‹ Pharmacopee francaise, ou, Code des medicamensChapitre 2 sur 357 · SECTION PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SECTION PREMIÈRE

Des Substances tirées du règne minéral (i).

Acétate de cuivde brut. ( Acetas cupri crudus. Ærugo. )

Ce sel est ur> mélange d’acétate de cuivre soluble et de sousacétate insoluble. Il forme des masses d’un vert tirant sur le bleu, ordinairement enveloppées dans des peaux de mouton. Il a une saveur cuivreuse très-prononcée. Il est mêlé de particules de cuivre métallique et de débris de marc de raisin.

On le prépare avec des lames de cuivre qu’on couvre de marc de raisin, et qu’on laisse se corroder librement pendant la fermentation.

Acétate de cuivre cristallisé. Verdet. Cristaux de Vénus. {Acetas cupri in crystallos concretus. Crystalli V eneris. )

Pour obtenir ce sel , on dissout l’acétate de cuivre brut dans le vinaigre , et on le laisse cristalliser dans des vases traversés en tous sens par de petites baguettes. Les cristaux sont des pyramides quadrangulaires (a) tronquées au sommet. Leur-couleur d’abord d’un vert sombre et très-foncé, pâlit bientôt et devient

(i) On a rangé dans cette classe quelques substances, ponrla plupart salines, qui, à la vérité, tirent leur origine du règne végétal, mais qu’on fabrique en grand dans les manufactures de produits chimiques , d’où on les tire pour les besoins de la médecine.

(a) Les cristaux n’ont pas la forme d’une pyramide quadrangulaire tronquée, car ils sont rhomboïdaux ; c’est l’ensemble de la cristallisation sur les baguettes qui prend cette apparence.

a PHARMACOPÉE

bleuâtre par le contact de Pair : ils se dissolvent entièrement

dans l’eau. j n •

r C’est à l’efflorescence qu’ils éprouvent par le contact de 1 air qu’est dû ce changement de nuance et ce passage du vert au bleu. En dissolution, ils précipitent en brun parle ferro-cyanale de potasse, et forment, avec l’ammoniaque en excès, une liqueur bleu céleste. Ils dégagent de plus, comme tous les acétates , de l’acide acétique par l’acide sulfurique. ]

Acétate de plomb cristallisé. Sel ou Sucre de Saturne. [Acetas plumbi in crystaLlos concretus. Sal vel Saccharum

Saturni. ) , ^ '

On prépare ce sel très en grand, dans les manufactures , pour l’usa4 des arts. Sa couleur est blanche et sa saveur douceâtre , d’abord sucrée, puis styplique. Il est soluble dans l’eau.

[La saveur sucrée de ce sel lui avait fait jadis donner le nom àe Sucre de Saturne. Ou le reconnaît à l’aide de l’acide hydrosulfurique et du sulfate de soude. Le premier le précipite en noir, le second en blanc.

Acide abséniedx. Voy. Oxide d’ arsenic blanc.

Acide borique. . ,

[On peut dire aussi un mot de l’acide borique, boracique^ qui se trouve aujourd’hui dans le commerce , et dont on fait usage pour la préparation du borax. Cet acide, retiré par l’évaporation des eaux de certains lacs de Toscane, est en petites paillettes blanchâtres, micacées, un peu onctueuses au toucher, plus solubles à chaud qu’à froid, et se fondant en un verre transparent.] Acide hydrochlorique. Voy. Acide muriatique.

Acide muriatique. Esprit de sel. Acide hydrochlorique. (^Acidwn muriaticum. Acidum hydrockloricum. Spirilu s salis.)

On fabrique cet acide en grand dans les manufactures , qui le fournissent liquide, jaune et fumant. Sous cette forme il n est pas pur; mais on l’emploie cependant à différens usages, et il peut même servir à ceux de la pharmacie, pourvu qu on ne le fasse entrer que dans des préparations destinées à être appliquées à l’extérieur. Sa densité varie entre 1,17 et ^

[Outre l’oxide de fer et une petite quantité de matière huileuse qui le colorent en jaune, l’acide hydrochlorique, contient souvent aussi beaucoup d’acide sulfureux, qui nuit dans une foule d’opérations chimiques; ce qui doit le faire rejeter avec soin. Lorsqu’il est étendu d’un peu d’eau, et frotté dans les mains, l’odeur du gaz sulfureux est fort sensible. Il précipite, de plus, le muriatede baryte quand on ajoute, en même temps du chlore.] Acide nitrique. Esprit de nitre. ( Acidum nitricum. Spiritus nitri, )

Cet acide, liquide, sans couleur quand il est pur, répand des vapeurs blanches, et colore en jaune la peau et toutes les matières animales. Sa densité est de i,5o à 1,37 (i). On le retire par la distillation du nitrate de potasse avec l’argile ou avec l’acide sulfurique.

[Cet acide s’obtient maintenaut dans presque toutes les fa- . briques à l’aide du second mode, c’est-à-dire par l’intermède de l’acide sulfurique. Il est souvent moins pur et renferme une assez grande quantité d’acide sulfurique et d’acide hydrochlorique, dont le dernier provient toujours des chlorures mêlés au nitrate. On y ajoute aussi quelquefois des sels étrangers , tels que du nitrc , pour lui donner un degré de densité plus considérable. Par l’évaporation à siccité d’une partie de l’acide, on s’assure facilement de celte fraude, très-nuisible pour l’emploi auquel on le destine. Le sel reste dans le vase évaporaloire , et on peut facilement en prendre le poids.

L’acide nitrique, mis en contact avec les métaux des 5'. , et 5*. sections, se décompose et fournit des vapeurs rutilantes qui le font facilement reconnaître.]

Acide sulfurique. Huile de vitriol. {Acidum sulfuri ciim. Oleum vitrioli. )

Il est sous forme liquide, sans couleur, et d’une consistance oléagineuse. Il pèse 1,842, et noircit les matières organiques. On l’obtient par la combustion simultanée du soufre et du nitrate de potasse.

[On trouve encore dans le commerce un acide sulfurique à demi-concret et fumant ; iiportelenom à' acide sulfurique glacial deNordhaasen. M. Bussy, dans un Mémoire couronné par la Société de Pharmacie de Paris, a fait voir que sa propriété fumante ne lui était pas communiquée par la présence de l’acide sulfureux, comme on l’avait cru jusqu’alors, mais bien à de'l’acide sulfurique anhydre uni à une autre portion d’acide sulfurique ordinaire. Au surplus, cet acide n’est employé que pour les arts il sert à dissoudre l’indigo, sur lequel il agit avec beaucoup'plus d’énergie que l’autre : on l’obtient facilement par la distiil^ion du persulfate de fer (2). ]

Aimant. \ oy. Oxidule de fer magnétique.

Alun. Voy. Stdfate d' alumine.

Ambre jaune. Voy. Succin.

Antimoine. Régule d’antimoine. ( Stibium. )

Métal blanc bleuâtre , très-cassant, d’une texture lamelleuse. Il

(1) D’après M. Gay-Lussac , elle est de i,5i5.

