‹ Phases et causes célèbres du droit maritime des nationsChapitre 29 sur 103 · LIVRE 1. TITRE il · texte numérisé non relu

LIVRE 1. TITRE il

Il peut aussi donner ouverluro à une accusation de baratierie de 1m l'art du capitaine.

Lorsque c'est sur les côtes de la patrie qu'un bàiiuient a été jeté et l)risé par la tempête, son naufrage a eu lieu (selon l'expression de M. O. de la Landelle, dans ses Études ynari- Hmes)-)), «dans les conditions les plus simples, et je dirai même, «ajoute Técrivain , les plus favorables, avec les concours dé- «youé des populations riveraines et un asile certain en cas de «salut; un seul péril a été à craindre: la mer seule menaçait «le marin...........

«An moi de naufrage continue M. de la Landelle, «mille «exemples plus dramatiques se présentent à la pensée. C'est tanlM « le naufrage sur des cétes inhospitalières ou ennemies (voir Livre U, «cbap. XII, §§4, 5, 7, 8), sous les yeux de tribus sauvages bran» «dissent le casse^téte et apprêtant un bûcher cannibale; tantôt «sur un banc de sable, et suivi du radeau, misérable refuge où «la famine et la révolte ajouteront leurs horreurs aux horreurs «de la détresse maritime; tantôt, enfin, avec une compliciition de «circonstances tellement extraordinaires, que les nuuiiis même se

«refusent à y croire Les naufrages dans les glaces, sous des

«trombes, sous le feu de l'ennemi pendant le combat; les nau- «frages causés par des raz de marée soudains qui partaient quel- « quefois lo navire en deux ou trois tronçons ; les naufrages occa- «sionnés par l'explosion d'une chaudière à vapeur, par un incendie, «par une voie d'eau, après avoir lutté corps à corps avec les «pompes, les puisards et toutes les ressources qu'inspire la né> «cessité ; les naufrages prévus pendant toute la durée d'un coup «de vent qui bat en céte, après huit jours et davantage de ma- «nœuvres et d'émotions continuelles, à bord du navire qui gagne «dès que mollit la mer ou que la marée se renverse, et qui perd «tout à coup lorsque les courants ou la tempête reprennent leur « fatale furie ; les nauflrages de flottes entières chassant sur leurs «ancres {voir Livre II, titre m, § 24), tirant' le canon d'alarme, «arborant à mi-mftt les pavOlons éclairés par des feux de posi- «tion, alors que les navires se heurtent en dérivant et se fra- 0 cassant les uns les autres ; les naufrages par l'ouragan des «Antilles, la tornade du Sénégal, ou le typhon indien, ofTrent

«des scènes bien autrement saisissantes ; jetez à bord des

«femmes, des enfants, des familles éplorées, des passagers ter- '( rifiés embarrassant la manœuvre , des troupes indisciplinées, «combattant les efforts do l'équipage, des prisonniers prompts «à rompre leurs chaînes, des oonvicts, des forçats, des nègres

«esclaves, les scènes touchantes, héroïques, horribles, hi-

c( lieuses se multiplieront : le drame atteindra ses dernières li- « mites. »

Nous emprunterons encore le passage suivant à M. G. de ïa

Landelle, parcequ'une partie de ce quii dit, en ce qui concerne

la témérité que doit savoir montrer, en certaines circonstances,

tout commandant de navire, est applicable à la marine commerciale :

Cl Ën marine, oo attaclie avec raison une idée de bravoure à un « système de navigation qui n'alloDge pas la proximité des terres. »

«Le capitaine qui veut rentrer au port doit forcément se rap- «procfaer des côtes» Si, obaquesoir, après avoir reconnu les feux «du rivage, il reprend la pleine mer, de crainte de naufrager, et «que, chaque matin, il s'en revienne vers la terre, au risque de «recommencer dix fois la même manœuvre, son excès de pru- «dence lui vaut cent épithètes énergiques, mal rendue par les «mots Umide et môme poUron.Tb

«S'il agit de doubler un promontoire, et qu'au lieu de le con- «tourner de près, on fasse uu Jung circuit; si dans une baie, au a lieu de se diriger sans hésitations et sans craintes parmi les naa vires à l'ancre, on évite d'en passer à une petite distance, on «est exposé aux mômes termes de dédain.»

«On n'est estimé bon navigateur et bon manœuvrier que si, «réunissant l'audace au coup d'œil, on sait ranger à l'honnetiv les «terres, les écueils, les bancs de glace, les navires. Et en réalité, a la hardiesse est une des conditions essentielles de l'habileté ; la «témérité seule est condamnable; mais où finit la hardiesse, où « commence la témérité ? »

« La tâche des conseils de guerre appelés h juger le capitaine, «après le naufrage, est toujours fort ardue. Condamner Paccusé «serait souvent donner un encouragement aux plus déplorables «excès de timidité, aux navigations lentes, maladroites, moUes et «lâches, pour tout dire. La marine militaire où prévaudrait ce «mode de service, serait la dernière des marines. Que feraient a donc (levant l'ennemi les capitaines de ses vaisseaux ? Quant « à la marine iiiarchando qui en userait ainsi , sans cesse devancée «sur les marchés loint.iins, ayant augmenté par la longueur des «traversées, tous les Irais de transport, elle ne pourrait soutenir «la concurrence étrangère et ruinerait ses armateurs.»

Quelle que soit la cause du naufrage ou de l'échouement, raz de marée soudains, explosion de chaudière, incendie, voie d'eau, coup de vent que bat en oéte, ou témérité du capitaine, celui-ci

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