LIVRE 11. CHAPITRE II
le § 6, à iodiquer leur importaoce, en doDDâot i'état somoiaire de colonies en Asie. *)
Quant aux Français, les grands navigateurs do leur natiua qui ont parcouru les mers des Indes, ainsi que ia pariio du Grand- Océan, nommée mer Pacifique ou mer du Sud, appartiennent au iS*" et au 19* siècles: en MM, de la iiarbinais, qui visita la Chine et les Philippines ; 1739, Bouvet ; 1766, Bougainviile qui découvrU OtaïU, que venait également de découvrir Wailis, dans la même année ; 4774 , Marion ; 1768 à 4776, de Surville qui, dans cette dernière année, visita la Nouvelle-Hollande ; de 4774 à 4 784, Pierre Sounerat qui, par ordre du roi, fit un voyage aux Indes et en Chine; 4780, Tamiial de Suffren de St.-Tropez ; 4786, Lapeyronse ; 4 790 , Ë. Marchand et Prosper Chanel , qui entreprisent un voyage antonr du monde; 4794 , d'Ëntrecasteaox, envoyé à la recherche de Lapeyrouse, etc. ; et, dans le siècle actuel, les amiraux et capitaines Durville, Philibert, Duperrey, Bougainviile, Preycinnet, Lapierre, de Hackau, etc. etc.
Les établissements français dans les Indes orientales n*ont jamais été fort considérables ; ce ne fut que sous le règne de Louis XIV, c'est-à-dire vers le milieu du 47^ siècle, qu'ils forent formés : Ghandemagor en était le chef lieu au Bengale, Pondichéry sur la côte de Goromandel , et Mahé sur la c6te de Malabar. ( Voir le g 6.)
C'est ici que nous devons rappeler divers événements maritimes et coloniaux qui , après avoir jeté quelqu'éclat sur le nom français dans l'Inde , contribuèrent cependant à la ruine des établissements français ; événemeiUs auxciurls prirent une grande part deux hommes remarcjuabies , l'un et i'autre, par leurs talents, nous voulons parler de Dupleix, gouverneur de Pondichéry, et de la Bourdonnais, gouverneur de l'île Bourbon et de l'Ile de France. Ces deux îles bien que classées par les géographes comme appartenant à l'Afrique, doivent figurer parmi les étabiibscturrits français dans les Indes orientales, en raison de la situation (]ue la compagnie leur avait faite , en plaçant leur gouverneur sous l'autorité du gouverneur de Pondichéry.
L'île Bourbon qui avait été découverte en 4545 par les Portugais et avait reçu le nom de Masarenhas, tomba, en 4643, en la possession des Français qui commençèrent à s'y établir en 4649.
L'Ile Maurice (ut abandonnée en 4713 |>ar les Hollandais; la France s'en empara , en 4 720 , et lui donna le nom d'iie de France ;
') Fotp ptui loin rarUde eontacré à la oonpagnl» anglaiae «las Indaa orfaetalaa.
COLONIES
les Anglais auxquels elle, appartient actuellement lui ont rendu son preiuier nom.
La Bourdonnais qui, simple enseigne de vaisseau, avait fait un voyai^e dans les mers du Sud, et avait visite les Philippines 'et les c6tes des Indes orientales, de 4713 à 1748, entra au service de la compagnie française des Indes, qui Tenvoya à Pondichéry. En 4733, il fut aoauné directeur général des Iles de France et de Bourbon. Il se rendit en 4 735 à Tlle de France où tout était à créer ; il y organisa i» oolonisatûm, l'adiiiiiiiatration, les arsenaux de construction navale, etc., et fil respecter le nom français, en 1744 , en délivrant Mahé, assiégé par une caste du Ma1abar« Quand La Bourdonnais put juger, par ce qui se passait entre PEspagne et PÂngleterre, depuis l'année 4739 (vov* plus haut section d, ainsi que le chap. XI, § 4), que la guerre ne tarderait pas à éclater entre la Franoe et la Grande-Bretagne, il conçut, dès Tannée 1742, le projet d'assurer Pempire de la mer des Indes au pavîUon français. La guerre ne fut déclarée qu'en 4744. AussiaUf La Bourdonnais arme neuf vaisseaux sur lesquels il em* barque 3,000 combattants, dont 300 de race noire, et se met À parcourir les mers. Il cherche surtout à rencontrer Pescadre anglaise, commandée par Pamiral Peyton qui s'était emparé d'un grand nombre de bâtiments de la marine commerciale française ; il Palteint enfin, en 4 746, devant Madras et la disperse. Il opère alors un débarquement, assiège la ville de Madras, lL l'oblige, le i4 septembre 4746, à signer une capitulation par laquelle les aaiorités anglaises s'engagent à payer une rançon de neuf millions de francs. La Bourdonnais avait reçu pour instructions du ministre , de ne conserver aucune des conquêtes qu'il pourrait faire dans Plnde.
Dupleix, qui après avoir exercé depuis l'année 4 730 les fonctions de directeur de la colonie de Chandernagor , avait été nommé, en f742, gouverneur de Pondichéry, où il prit la direction suprême des intérêts de la compagnie française des Indes orientales^ Dupleix se montra-t-il jaloux des succès obtenus par La Bourdonnais, ou voulut-il se venger du refus que lui avait fait la compagnie anglaise de garder réciproquement une entière neutralité, an moment où la guerre avait éclaté entre la France et la Grande- Bretagne ? quel que soit le motif qui l'ait guidé dans sa conduite, il ne voulut pas ratifier la capitulation du 24 septembre.
Il part en toute hâte pour Madras, retire à La Bourdonnais les
*) S«loii Toltalfe, Pmniral «nglito se nommait BanoL