(2) Journal de Pharmacie , tom. X, pag. 568.

entre facilement en fusion, et cristallise par le refroidissement.

Sa pesanteur spécifique est de 6,709.

ni offre alors à sa surface une sorte de cristallisation qui imite les feuilles de fougère j c’est un des principaux caractères qui servent à taire reconnaître ce métal. ]

Antimoine cbtj. Voy. Sulfure d’antimoine.

MéS”blanf,TrS*^^^^^^ ductile, malléable, fusible, et supportant l’action du feu sans s’oxider. Sa pesanteur spécifique est de 10,474’

Composéi^eliHct,^d^ et d’eau dans des Proportions

variables. L’argile contient souvent , en outre, de l oxide de fer, à qui elle doit sa couleur. Les médecins employaient autrefois

deux variétés d’argile : , j,, ' • r

i- Argile ochreuse rewge, Haüy. Bol d’ Arménie. {AigUla ferriginea rabra. Bolus Armenice.) Sa couleur rouge ost tres-foiicée, à raison delà grande quantité de peroxide de fei quelle renferme : elle forme des masses compactes et pesantes, qui se délayent difficilement dans l’eau quand on ne fait que les y plonger.

Algite ochreuse pâle. Terre sigillée. {Argdla ferruginea pallidior. Terra slgiUata.) Elle aune teinte legerement rosee. Avant de passer dans le commerce, elle a ete delayee dans l eau, puis desséchée en pains cylindriques , ou orbiculaires et aplatis, qui portent l’empreinte d’un cachet.

A ■rsktctc #

r Métal qui se trouve, quoique rarement, dans le commerce , à l’éTat métallique. 11 se présente en masses grisâtres, quelquefois mamelonnées ou amorphes, ou formées de ^^che oui se recouvrent entre elles : c’est l’arsenic testace. l\ pese 5,76 environ ; il se sublime avecune fiimee blanche, qui répand une odeur alliacée. ]

Arsenic BLANC.Voy. Oxide d’arsenic blanc.

Arsenic jaune. Voy. Sulfure d’arsenic jaune Asphalte. Bitume de Judée. {Asphaltum. Bitumen Ju-

solide, cassante , noire , brillante, électrique par le frottement ; elle répand , lorsqu’on la chauffe , une odeur particulière, et produit, en brûlant, une lumee épaisse, dont

l’odeur est vive et pénétrante. ... j

ril existe encore parmi les autres matières bitumineuses du même genre une substance appelée pisasphalte , qui J*

Tu pré! les mêmes caractères que l’asphalte, s. ce n’cst d elre poisseuse et un peu visqueuse comme de la poix.

Bismuth. {Bismuthum. W ismuthum.)

Métal (]’un blanc jaunâtre, cassant, formé de grandes lames brillantes, très-fusible, et oxidable par la chaleur. Sa pesanteur spécifique est de 9,822.

[Cet oxide est jaunâtre. On confond quelquefois cc métal avec l’antimoine, quoiqu’il soit néanmoins assez facile de les reconnaître tous deux : à l’aide des moyens chimiques on ne peut les confondre. L’antimoine traité par l’acide nitrique s’oxide seulement si la chaleur est long- temps soutenue , et le bismuth forme un nitrate décomposable par l’eau en une poudre blanche que noircit l’hydrogène sulfuré. De plus, les dissolutions d’antimoine donnent avec ce réactif un précipité jaune. On sait que l’oxide de bismuth contient toujours un peu d’acide nitrique , et qu’on le regarde comme un sous-nitrate, ]

Le bismuth sert à préparer le blanc de fard , nommé aussi ma~ gistère ou oxide de bismuth.

Blanc.de fard. Voy. Bismuth.

Blanc DE PLOMB. Voy. Carbonate (sous-) de plomb.

Bitume. {Bitumen. )

On donne ce nom à toutes les matières fossiles, d’origine végétale , qui brûlent avec flamme. Tels sont V asphalte , le jayet f la naphthe, le pétrole et le succin, avec lesquels on préparait autrefois, ou l’on faitrnême encore aujourd’hui, divers médicamens.

Bitume de Judée. Voy. Asphalte.

Bol d’Arménie. Voy. Argile ochreuse rouge.

Borate (sous-) de soude. Borax. (Sub-boras sodœ. Borax.)

Ce sel vient de l’Inde et de la Chine. On le purifie en Europe, et on le débite sous la forme de cristaux séparés, blancs , ordinairement irréguliers, opaques à leur surface , et d’une saveur salée alcaline. Exposé à l’action du feu, il se boursouffle d’abord, puis entre en fusion ; il se prend en une masse vitreuse par le refroidissement.

[Le borax, qui porte aussi le nom de tmkal , de chrysocollè , est recouvert ordinairement d’une matière grasse particulière, que l’on sépare soit par des cristallisations répétées, soit à l’aide du mode indiqué par MM. Robiquet et Marchand. Ce procédé consiste à ajouter d’abord un peu de chaux à l’eau froide dans laquelle on lave le borax , puis à le faire dissoudre entièrement, après avoir mis dans le liquide 1/100 environ de muriate de chaux, et à opérer la cristallisation.

On prépare aujourd’hui ce sel de toutes pièces , en traitant par le carbonate de soude l’acide borique qui nous vient de Toscane; et le produit que l’on obtient est beaucoup plus blanc et mieux

cristallisé que le borax naturel purifié en Hollande ; il n’est pas recouvert comme lui de la matière grasse dont nous avons parlé.

Le borax dissous dans une petite quantité d’eau laisse déposer des paillettes d’acide borique par l’addition de l’acide sulfurique.]

Borax. Voy. Borate [sous-) de soude.

Calamine, Voy. Oxide de zinc natif.)

Carbonate ( sous- ) de chaux. ( Sub-Carbonas calais. )

Ce sel, très-peu soluble dans l’eau, constitue la craie et le marbre dont on se sert dans une foule d’opérations chimiques. Mis en contact avec les acides minéraux, il produit une vive effervescence, et forme des sels solubles dans 1 eau , dont il est facile de reconnaître la présence, en quelque petite quantité qu’ils se trouvent dissous, parce qu’ils donnent lieu à un précipité blanc avec l’oxaiate d’ammoniaque.

Carbonate (sous-) de magnésie. Magnésie blanche. [Sub- Carbonas magnesiæ. Magnesia alba. )

Sel à peine soluble dans l’eau , qu’on obtient par la double décomposition du sulfate de magnésie et des carbonates alcalins dissous dans l’eau. I! se précipite, et on lui donne la forme de pains cubiques ou parallélipipèdes , qui sont très-blancs, fort légers et friables. Il verdit le sirop, de violettes, et fait effervescence avec les acides.

fil en vient d’Angleterre, d’Allemagne et d’Italie , prépare par la double décomposiiion du sulfate de magnésie , soit naturel, soit artificiel, et d’un carbonate soluble ; mais le premier est plus estiuié à cause de sa légèreté et de son plus gi and état de pureté. ]

Carbonate (sous-) de plomb. [Sub-Carbonas plumbi.)

