UVRE 11. CHAPITRE U
d mtroJuire , en cinq années, 25,000 nègres dans les colonies
espai^noles.
En 1 702 , le privilège qu'ovaient exploité les Portugais peudant six ans, fui accordé aux français; mais ceux-ci manquant d'établifisements sur la cAte occidentale d'Afrique, ne poreot remplir leurs engagements. A la pni\ d'Uirecht, ea 4743, une oompaj^îe anglaise fut chargée , conformément aux clauses da contrat connu sous le nom de VAimnlo, de faire arriver cfaaqne année, pendant trente ans, 4,800 Africains dans les établissements espagnols ; eBe paya an gouvernement du roi Philippe V 180 francs par téte d'esclave introduit dans les limites de Pimportation annuelle stipulée par le contrat, et seulement la moitié de cette somme pour chacun des esclaves noirs importé au-delà de 4,800. La guerre de #739 (dont nous parlerons dans la section suivante, sous d)^) suspendit (iiotnenlanémenl le privilège de la compagnie du Sud. A[)it s la pacification do <748, dont le traité fut signé à Aix-la-Cbapelle, la compagnie reprit ses droits, qu'elle céda à un négociant de Londres, nommé Rohprt Mayne.
En i765, une sociélé composée de maisons de commerce espagnoles, françaises et génoises, établies à Cadix, fut chargée de pourvoir les colonies espagnoles d'esclaves noirs.
Chacune des nations maritimes européennes trouva d'ailleurs, parmi ses armateurs, des maisons qui se livrèrent à la traite^ des noêrs ; ce trafic se fit avec dureté , souvent même avec inhumanité, de la part d*un grand nombre de capitaines négriers qui ne laissaient pas le moindre espace dont ils pouvaient disposer dans les bâtiments, sans y entasser les malheureux qu^ils avaient chargés sur les cétes occidentales de l'Afrique. Arrivés aux colonies, ces infortunés enlevés à leur iKtys, quelques-uns vendus et livrés par leur propre famille, étaient traités, sur un grand nombre de plantations, par les commoiM^r^ ; avec tout autant d'inhumamté qu'en avait montrée, pendant le voyage, le capitaine négrier; du moins, sur terre si leurs travaux étaient pénibles, si le fouet d'un commandeur brutal les frappait, ils Vivaient l'air et l'espace, et beaucoup parmi eux avaient le lionheur d'être achetés par des colons qui savaient être bons et justes h leur égard.
Des actes nombreux de barbarie accomplis sur îa personne des esclaves noirs , l'abandon dans lequel beaucoup de colons ont laissé vivre leurs nègres, sans jamais leur faire donner aucune instruction religieuse, sans chercher à améliorer leurs mœurs, etc.
') roif' également, à roccaston de la guerre de 1199, le diap. XI, | 4.
GOLONIËS.
furent autant de circonstances regrettables, queIquos-un(?s même odieuses, qui développèrent en leur faveur, dans le cœur de quelques hommes généreux, des sentiments de pbilantropie, ei leur créèrent bientôt, en Europe, des protecteurs, lesquels récla-< mèrent non pas. uniquement radoucissement du sort des nôgreSi mais ^abolition complète de la traite et de l'esclavage.
Le gouvernement anglais lui-même, et malgré Topposition qu'il éprouva dans le parlement de la part de personnages considérables, prêta son appui à ces sentiments généreux, à ces demandes de l'abolition d'esclavage : il comprit d'ailleurs que la cessation de l'importation de nègres dans les colonies était de nature à miner et à faire tomber les établissements coloniaux des Européens dans les Antilles, et notamment les* colonies espagnoles et françaises, Cuba, Porio-Rico , la Martinique, la Guadeloupe, etc., rivales de celles, bien moins importantes dans leur iiisemble, que TAngleterre possède dans cette partie du globe ^} ; avec les colonies immenses de l'Angleterre dans les Indes orientales, dans l'Océanie, etc. ^ en se couvrant du maiite.iu de la philantropie et en se faisant un mérite des sentiments de générosité et d'immaniie qu'elle invoquait auprès des cabinets en Europe el en Amérique , il lui était facile de se condamner à voir diminuer la prospérité do ses lies dans la mer des Antilles , pourvu qu*en môme temps la France , TËspagne , les Pays-Bas y victimes de leur facilité à imiter la Grande-Bretagne, vissent en peu de temps arriver la décadence de leurs colonies d'Amérique. La Grande-Bretagne ne devait-elle pas, en outre , et comme Tun des moyens d'arriver plus promptemeni à l'extinction de la traite, obtenir des Puissances signataires des traités dont elle provoquerait la conclusion, l'avantage de pouvoir exercer, à l'aide de sa puissante et nombreuse marine militaire, un droit de poUce et de contrôle sur la mer? Or, combien de fols n'a-i-on pas abusé du droit de visite établi en vue de la suppression de la traitai
L'extinction de la traite des noirs, Tabolition de l'esclavage adoptée comme principe par les gouvernements chrétiens, méritent sans doute les éloges des pliilaiiUopcii cL des amis de Thumanité ; mais la précipitation avec laquelle le gouvernement français a mis en pratique sans relard, en 1848, l'affranchissemenl imnédiat des noirs, ne fait pas honneur à la prudence ni à Pesprit
>) Les colonies de la mer des Antilles »pparionanl & l'Espagiitt, à la France, aux Pays-Bas , à la Suéde el âu Danemarck , présentent :
une population de .... 1^,000 âmes et une superficie de SioOtS milles Q ; les Animes anglaisea ont 806,^ *»> » »08l»a
LtYRE II. CHAPITRE II.
de sagesse des hommes qui , à cette époque , s'étaient emparés de la direction des affaires publiques et ont signé le décret d'émancipation. Il n'a fallu qu*7/n trait de plume à ces profonds admi- Distrateurs pour transformer, sans aucune transition, des esclaves en citoyens jouissant de tous les droits politiques. Ce trait de plume rivalise avec le fiai lux !
