LIVRE I. TITRE II
d*uii maître absolu, ils apportaient trop souvent dans Vexerdoe de leur char^, une sorte de brutalité despotique et tyrannîqne les mœurs des préposés secondaires des douanes, chaînés de la visite, semblent s'être modelées sar celles des agents fiscaux des hauts barons du moyen âge , et se sont bien peu améliorées depuis cette époque, il faut le reconnaître. Presque partout, les coUs sont ouverts sans soin , les marchandises sont rétablies sans précaution dans leur emballage primitif, et les bagages eux-mêmes des voyageurs deviennent Vobjet et l'occasion de mille difficultés ! .... toutes choses que les gouvernements auraient intérêt à faire disparaître.
Et quel triste abus do l'autorité quo cet usage introduit officiellement dans quelques ports, de soumettre la personne elle-w«^me du voyageur à une inspection matérielle de la part des douaniers, d'infliger les mêmes stigmates à des femmes obligées de subir l'ignoble investigation de femmes douanières préposées à cette indécente visite corporeUe, usage immonde, indigne d*une nation civilisée, dégradante pour la dignité de l'individu, et qu*on ne saurait trop flétrir et dénoncer trop haut à l'opinion publique et aux administrateurs qui ne soupçonnent pas tout le dommage réel et moral que portent au pays cet odieux système de surveillance, et cette application mesquine aux bagages des voyageurs, des règlements et droits relatifs aux marchandises ; un grand nombre de voyageurs hésitent à franchir une frontière où ils se savent exposés à des formalités aussi nombreuses et aussi peu dignes, à des exigences aussi singulières, à une visite minutieuse qui sWfectue sans précaution ni égards, à l'arbitraire brutal d'employés secondaires dont le zèle est excité par le désir cl par le besoin d'obtenir des confiscations qui doivent \mv valoir une part de prise.