Ce sel, blanc et insoluble dans l’eau, se prépare de plusieurs manières. Il est eu paillettes dures et très-pesantes , qu’on appelle. blanc de plomb [plumbuin album), on en pains friables , nommés céruse [cerussa) , suivant qu on 1 a tait sécher aussitôt après l’avoir obtenu par précipitation, ou après l’avoir broyé en l’humectanl avec de l’eau. 11 fait vivement effervescence avec les acides, et donne du plomb métallique quand on le chauffe au chalumeau.

[ Ce sel est souvent mêlé , depuis quelque temps , à du carbonate dechaux, ou à du sulfate soit de plomb, soit de baryte. Tour reconnaître celte fraude, on peut séparer, à l’aide de l’acide acétique coucentré ou de l’acide nitrique, les carbonates, et s’assurer ensuite, par la décomposition des sulfates, au moyen d une forte chaleur et du charbon, à quelle espèce ils appartiennent. Celui de plomb donnera le métal , et le second un sulfure de barium décomposable par l’eau et les acides, et facilement re-

connaissable. Le sel de chaux formé sera aisément séparé de celui de plomb au moyen de l’ammoniaque pure. ]

Gabbonate (sous-) DE POTASSE. {Sub-Carbonas potassce.)

On obtient ce sel par la combustion des végétaux. Il varie beaucoup pour la forme et le degré de pureté ; il porte des noms différens suivant le pays d’où il provient et la manière dont il a été préparé.

1*. La potasse cC Amérique ârri'fe sous forme de masses fondues au feu, ayant l’aspect et la dureté de la pierre , colorées souvent en rouge , et attirant l’humidité de l’air- Elle a une saveur brûlante et caustique, et abonde en principes alcalins.

2*. La potasse perlasse vient aussi d’Amérique en morceaux très-blancs. On l’estime beaucoup parce qu’elle est riche en alcali.

3*. Les potasses de Rassie, de Dantzick , du Rhin , antres , sont inférieures aux précédentes. Toutes contiennent, indépendamment de la potasse pure et du sous-carbonate , du sulfate de potasse, du chlorure de potassium, et, de plus, un sédiment siliceux, argileux, insoluble.

4°. Les cendres gravelées (^cineres clavellati) s’obtiennent en brûlant la lie du vin. On y trouve les mêmes sels que dans les potasses précédentes.

5°. Le sel de tartre {sal tartari) se fait en brûlant le tartre, soit brut, soit purifié. On l’obtient pur après une ou deux cristallisations. Il est formé de sous-carbonate de potasse presque pur; mais celui du commerce est le plus souvent mêlé de sulfate de potasse. On doit le choisir blanc et soluble, en totalité et promptement, dans une petite quantité d’eau

Carbonate (sous-) de soude. {Sub-Carbonas sodœ. Sal sodœ. )

Ce sel existe à l’état natif dans les eaux de certains lacs de l’Egypte et de la Hongrie , dont il se sépare par l’action de l’air et du soleil. On le nomme vulgairement natron [natram).

[ On ne sait pas encore si ce sel existe tout formé dans les eaux de ces lacs, ou s’il provient de la double décomposition de muriate de soude et d’un carbonate opéré par la concentration et la cristallisation qui déterminent cet effet. Il n’en arrive presque plus aujourd’hui , et il est d’ailleurs peu estimé, en raison du sel marin dont il est mêlé.]

En France , on le retire des cendres de plusieurs végétaux qui croissent dans les eaux de la mer ou sur ses bords, ou bien en décomposant le sulfate de soude par des procédés chimiques. Celui qu’on vend brut est appelé soude d' Alicante, ou autrement, suivant le pays qui le fournit : on le nomme aussi soude artificielle. Comme il est mêlé d’un grand nombre de matières étrangères, il faut, pour l’obtenir pur, le dissoudre dans l’eau, et la

faire ensuite cristalliser. Alors il est blanc, transparent à l’intérieur, mais opaque en dehors, à raison de la facilité avec laquelle il s’cffleurit. Exposé au feu, il se liquéfie, perd son eau de cristallisation, et diminue presque des deux tiers. Il a une saveur alcaline, verdit le sirop de violettes , et fait effervescence avec les acides.

[On a depuis quelque temps substitué à la potasse perlasse le carbonate de soude préparé dans les arts, et desséché avec soin. On peut reconnaître facilement cette fraude : le premier, exposé à un air humide, tombe en liqueur, tandis que l’autre s’humecte d’abord légèrement, puis s’elfleurit. Il ne précipite point, de plus, par l’hydrochlorate de platine, comme le carbonate de potasse. ]

Cendres GRAVELÉES. Voy. Carbonate {sous-) de potasse.

Céruse. Voy. Carbonate {sous-) de plomb.

Chalcitis. ( Ckalcitis. )

On désignait autrefois sous ce nom un mélange de sulfate et d’oxide de fer rouge, dont on ne se sert plus aujourd’hui , parce que les proportions de ces deux composans ne sont pas constantes, et que d’ailleurs il contient presque toujours du sulfate le cuivre. On peut substituer à cette matière le sulfate de fer pur, séché au feu.

Chaux ( Calx. Oxidum calcii. )

Cette substance, qui présente tous les caractères des alcalis, se tire du carbonate de chaux natif, ou pierre à chaux, assez fortement calciné pour en chasser tout l’acide carbonique. Elle forme des masses blanchütres, ou quelquefois cendrées, dures dans le principe, mais qui se délitent et tombent en poussière par le contact de l’air. Plongée dans l’eau, elle fait entendre un sifflement particulier, se divise, laisse échapper des vapeurs aqueuses et s’échauffe beaucoup rcependantellesedissoutàpeine dans l’eau.

[Le caractère le plus sensible de la chaux est celui de former, avec l’acide oxalique, un précipité blanc, ainsi qu’avec l’oxalate d’ammoniaque, quand elle est à l’état de sel. Pour obtenir de la chaux pure, il faut calciner très-fortement des morceaux de marbre blanc, ou, si on le préfère, des coquilles d’huîtres j cette dernière cependant renferme un peu de phosphate calcaire, et même un peu de magnésie. ]

Chlorure de Sodium. Voy. Muriate de soude.

Cinabre. Voy. Sulfure de mercure rouge.

CoLCOTHAR. Voy. Oxide de fer rouge.

Craie. Voy. Carbojiatc { sous- ) de chaux.

FRANÇAISE. g

Cristaux de Vénus. Voy. Acétate de cuivre cristallisé.

Cuivre. ( Cuprum.)

Métal d’un rose rougeâtre, malléable, fusible, et facilement oxidable parla chaleur. Sa pesanteur spéciBqueest de 8,8g5.

Eau. Oxide d’hydrogène. {Aqua. Oxidum hydrogenii.)

Liquide composé de o,88 parties d’oxygène, et de 0,12 d’hydrogène, en poids (1), qui présente diffé rens degrés de pureté , selon son origine et la nature du sol dont elle s’échappe. Les eaux suivantes sont les plus dignes d’attention.

Eau de fontaine. {Aqua fontana.)

