.
1 2 scnip'ul,.
id. id.
60 grains.
1 1/2 scrupul.
Il n’est pas inutile non plus de dire un mot des substances dont on indique le nombre dans les prescriptions.
Un œuf de poule nouvel- ,
lement pondu , pèse 2 onces 2 gros o grains — 68 grammes. , S
Dépouillé de sa coquille. 2 ZT / ’ ?
Le blanc pèse 1 ^ ^7 Ar > •
Et le jaune ^ *•’ '9 . ’ ^
Deux onces d’amandes, mondées de leur pellicule, contiennent, amandes n“. 55,
Dont chacune pèse environ .23 grains. — 1 gramme. i5
Et après qu’on en a ôté la pellicule, environ. — 1
Enfin, il convient encore d’indiquer, comme l’a fait Baumé, la quantité de sirop qu’absorbent les différons médicamens qui entrent dans la composition des électuaires, des opiats et de bols magistraux, et dont on a la coutume d’énoncer la proportion par ces mots : quantité suffisante.
i68 PHARMACOPÉE
Peudre de substances végétales et
autres sèches, une partie , ci i absorbe de sirop 3 parties^
de Gommes-Résines i i
de Résines 3/4
de la plupart des substances minérales peu avides d’eau, comme l’Emétique , le Ga-
lomélas, etc i 1/2
de sels 1/2
d’Alcalis et de sels déliques-
cens 1 1/10
Extraits et électuaires officinaux o
Mais, fort souvent, les substances qui ont été mêlées ensemble réagissent de telle sorte les unes sur les autres, avec le temps , que le premier sirop disparaît, et qu’il faut en ajouter de nouveau.
Ainsi le tartrate acidulé de potasse et la limaille de fer, as-» sodés, et formant une confection , n’exigent d’abord qu’une partie de sirop pour deux du mélange; mais le lendemain On est obligé d’en ajouter une seconde, et au bout dg deux jours uue troisième, pour que l’électuaire conserve la mollesse requise.
Nous avons cru devoir entrer dans toutes ces explications avant d’exposer les formules du code, et de faire connaître les proportions que chacune renferme des médicamens qui la composent.
FIN DE LA PAGMUÈAE PAATlE.
ou
»X^VVVVVV«V««^»V«IVV«VVWVrt^VVVV«V^VV«VV«VV«IV^«VVVVVVVVVVVVVVVVVV^