‹ Phases et causes célèbres du droit maritime des nationsChapitre 92 sur 103 · LIVRE II. CHAPITRE H · texte numérisé non relu

LIVRE II. CHAPITRE H

fml§mr$9 contre le traité tigné ou Pùrdo, k Ujcmier 47S9, 8*écrie : « Si Cous nos brigandages commis dans les mers de TÂmé* « rique étaient connus , la nation se troaveraîi surprise â^avoîr

« produit Uni de scélérats qui ont violé les droits les plus sacrés odes gens.» { Toir cbap. IV.)

La guerre ayant été déclarée, le cabinet de Versailles comprit IMniitilité, désormais, de toute intervention, de toute tentative pour rétablir les relations paLiliqiies entre les belligérants ; le cardiual de Fleury sV tudiait d'aillem s à éviter toute démarche qui pourrait, par suite de diflicultés imprévues venant à surgir du sein même des négociations entamées par lui , entrainer la France à prendre part à une guerre maritime [voir chap. XI , § 4 ) ; toutefois, dans l'indignation quUl éprouva en apprenant que, dans le mois de décembre 4740, l'amiral anglais Yemon s'était emparé de Porto- BellO} et avait en qaelque sorte détruit cette ville, le cardinal fit partir ane escadre destinée à protéger les côtes espagnoles en Amérique, et il remit aux commandants des vaisseaux du roi, son souverain, des instructions sur la conduite qu'ils auraient à Umr pour qu'une guerre entre la France et PÂn^eterre ne sorttt pas de la démarche qu'il croyait ne pouvoir se dispenser de faire. Divers événements maritimes que, dans tout autre temps, le cabinet de Versailles eût considérés comme autant de casus ne purent entrainer le cardinal de Fleury à déclarer la guerre ù la Grande-Bretagne ; nous les signalerons au chap. XI, § 4, auquel ils appartiennent spécialement. C'est également là que ucus dirons comment Louis XV, après la mort du cardinal, arrivée le 29 janvier 1743, rompit, enfin, avec ie cabinet de St.-James, et soutint ouvertement, en 1744, et jusqu'à la paix d'Aix-la-Chapelle, en 1748, les armes de Philippe V et de Ferdinand Vï qui succéda à ce monarque, son père, sur ie trône d'Espagne, le 9 juillet 4746. Nous nous bornerons, dans l'article qui suit (section e), à reproduire un épisode de cette guerre, en Amérique.

e) Siège de Louishourg, enlevé à la France ; — prises manitmes faites par les Anglais ; bâtiments entrés en relâche à Loui&' bourg, dans l'ignorance <m étaient les capitcums que ceUeplac€ te trouvait entre les nudns des Anglais*

L*Oe de Louisbourg, située à Pembouchure du fleuve St.^LaD« rent, appartenait à la France ; le traité dUCrecht avait oonânné cette possession.

Bien que la guerre eût été déclarée à l'Angleterre par la France, fifk 4744 {voir chap. XI, § 4), le gouvememeut de S. M. Britaa-

COLONIES

mque semblait ne pas avoir la pensée d'enlever celte colonie à la France ; mais des négociants de la Nouvelle-Angleterre (cette vaste et importante colonie qui, trente ans plus tard, a échappé au sceptre des rois de la Grande-Bretagne ; voir chap. VII, § 1 ), conçurent k» projet de s'emparer d'une Ile française dont le commerce avec la inère-patrie employait annut lhMiient, pour la pêche de la Morue, 500 bâtiments, et semblait devoir devenir la rivale de Boston !

Un négociant nommé Vaughan , de la baie de Massachuset, fit la proposition «ux colons Anglo^Âméricains de lever des troupes et de fondre sur Louisbourg. Une armée de plus de 6,000 hommes fut organisée aux frais des colons, qui placèrent à sa téte on sieur Pepperel ; Von arma et Ton approvisionna des bâtiments, et Ton se tint prêt à agir au moment où l'autorisation d^attaquer, demandée à Londres, arriverait; le ministère approuva cette expédition mardiande, qui avait son origine dans une rivalité de poisson fùmé et salél L'avis en fût porté par Pamiral Waren, qui arrîYa à la téte- d'une escadre de quatre vaisseaux. Après un siège de 50 jours, Louisbourg tomba au pouvdr des Anglais le S6 juin 4745; un yaisaeau de la marine royale de France expédié au secours de Louisbourg, arriva trop tard et fut pris par Tescadre de Tamiral Waren. La garnison fait transportée sur les oétes de la Bretagne par des bâtiments anglais.

Cette expédition de marchands jaloux de la prospérité de Louisbourg, mais secondée par des forces royales, fut conduite avec (ant de rapidité que plusieurs bâtiments du commerce, ignorant que Louisbourg se trouvait entre les mains des Anglais, vinrent y chercher un relîige ; deux bÂtiments de la compagnie française des Indes, et un galion d*Espagne, nommé VEtpérance, entrèrent sans défiance dans le port peu de temps après qu'il était passé, par la conquête, sous la domination britannique; les autorités anglaises ne tinrent aucun compte de l'ignorance et de la bonne loi dos cdpiLaines, ni de la nécessité qui pouvait les avoir mis dans le cas d'entrer à Louisbourg, au lieu de continuer leur route ; le galion VEspércmce notamment poursuivi par des corsaires auxquels il était parvenu à échapper, vint de cette sorte se livrer, à son insu, aux Anglais qui n'eurent d'autre peine quo de se partager ses dépouilles. La charge des trois navires capturés sans efforts de la part des capteurs, fut évaluée à plus de 25 millions de francs.

Des États civilisés devraient ils profiler ainsi do la bonne foi de capitaines qui entrent dans uu port où ils s'attendent à ren-

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