Elle entraîne et dissout des matières diverses à raison des terrains qu’elle traverse Ce sont le plus souvent des carbonates et des sulfates de chaux. Elle a cela de commun avec toutes les autres, que plus elle contient d’air atmosphérique, plus aussi elle est agréable au goût et facilite la digestion.

Eau DE PLUIE. {Aqua pluvialis.)

Elle est saturée d’air, et presque la plus pure de toutes quand on a soin delà recueillir dans des vases de grès, de faïence nu de Verre, telle qu’elle tombe de l’atmosphère, sans avoir parcouru les toits ni les gouttières, et quelques instans après que la pluie a commencé k tomber.

Eau de rivière. {Aqua fluviatilis.)

Sa nature varie en raison de celle des terrains qu’elle arrose , comme cela s’observe pour l’eau de fontaine. Celle de la Seine, au-dessus de Paris, passe pour l’une des plus pures : elle tient quelquefois en dissolution un peu de sulfate de chaux et de matière végéto-animale (2).

[Elle renferme quelquefois un peu de carbonate d’ammoniaque, lorsque la chaleur de l’été a fait beaucoup diminuer ses eaux 5 et cet effet est dû à la décomposition de quelques substances animalisées qu’on y rencontre.

Quand les eaux renferment du sulfate et du carbonate de chaux , elles ne peuvent dissoudre le savon , et sont impropres aussi à la cuisson des légumes. Ce caractère est toujours un indice de leur mauvaise qualité.]

Eau minérale. {Aqua mineralis.)

On appelle eaux minérales toutes celles qui , à la source même, sont chargées de matières capables de produire un chan-

(1) D’après M. B<'rzelius , sa copiposition est de | o.\igè°n”e^”.^ Ssllf. (a) C’est plutôt du muriate de magnésie que du sulfate de chaux.

gement quelconque pour ceux qui en fonl usage. Les eaux minérales portent des noms différens , suivant la nature et les propriétés des substances qu’elles contiennent : ainsi on les appelle alcalines, salines, sulfureuses, ferrugineuses ou

martiales, etc.

Électre. Voy. Succin.

Esprit de niïre. Voy. Acide nitrique.

Esprit de sel. Voy. Acide muriatique.

Étain. [Sta7inum.)

Métal blanc, malléable, fusible, et se convertissant, par l’action du feu, en un oxide insoluble dans l’acidé nilrique. Sa pesanteur spécifique est de 7,296.

[Ce métal se trouve dans le commerce sous plusieurs formes, suivant les pays d’où il nous arrive. Celui des Indes ou de Malacaest en petites pyramides imitant assez bien une sorte de chapeau ; ce qui lui a fait donner le nom d’étain en chapeaux. Il est très-pur, et diffère en cela de celui qui nous est envoyé d’Angleterre ou d’Allemagne , sous la forme soit de saumons , soit de baguettes. Ces derniers renferment toujours un peu de plomb, de cuivre, et quelquefois même d’arsenic.]

Fer. {Feri'uni.)

Métal d’un gris tirant sur le bleu , très-dur, très-ductile, d’un tissu fibreux, grenu ou lamelleux, suivant la manière dont il a été forgé. Il est attirable par l’aimant. Sa pesanteur spécifique est de 7,788.

Glace {Glacics.)

Eau congelée, employée en médecine, et utile dans plusieurs opérations pharmaceutiques.

Gypse. Voy. Sulfate de chaux.

Hématite. Voy. Oxide de fer rouge.

Huile de vitriol. Voy. Acide sulfwique.

Hydro-chlorate d’ammoniaque. Voy. Muriate d’ammoniaque.

Jais. Voy. Jayet.

Jayet. Jais. ( Gagates. )

Bitume solide, dur, cassant, noir, prenant par le poli un état brillant, et présentant quelquefois une texture fibreuse et organique, indice non équivoque de son origine végétale. Il donne de l’huile et de l’acide par la distillation.

KarAbÉ. Voy. Succin.

FRANÇAISE. ii

Litharge. Voy. Oxide de plomb fondu.

Magnésie BLANCHE. Voy. Carbonate [sous-) de Magnésie.

Magnésie noire. Voy. Oxide noir de Mangayièse.

Marbre. Voy. Carbonate [sous-) de chaux.

Mercure. [Hydrargyrum Mercarius.)

■ Mêlai liquide, blanc et brillant comme de l’argent , qui se solidifie à un froid de Sy degrés ( therm. cent.), entre en (’ibuilition à 35o degrés. On le purifie on le distillant à vaisseaux clos (i).

Minium. Voy. Oxide de plomb rouge.

Muriate d’ammoniaque. Sel ammoniac. Hydro-chlorale d’ammoniaque. [Marias ammoniœ. Ilydrochloras ammonice.)

Ce sel nous venait autrefois d’Egypte : aujourd’hui on le fabrique en France. Il est sous la forme de pains ronds, convexes en dessus , et concaves en dessous , ressemblant presque à de la glace. lia une saveur piquante; il est volatil et soluble dans l’eau. Si l’on verse dans la solution du nitrate d’argent, il se précipite un chlorure de ce métal , sous forme caiHebotée. Traité par les alcalis fixes, il laisse dégager de l’ammoniaque.

Muriate de soude. Chlorure de sodidm. ( Murins sodee. Chloruretum sodii.)

Ce sel, rassemblé en masses énormes, forme des mines particulières, d’où on le retire en blocs transparens, blancs, quelquefois colorés par divers oxides métalliques , et divisibles en cubes : c’est ce qu’on appelle le Sel gemme.

Il existe en outre à l’état de dissolution dans les eaux d’un grand nombre de fontaines, de lacs, et sur-tout dans celles de la mer, d’oii on le sépare , soit par l’évaporation spontanée , soit par différons procédés d’art : il porte alors les noms de Sel marin , Sel commun , Sel de cuisine.

Tout le monde connaît sa saveur franchement salée. Il se dissout dans trois fois son poids d’eau froide, et l’eau bouillante n’en dissout pas beaucoup davantage : la solution 'précipite abondamment par le nitrate d’argent , le précipité est du chlorure d’argent; elle n’est point troublée par le muriate de platine, ce qui le distingue du chlorure de potassium.

Naphthe. [Naphtha.)

Le plus pur et le plus liquide de tous les bitumes. La naphthe

(i) C’est à tort que l’on a cru que le mercure était mêlé souvent à du plomb ou à de l’étain ; la moindre quantité de ces métaux étrangers se reconnaît dans le mercure. Un centième environ lui donne une consistance plus épaisse , et , comme on le dit vulgairement, lui fait faire la queue.

la PHARMACOPÉE

est très-diffluenle , presque sans couleur et très-volalilc. Elle a une odeur pénétrante et qui n’est pas désagréable.

Nathon. Voy. Carbonate (sous-) de soude.

Nitrate DE potasse. Nitre. SeldeNitre. {Nitras potassœ. Nitrum. Sal nitrum.)