L'abolition de la traite des noirs fera le sujet du ohap. XXXI.
d) Origine de la guerre de 4759 entre l' Espagne et la Grande- Bretagne, guerre dans laquelle la France se trouva entrainée en 4744.
Los colonies fondées en Amériquo par les États européens,^ furent reconnues (mais inexactement déterminées dans leurs limites), par les traités signés à Ulrecht, en 1713.
Pendant trente années , aucun de ces États ne fut Woublé dans la jouissanoe paisible de ses territoires coloniaux.
Nous avons vu dans l'article, qui précède, que les Anglais avaient obtena, en 4713, rAmento qui les autorisait, msyeDnaiK le paiement au trésor d*Espagne de 480 francs, ou 33 piastres, par téte de nègro, à introduire chaque année et pendant trente ans, dans les colonies espagnoles en Amérique, 4,800 esclaves noirs des côtes d'Afrique. La compagnie anglaise qui exo^it ce privilège fut autorisée par faveur spéciale de Fannée 4747, à pouvoir envoyer chaque année au Mexique, un bâtiment de 850 ton^ neaux ; la compagnie abusa de cette permission pour établir une contrebande incessante qui portait un immense préjudice au fisc espagnol, ainsi qu'an commerce légal et régulier des autres nations dans le golfe de Mexique. Le ministère britanmque fut prévenu et ne tint aucun compte des plaintes exprimées par l'Espagne. Le gouvernement espagnol ordonna, en conséquence, à ses gardescétes de réprimer par la force la contrebande qui se pratiquait à l'abri du monopole négrier qu'exerçait la compagnie anglaise de VAssientO» Des confiscations de navires et de marchandises, quelques cruautés même, a-t-on n jouté, dont plusieurs sujets britanniques furent victimes , de la part des autorités espagnoles , suivirent l'ordre venu de Madrid pour la répression du commerce interlope. Les Anglais se plaignirent à leur tour, et le cabinet de TEscurial, que le Cabinet de St.-James n'avait point écouté dans le principe, ne se montra pas disposé à faire droit aux plaintes de celui-ci ; il lui répondit qu'au gouvemeinent aiii^lais appartenait de [netlre fin aux mesures prises par les autorités espa^oles, eu dounant
COLONIES
des ordres sévères à ses sujets de la compagnie de VAstienh el aolres, de cesser toute contrebande.
Les esprits s'aigrirent, quelques hostilités instantanées et nonprévoes eurent môme lieu sur mer entre les bâtiments anglais et des bâtiments espagnols; et le gouv et iieuicnt espagnol metlaoL eu avant les nécessités du coiauierce de ses propres sujets, en vint à refuser aux Anglais la permission de continuer à couper du bois dans la baie de Campècbe.
La France intervint d'office, en 4738, comme médiatrice ; la guerre prête à éclater entre la couronne britannique et Philippe V fut arrêtée; un traité conclu, le 14 janvier 1739 au Pardo, semblait devoir applanir, de part et d'autre , tous les griefs ; il fut convenu que TËspagne paierait une indemnité de 95,000 livres Sterling (2,375,000 francs), pour les prises maritimes induement faites paries autorités espagnols, à la condition, et certes les prétentions du cabinet de Madrid étaient do toute justice, que les Anglais s'abstiendraient de tout commerce interlope ; le gouver* nement espagnol se réservait d'ailleurs le droit dé suspendre f ilssietUo dans le cas où la compagnie anglaise ne verserait pas au trésor royal les 68,000 livres Sterling (1,700,000 francs), qu'elle lui devait
Après de violents débats dans le parlement britannique, le traité du Pardo Ait adopté ; mais le gouvernement du roi Georges II ne Texécuta pas, et fit même croiser une forte escadre sur les
côtes d'I]spagnc.
De son côte, le gouvernement du roi Piiilippe V ne paya point Pindemnité consentie.
Le commerce de contrebande avec l'Amérique recommença de la part des Anglais ; les autorités espagnoles firent arrêter les bâtiments anglais qui s'y livraient ; le roi d'Angleterre délivra des lettres de marque à ses sujets ; l'Espagne se vit dans la nécessité de suivre également cette déplorable voie do guerre.
La guerre fut déclarée.
Mais avant que les hostilités eùssent officiellement commencé (a fortiori pendant la durée de la guerre 1), il se commit des actes de brigandage et de cruauté inouïs de la part des corsaires anglais, déplorable résultat de l'usage des lettres de marque, ce diplôme de forban légal, au moyen duqpiel tout armateur, sous lo - prétexte de servir la patrie, ne sert que ses intérêts particuliers, et peut impunément s'abandonner à ses instincts cupides 1 Ces actes de brigandage et de cruauté ont été tels que, dans sa juste indignation, Pécrivaiu anglais qui a publié VJ&camen des préjugés