Tiges d’ Angélique confites
Comme on se sert souvent des tiges d’angélique et d’ache , aussi bien que des écorces d’orange et de citron, pour aromatiser les médieamens, nous avons jugé qu’il serait à propos de les préparer dans les pharmacies pour l’usage de la médecine, bien qu’elles soient le plus ordinairement faites parle confiseur.
Ghosissez des tiges d’angélique bien tendres , dépouillez-les
de leur épiderme , et coupez-les en morceaux de trois ou quatre
pouces de longueur. . . j
Faites-les blanchir dans sufiisanle quantité d eau , afin de
rendre leur saveur moins forte.
Retirez-les ensuite , et laissez-les egoutter sur un tamis. Pendant ce temps, faites un sirop de sucre pur, cuit jusqu’à ce qu’il ait acquis 56 degrés de densité ; plongez-y les tiges , et faites-les bouillir jusqu’à ce qu’elles aient perdu toute leur humidité , ce dont vous jugerez par le degré de solidité qu’elles auront acquis. Enlevez-les alors avec une écumoire, disposezles sur une claie de bois ou de fer, pour qu’elles égouttent, et faites-les sécher à l’étuve jusqu’à ce qu’elles deviennent cas-
santes. n
On conserve de la même maniéré les tiges dache, les Heurs d’oranger, les écorces et le zeste d’orange et de citron; mais toujours on prépare les tiges d’ache entières, tandis qu’il vaut mieux couper par morceaux celles d’angélique et les écorces avant de les confire.
Chocolat de Santé.
Très-souvent la cupidité porte les marchands à falsifier le chocolat , soit en y ajoutant des substances étrangères qui lui donnent plus de poids, soit en se servant de cacaos de mauvaise qualité, de manière qu’il peut nuire beaucoup aux personnes à qui on le prescrit comme objet de régime. Nous avons donc pense qu il était utile de mettre le procédé qu’on doit suivre pour le préparer , au nombre des forjmjjçg q'jj 0 nous proposons aux pharmaciens. Si le médecin trouve à propos d y ajouter quelque substance propre a lui donner des qualités diététiques ou médicamenteuses particulières , cette addition devra toujours etre faite en vertu d’une ordonnance spéciale , et non secrètement , sans réserve ni distinction de cas , ainsi qu’on en a la coutume.
Prenez : Semences de cacao caraque brûlées et dépouillées de leurs tègumens et de leurs radicules. . « . 1,^58
Semences de cacao des îles , préparées de la même
manière 3,ooo
Sucre blanc 5,ooo
Ecorce de canelle en poudre 4®
Pilez les semences des deux cacao-s dans un mortier de fer , préalablement échauffé , avec le quart du sucre : dès que le tout sera bien incorporé, broyez la masse par parties, avec un rouleau de fer, sur une pierre bien polie, appropriée à cet usage.
et assez échauffée pour que la matière, ramollie par la chaleur , se laisse écraser plus facilement et plus complètement. Dés qu’elle sera parvenue au degré de finesse convenable, ajoutez la canelle et ce qui reste de sucre 5 puis broyez encore pendant un demi-quart d’heure j enfin distribuez la masse dans des moules de fèr blanc, où elle prendra la solidité requise en séchant.
Obs. Suivant que le cacao a été plus ou moins torréfié , c’està-dire , suivant qu’il a été grillé à la manière des Italiens ou à celle des Espagnols , il contracte une amertume plus ou moins forte , qui apporte une plus ou moins grande quantité de l’huile qui lui est propre dans le chocolat. En effet, par la torréfaction, de rouge foncé qu’il était, il devientbrunoumême noirâtre; dans le même temps il acquiert une amertume qui n’est pas sans arôme , et qui ne déplaît point au goût. Ainsi , selon que le chocolat sera préparé à la manière italienne ou à la manière espagnole, il sera aussi ou tonique ou simplement analeptique. Le médecin doit tenir compte de ces particularités pour les appliquer aux circonstances.