Dans quelques contrées, ce sel se trouve à la surface du sol sous forme d’efflorescence; c’est le nitre de Houssage. Il se forme dans les lieux bas et humides , habités ou fréquentés par les animaux. Chez nous, on se le procure en lessivant les vieux plâtras, et en ajoutant à la liqueur de la dissolution de potasse pour décomposer les nitrates de chaux et de magnésie qu’elle contient aussi , et augmenter la quantité du nitrate de potasse , qu’on obtient pur par des cristallisations réitérées.

[Cette opération a un but bien plus essentiel, c’est de priver le nitre de sels déliquescens qui le rendraient impropre, sur-tout, à la fabrication de la poudre à canon. Il faut un grand nombre de purifications pour arriver à priver ce sel de tous les hydrochlorates qui y sont mêlés.]

Il se présente alors sous la forme de longs prismes cannelés et plus où moins transparens. Sa saveur, piquante et fraîche, n’est point désagréable. Projeté sur des charbons ardens, il fuse, et produit une flamme brillante.

C’est par la grande quantité d’oxygène , produit de la décomposition de son acide, que celte déflagration a lieu.

[J’ajouterai que depuis quelques années on a découvert en Amérique un banc considérable de nitrate à base de soude, ou nitre cubique, que l’on est parvenu à transformer, à l’aide de moyens chimiques, en nitrate de potasse pour en former de la poudre. ]

Nitre. Voy. Nitrate de potasse.

Or. (Aurum.)

Métal jaune, brillant, très-ductile, le plus malléable de tous, moins fusible que l’argent, et inaltérable au leu. Sa pesanteur spécifique est de 19,257.

[Parmi les caractères chimiques de l’or, nous citerons les suivans : il forme, lorsqu’il est en dissolution , un précipité pourpre avec l’hydrochlorate d’étain , appelé pou7'pre de cassius , et fait aux doigts une tache violette ; le proto-sulfate de 1er le précipite à l’état métallique sous forme d’une poudre pure. ]

Orpiment. Voy. Sulfure d’ arsenic jaune.

Oxide d’antimoine sulfuré demi-vitreux. ( Oxidum stibii sulfuratum semi-vitreum.)

Il est composé d’oxide d’antimoine et de sulfure d’antimoine

FRANÇAISE. i3

en plus grande quantité qu’il n’en faut pour donner naissance ù l’oxide d’antimoine sulfuré vitreux. On l’obtient en grillant le sulfure d’antimoine , et en faisant fondre dans un creuset l’oxide sulfuré gris qui résulte de cette opération. Il forme des masses opaques, cassantes, brunes, et d’un éclat métallique.

Dans les pharmacies, on lui donne le nom de saffuti des métaux {crocus metallorum), et on le substitue à cette préparation qui est tombée en désuétude (i).

Oxide d’antimoine sulfuré vitreux. Verre d’antimoine. {Oxidum stibii sulfuratum vitreum. Fitrum antimonii. )

Verre plane, transparent, de couleur d’hyacinthe, composé d’oxide et de sulfure d’antimoine combinés ensemble. On le prépare de la même manière que le précédent, si ce n’est qu’on l’expose à un feu plus fort pour le vitrifier complètement , et qu’on ne le coule que quand il a acquis une transparence parfaite. Il forme des tablettes plates et très- brillantes. Outre l’oxide et le sulfure d’antimoine, il renferme encore de l’oxide de fer, du sulfure de fer mêlé à celui d’antimoine, et un peu de silice qui provient des creusets. La plupart des chimistes pensent même que cette silice contribue beaucoup à le rendre transparent.

[La présence de la silice a été démontrée par M. V auquelin , et Thompson a prouvé que cet oxide était une combinaison de protoxide et de sulfure, et non de soufre. En fondant des mélanges à proportions variables de protoxide et de sulfure , il a obtenu soit du verre d’antimoine, soit du foie d’antimoine , suivant que lu proportion de sulfure était plus considérable. ]

Oxide d’arsenic blanc. Arsenic blanc. Acide arsénieux.

( Oxidum arsenici album. Arsenium album. Acidum ar-

seniosum. ) • .

Cette substance , dégagée de la mine de cobalt arsenical tandis qu’on la grille, se condense dans la cheminée du fourneau. On la débite en masses opaques à leur surface, dont la cassure est transparente et comme vitreuse. Sa pesanteur est de 5,ooo selon de Boni. L’action du feu la convertit en vapeurs blanchâtres d’une odeur alliacée. Elle est peu soluble dans I eau , et la solution précipite en jaune par l’acide hydro-sulfurique.

[Lorsque , dans un liquide, cet oxide est en trop petite quantité pour être sensible au réactif dont nous parlons, on peut, en ajoutant de l’acide hydro-chlorique au liquide et concentrant ensuite , rendre alors l’effet très- visible à l’aide de l’hydrogène sulfuré. On sait que les hydro-sulfates purs n’ont aucune action sur cet oxide. Il faut toujours que, par l’addition d’un acide, on

fl) Le crocus mclallorum était le fuie ou sulfure d’antimoiue.

i4 PHARMACOPÉE

mette l’acide hydro-sulfurique en liberté, pour que le précipité jaune se manifeste. Ce précipité, traité par la potasse et chauffé dans un tube , donne des vapeurs alliacées très-sensibles. ]

Il se combine , à la manière des acides, avec quelques oxide* métalliques , ce qui lui a valu le nom A' acide arsénieux.

Oxide de calcium. Voy. Chaux,

Oxide rouge de fer. Colcothar. Pierre hématite. [Oxidum ferri rubrum, Colcothar. Lapis hœniatites.)

Autrefois on préparait le colcothar en grand j quant à la pierre hématite, c’est un assemblage de fibres agglomérées formant des concrétions qu’on retire des mines de fer, et qui, pulvérisées, présentent une couleur analogue à celle du sang. On préfère aujourd’hui employer l’oxide de fer rouge obtenu par des procédés chimiques , et dont les proportions sont exactement connues.

[ On employait aussi un oxide de fer nommé pierre d’aigle ou aétite , à laquelle on attribuait de grandes propriétés. Cet oxide renferme dans son intérieur des morceaux ovoïdes desséchés d’une substance argileuse, colorée aussi en brun jaunâtre. ]

Oxide D’iivDROGiiNE. Voy. Eau.

Oxide noir de manganèse. Magnésie noire. ( Oxidum manganesii nigruin. Magnœsia nigra. )

Substance en masses agglomérées, pesantes et cristallines, qui ont l’éclat du fer dans l’intérieur. Elle diffère du sulfure d’antimoine, en ce qu’elle ne se fond pas au feu, et qu’en l’arrosant d’acide muriatique elle laisse dégager du chlore.

[Cet oxide est très-employé aujourd’hui pour la préparation des chlorures alcalins de soude et de chaux si usités maintenant. Il faut bien s’assurer de sa nature 'et de sa pureté avant d’en faire usage. ]

Oxide de plomb fondu. Litharge. {Oxidum plumbi fusum. Lithargirum .)

Cet oxide se forme dans la coupelle pendant l’atlinage de l’argent par le plomb métallique. Il est en paillettes brillantes , d’un jaune rougeâtre, et soluble dans l’acide nitrique. On nous l’apporte de l’Angleterre et de l’Allemagne j mais celui d’Allemagne étant mêlé de fer et de cuivre, ne peut servir à toutes les opérations chimiques.

[La litharge porte dans le commerce les noms de litharge d’or on Aq litharge d’argent , suivant l’aspect jaunâtre ou blanchâtre qu’elle affecte, et qui paraît n’être que le résultat du refroidissement de ce corps. Celle d’Angleterre est bien plus estimée que celle d’Allemagne, dont l’impureté très-grande doit la faire rejeter de l’usage pharmaceutique. On reconnaît qu’elle renferme du

FRANÇAISE. i5

fer et (la cuivre en la dissolvant dans l’acide nitrique , puis précipitant le plomb à l’aide du sulfate de soude. La litharge fil-r trée, traitée par un excès d’ammoniaque, laisse précipiter le fer à l’état d’oxide ro'ige , et retient le cuivre en donnant une teinte bleue très-belle. Si la litharge contient de la brique pilée, l’acide nitrique ne l’attaque pas, et l’on peut alors distinguer facilement cette fraude.]

Oxide rouge de plomb. Minium. ( Oxidwn plumbi rubrum. Minium. )

Il est sous la forme d’une poudre pesante, et d’un rouge orangé éclatant, produite par la calcination lente et ménagée du plomb. En poussant trop le feu , l’oxigène se dégage , la matière entre en fusion , et l’on obtient de la litharge. Soumis à l’action du chalumeau , cet oxide donne du plomb métallique.

[line peut s’unir aux acides; aussi plusieurs le translbrment-ils eu peroxide brun , ou oxide pur insoluble, et en protoxide, qui seul reste combiné à l’acide; c’est ce qui a fait regarder le deutoxide comme un mélange de proto et de peroxide. ]

Oxide de zinc natif. Pierre calaminaire. {Oxidum zinci nativum. Lapis calaminaris.)

La pierre calaminaire est un composé d’oxide de zinc hydraté , de silice, et souvent aussi d’oxide de 1er, unis à du carbonate de chaux et à de l’alumine dans des proportions variables. On le trouve en masses de formes irrégulières, pesantes , blanchâtres, cendrées, ou même rougeâtres , dont la cassure est raboteuse. I! se dissout en partie dans l’acide sulfurique étendu d’eau, et la solution évaporée donne des cristaux de sulfate de zinc. Elle entrait dans la composition de quelques onguens.

Oxidule de fer magnétique. Aimant. ( Oxidulum ferri magneticum. Mag7ies, )

Cette substance s’offre en masses dures, pesantes, noirâtres, brunes on grises, présentant deux pôles opposés , l’un ])ositifet l’autre négatif, qui correspondent à ceux de l’aiguille aimantée.

Le magnétisme sert à faire reconnaître la pureté de la limaille de fer.

Pétrole. ( Petroleum, )

Bitume liquide, brun, plus ou moins consistant , d’une odeur forte. Il est volatil en partie, et facileraenf inflammable. On l’emploie dans l’art vétérinaire.

Pierre d’Arménie. [Lapis Ai^menius.)

Matière qui figifi’ait assez souvent dans les anciennes formules , mais dont on ne se sert plus aujourd’hui : l’usage n’en était pas

,6 PHARfUACOPEE

Seins danger, car elle se compose presque entièrement de carbonate de cuivre.

Pierre calaminaire. Voy. Oxide de zinc natif,

Pierre PONCE. {Pumex.)

Matière volcanique, légère, poreuse comme l’éponge, dure, âpre au toucher, et formée de filets vitreux réunis , qui , exposée à l’action du chalumeau , se convertit en un émail blanchâtre. Elle se compose de silice, d’oxide de ter et de soude réunis. On l’emploie dans la composition des poudres dentifrices.

Pierre SPÈcuLAiRE. Voy. Sulfate de chaux.

Plomb. {Plumbum.)

Métal d’un gris cendré, bleuâtre, très-malléable, mou, et dépourvu de toute élasticité. Sa pesanteur spécifique, est de 1 1,56. Il est très-fusible et oxidable par la chaleur.

[Ce métal est souvent allié à l’étain pour faciliter le Iravail de ce dernier, et la loi permet cet alliage en faisant des proportions invariables pourlemélange et suivant la qualité de l’étain. C’est ce qu’on appelle le titi'e. L’étain fin ne doit renfermer que 3/oo environ de plomb, l’étain moyen i4ou i5, et l’étain commun, au plus 22 à 24.

On s’assure de la quantité de plomb contenue dans l’étain, en le traitant par l'acide nitrique, qui forme un sel soluble avec le plomb, et un oxide blanc insoluble avec le deuxième. Celui-ci, calciné fortement , donne , par le calcul, le poids du métal , et le nitrate de. plomb , décomposé par le sulfate de soude ou de potasse, fournit un poids de sulfate de plomb, qui, séché, représente la quantité de plomb. A l’aide de cette opération, ou peut s’assurer si des vases d’étain sont au titre voulu, et si l’on n’a pas été trompé. Les vérificateurs arrivent au même résultat, à l’aide de la pesanteur spécifique de l’alliage, mais ce mode est moins exact que l’autre.]

'Potasse du commerce. Voy. Carbonate {sous-) dépotasse.

Régule d’antimoine. Voy. Antimoine.

Safran des métaux. Voy. Oxide d’antimoine sulfuré demi-vitreux.

Salpêtre. Voy. Nitrate de potasse.

Savon DU commerce. {Sapo communis.)

Le savon du commerce s’obtient fort en grand par la combinaison de l’huile avec les alcalis. Deux espèces servent en médecine :

1°. Le savon blanc de Marseille {Sapo albus Massiliensis), formé

de soude et d’huile d’olive- Il est blanc, onctueux, et entièrement soluble dans l’eau pure (1).

2°. Le savon vert ou noirâtre (^Sapo viridis ^ nigrescens) , préparé avec la potasse et les huiles qu’on tire, dans le nord de la France, des graines de rabette et de colza, ou de cbenevis. On le fabrique aus.si, dans les provinces méridionales, avec la lie de l’huile d’olive. II est d’un vert foncé, mou comme un onguent, et très-chargé d’alcali.

Sel ammoniac. ) f, i,r • „

> Voy. Murtate a ammoniaque.

Sel armoniac. )

Sel cathartique amer. Voy. Sulfate de magnésie.

Sel de cuisine. Voy. Muriate de soude.

Sel d’epsom. Voy. Sulfate de magnésie.

Sel gemme. Voy. Muriate de soude.

Sel de Glauber. Voy. Sulfate de soude.

Sel marin. Voy. Muriate de soude.

Sel de Saturne. Voy. Acétate de plomb cristallisé.

Sel de ^edlitz. Voy. Sulfate de magnésie.

Sel de Tartre. Voy. Carbonate [sous-) de potasse.

Sélènite. Voy. Sulfate de chaux.

Soude du commerce. Voy. Carbonate [sous-) de soude.

Soufre. [Suifur. Sulphur.)

Substance simple, solide, d’un jaune clair, cassante, inflammable, qui acquiert par le frottement l’électricité résineuse. Il est éminemment fusible et volatil, et pèse 1,99, brûle avec une flamme bleue, en produisant de l’acide sulfureux, qui irrite les organes respiratoires et peut déterminer la suffocation.

On trouve le soufre natif en masses de cristaux accumulés sans ordre, et tantôt purs, tantôt mêlés de substances hétérogènes. Dans cet état, on le nomme soufre vif [suifur vivurn). Pour le purifier, on le fond et on le sublime, puis on l’envoie dans le commerce sous la forme, de cylindres . appelés Soufre en canons , on en très-petites paillettes qui constituent les fleurs de soufie [flores sulfuris). Ces fleurs, qui sont chargées d’acide sulfurique.

(1) Il existe dans le commerce deux sortes de savon.s de soude ; le .ïaron

blanc, qui contient rJ5 pour loo d’eau , et le .sncon marbré, plus alcalin ,qui n eu renferme que 3o pour loo. La marbrure est duc à un savon insoluble alumino -ferrugineux.

i8 PHARMACOPÉE

attirent l’humidité de l’air. Il faut les laver avec soin pour les débarrasser de cet acide.

Spath pesant. Voy. Sulfate de bavyte.

SucciN. Rarabé. Ambre Jaune. i^Succinum. Karabe. Elec-

trum.) . , .

Bitume solide, dur, cassant, la plupart du temps transparent, auelquefois opaque , d’ua jaune presque toujours pur, mais plus ou moins foncé ; électrique par le frottement , fusible et inflammable. Il donne de l’acide succinique par la distillation.

rCe dernier produit peut servir à le faire distinguer de la résine copal jaune, qui a une grande ressemblance avec lui.]

Sucre de Saturne. Voy. Acétate de plomb cristallisé. Sulfate acide d’alumine et de potasse. Alun. [Sulfas

acidus aluminœ et potasscB. Alumen.) . , ^ ,

Ce sel, qui existe à l’état natif, et qu on fait aussi de toutes nièces est composé d’acide sullurique uni tout-à-la-fois à del alumine et à de la potasse. Il cristallise en masses transparentes, ressemblant à du verre ou à de la glace, et dont la surface pre sente les faces et les angles de cristaux octaédriques. Il a une saveur styptique, se dissout dans l’eau, et la liqueur donne, parla potasse ou l’ammoniaque, un précipité d’alumine qu on redissout en ajoutant un excès de potasse. „ , , ,,

rOn trouve aussi dans le commerce un sulfate à base d amrnoniaque , qui provient de l’opération où le carbonate d ammoniaque a été décomposé par le sulfate de chaux. Ce sel n est pas en pains comme le sel ammoniac, il est en petits cristaux ecailleux, Llubles, qui perdent à la longue une partie de 1 ammoniaque , et deviennent acides comme tous les sels ammoniacaux.

V Alan de Rome, coloré en rose par de 1 oxide de fer, était le plus recherché autrefois : aujourd’hui on estime autant celui de France, qui est souvent à base d’ammoniaque, au lieu de

nL^véritable alun de Rome se préparait avec une sorte de roche compacte , que l’on trouve à la Tolfa , et qui est composée

d’alumine,d’acide sulfurique, de potasse, plus, de silice et d oxide

de fer. Quoique l’acidé fût saturé par les deux bases , il était necessaire d’employer la calcination pour obtenir, par le lavage , les cristaux d’alun. Il paraît qu’à l’aide de la chaleur, une partie de l’alumine se combinait avec le silice. L oxide de fer passait à l’état de peroxide, devenait insoluble ou tres-peu soluble dans î’acide : aussi cet alun était-il plus estimé pour la teinture a cause

de l’absence de ce métal.

On retirait encore l’alun en traitant , par l acide sulfurique , le résidu de la distillation de l’acide nitrique, préparé avec le mtre et l’argile, lessivant et faisant cristalliser.]

FRANÇAISE. ,t>

Sulfate de baryte. Spath pesant. (Sulfas barytœ.)

Sel insoluble dans l’eau , en cristaux gris et transparens , ou en masses diaphanes, offrant des reflets brillans. Sa pesanteur spécifique est de 4?298 à4,47i' Lorsqu’il est jeté sur lescharbons, sa surface ne s’eflleurit point. On en retire la baryte, avec laquelle on prépare différons sels que la médecine moderne a utilisés ( j).

, Sulfate de chaux. [Sulfas calcis.)

Ce sel, presque insoluble dans l’eau, abonde dans la nature, où on le trouve tantôt en cristaux transparens, formés de lames superposées, et connus sous le nom de Pierre spéculaire [lapis specularis), ou de Sélénitc [selenita), tantôt en masses opaques, plus ou moins mêlées de substances étrangères, et constituant ce qu’on appelle le gypse [gypsum). Sa pesanteur spécifique est de 2,264 2,.'5i2. Il se réduit en poussière quand on le jette

sur des charbons ardens.

[ Les cristaux transparens de sulfate calcaire, en perdant leur eau de cristallisation, deviennent opaques et s’exfolient. C’est sur cette propriété de^taisser dégager cette humidité qu’est fondée la fabrication du plâtre, qui ne se solidifie qu’à l’aide de l’eau dont il s’empare , et avec laquelle il forme une véritable combinaison.]

Sulfate de cuivre. Vitriol bleu. ( Sulfas cupri. Fitriolum cœruleum.)

Ce sel est en cristaux bleus, d’une saveur un peu âcre et fort désagréable. Il se dissout dans Teau, et précipite en brun marron par le prussiate de potasse. L’ammoniaque fait naître également dans sa solution aqueuse, un précipité qui se redissout dans un excès d’alcali, et prend une couleur bleue céleste vive. Une lame de fer plongée dans cette solution , s’y couvre d’une couche légère et brillante de cuivre métallique.

Sulfate de fer. Vitriol vert." [Sulfas ferri. Fitriolum viride.^

Cette substance saline se présente sous la forme de cristaux d’un vert d’émeraüde, d’une saveur douceâtre et astringente, et soluble dans l’eau. Sa dissolution donne un précipité gris , qui passe bientôt au noir (2), par les alcalis ; les prussiates alcalins le précipitent en bleu , et l’infusion de noix de Galle, à l’air libre, y fait naître un précipité d’un bleu noirâtre.

Presque toujours le sulfate de fer est mêlé de sulfate de cuivre;

(1) M. Barruel [ Annales rf<3 Chimie et de Physique, tosn. III , pag. 219 ) a trouvé une certaine quantité de sulfate de strontiane unie à Fautre sel.

(2) Les alcalis ne donnent pas un précipité gris, mais dâin blanc verdâtre, qui passe du vert foncé au rouge terne par l’action continuée de l’oxigène de l’air.

on l’en débarrasse en laissant macérer pendant quelque temp de la limaille de fer dans sa dissolution , qu’on fait ensuite cristalliser.

Sulfate de magnésie. Sel d’Epsom , de Sedlitz* Sel cathartique amer. {Sulfas magnesiœ. Sal Epshamense, ou f\aiol Ebshatnense. Sal sedlitzense.Sdl catarthicumamare.)

On le retire de quelques eaux minérales par l’évaporation. Il est blanc, en petits cristaux, amer et très-soluble dans l’eau. Les soüs-carbonates alcalins font naître un précipité blanc et pulvérulent dans sa dissolution.

[Pour s’assurer s’il ne contient pas une certaine quantité de sulfate de soude, M. Guibourt a proposé de précipiter la dissolution par du carbonate d’ammoniaque récemment préparé, ou à l’état neutre, de fdtrer, et de faire évaporer très-fortement. Par l’effet de la calcination , le sulfate et le carbonate d’ammoniaque sont volatilisés, et le sulfate de soude reste.

On sc sert aussi, en chimie, du sulfate de strontiane, qui se trouve surtout à Ménilmontant , près Paris, et qui se présente en sorte de tables mamelonnées amorphes, d’un gris jaunâtre, d’une pesanteur spécifique égale à 5, g. 11 est à peine soluble dans l’eau ; sa base unie à l’acide hydro-chlorique ou nitrique donne une belle couleur pourpre à la flamme de l’alcohol. ]

Sulfaté de soude. Sel de Glauber. { Sulfas sodœ. Sal Glauberi. )

On l’extrait dès sources et des fontaines salées de la Lorraine , et on le fabrique aussi dans plusieurs manufactu*res. Ordinairement il est en petits cristaux, qui ressemblent à ceux du sulfate de magnésie, mais il est moins amerj il laisse un sentiment dû fraîcheur sur la langue, et ne précipite pas par les sous -carbonates alcalins. , , , , . , •

[ Dans la préparation de l’acide hydro-chlorique, on obtient ce Ll pour résidu, et on le fabrique aujourd’hui en grand pour former ensuite la soude factice, qui se prépare au moyen de la calcination du sulfate de soude , avec la craie et le charbon. Dans les usines où l’on retire le sulfate de soude par l’évaporation des eaux salées , on obtient vers la fin de l’opération une combinaison de sulfate de chaux et de sulfate de soude, nommée shelot, qui se précipite, et de laquelle l’eau bouillante peut séparer le dernier suDate. ]

Sulfate de zinc. Vitriol blanc. {Sulfas zincL Fitriolum album.)

On obtient ce sel en grillant le sulfure de zinc, le lessivaut ensuite, et soumettant la liqueur à l’évaporation. Il se prend eu masses prismatiques, blanches , et composées de cristaux irrégulièrement groupés, comme dans le sucre. Il contient toujours

FRANÇAISE. ai

yne certaine quantité de sulfate de fer, qui lui fait prendre une teinte de rouille par le contact de l’air. L’eau le dissout facilement. Il a une saveur acerbe et styptique; il donne par l’ammoniaque un précipité blanc et pulvérulent, qui se redissout dans un excès d’alcali (i).

Sucre de saturne. Voy. Acétate de plomb.

' Sulfure d’antimoine. {Sulfuretum antimonii. Antimonium crudum. )

On le tire des mines, et on le purifie par la fusion. Il est eu masses formées d’aiguilles parallèles, d’un brillant métallique, et d’un gris bleuâtre. Sa pesanteur spécifique est de 4) *55 à Il entre en fusion quand on l’approche de la flamme

d’une bougie. Lorsqu’on le jette sur des charbons ardens, il exhale l’odeur de l’acide sulfureux, et celle de d’acide hydrosulfurique quand on l’arrose d’acide muriatique.

Sulfure d’arsenic jaune. Orpiment. ( Sulfuretum arsenici luteum. Auripigmentum. )

Substance solide , jaune, présentant un assemblage de lamelles flexibles, quelquefois cependant, compacte et cassante : elle brûle en répandant une odeur d’ail et des vapeurs d’acide sulfureux.

[IM. Guibourt a fait voir que ce sulfure ne doit la majeure partie de son action délétère qu’à une certaine quantité d’oxide d’arsenic qui s’y trouve uni (2). Ou emploie peu le sulfure rouge ou réalgar, qui, d’après M. Laugier, renferme moins de soufre que le précédent : il est également très-volatil. ]

Sulfure de mercure rouge. Cinnahre. ( Sulfuretum hydrargyri rubrum. Cinnabari, Cinnabaris.)

On trouve ce sulfure à l’état natif, et c’est de lui qu’on retire le, mercure. Celui qu’on rencontre dans le commerce s’obtient par la combinaison artificielle du soufre et du mercure. Il est sous forme de pains composés d’aiguilles d’un gris violacé, ayant un état métallique , et prenant une belle teinte rouge par le Irottement contre un corps dur pu par la pulvérisation. Sa pesanteur spécifique est de 10,218. Jeté sur des charbons ardens, il se réduit en vapeurs, qui, en rencontrant un corps froid, se condensent en partie à sa surface en globules de mercure métallique.

[ Si 1 on donnait , au lieu de cinnabre pulvérisé , du minium , il serait facile de le reconnaître; celui-ci , traité par le fer ou la

(1) Par des lames de zinc on peut le priver du fer qu’il contient.

(2) Journal de Chimie Médicale, tom. II, pag. i55.

chaux, et chauffé , ne fournirait pas de mercure volatilisé. Dé plus, à l’aide de l’acide nitrique, on en retirerait un oxide de plomb insoluble et un sel soluble précipitant en blanc par la potasse, en jaune par le chromate de cette base, etc.

Terre SIGILLÉE. Voy. Argile ochreusc pâle.

Tethie. ( Tuthia, )

Mélange d’oxide de zinc et de zinc à l’état métallique, qu’on trouve adhérent aux cheminées des fourneaux dans lesquels on fond le minerai de ce métal pour le convertir en laiton. Cette substance contient en outre de la terre, et quelquefois un peu d’oxide de cuivre. Elle forme des croûtes, formant, du côté qui n’était point adhérent aux parois de la cheminée, des mamelons arrondis, d’une couleur grise plus ou moins foncée.

Vern-de-gris. Voy. Acétate de cuivre brut.

Verdet. Voy. Acétate de cuivre cristallisé.

Verre d’antimoine. Voy. Oxide d’antimoine sulfuré vitreux.

Vif ARGENT. Voy. Mercure.

Vitriol blanc. Voy. Sulfate de zinc.

Vitriol bleu. Voy. Sulfate de cuivre.

Vitriol vert. Voy. Sulfate de fer.

Zinc. ( Zincum. )

Métal d’un blanc bleuâtre, malléable et pesant 7,190. Il est facile à entrer en fusiôn , brûle avec flamme dès qu’il est rouge , et donne, avec les acides étendus d’eau, des solutions incolores.

[C’est dans ce métal et dans ses oxides qu’on a trouvé une autre substance métallique qui lui ressemble, nommée cadmium. Cette substance est encore peu connue , à cause des petites quantités qu’on en a obtenues; cependantelle a été assez bien caractérisée pour qu’il soit facile de la reconnaître. ( V oy. Journal de Pharmacie, tom. V, pag. 364- ) C’est à M. Stromeyer que l’on en attribue la découverte.]

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