LIVRE 11. CHAPITRE U
vaisseaux que celui-ci avait armés , s'empare de la ville noire, c'est-à-dire de la partie de la ville de Madras, où sont établis les négocianls et les ai Lisans do toutes les nations et races de llnde, et' la détruit complètement. Par cette barbarie inutile et qui parut d'autant plus atroce que la conduite de La Bourdonnais avait été remplie d'humanité, Dupleix rendit le nom français odieux dans l'Inde. A In suite des rapports qu'il adressa en France, La Bourdonnais fut rappelé à Paris , et traduit devant une commission nommée pour le juger ; il resta trois ans et demi à la Bastille avant que cette commission rendit son jugement, qui acquitta, d'ailleurs, La Bourdonnais. Si, maître de Madras , Dupleix, au lieu de détruire une partie de la ville, en eût chassé les Anglais, el s*y fut établi , peut-être que la puissaDce de la compagnie anglaise ne se fut jamais développée. ^)
Si Dupleix affaiblit dans Tlnde la considération dont y jouissait le nom français, en détruisant la viUe mire, il lui rendit, on doit le reconnaître, un nouvel édat quelque temps après en défendant, pendant 37 jours de tranchée ouverte , Pondichéry contre les forces de deux amiraux anglais , soutenus par deux Nabobs du pays ; la tranchée avait été ouverte le 30 août 1748; les amiraux anglais furent obligés de lever le siège le 6 octobre suivant Dupleix reçut à cette occasion le cordon rouge de I*ordre royal et militaire de Saint-Louis et le titre de Marquis.
En 4751 , la Nabobie d'Alcate étant devenue vacante, deux prétendants se présentèrent, l'un soutenu par la compagnie anglaise, l'autre par Dupleix et les alliés de la compagnie française. Ân début, l'avantage fut pour Dupleix ; mais le génie de Lord Clive l'emporta et fit tourner la roue de hi fortune du côié de sa nation; déjà, en 1749, la compagnie auyiaise avait protégé le ÎS'abob du Caniatic eau Lie les Français.
Dupleix, contre lequel des mémoires furent dirigés, fut rappelé en 4753, à Paris.
Lord Clive, par les succès qu'il (ilHint depuis, éleva à une grrinde hauteur la puissance de la compagnie anglaise et l'influence (le son pays dans les Indes orientdles ; la France y perdit bientôt la prépondérance dont elle avait joui pendant quelques années. Lord Clive prit Calcutta, défit en 1757 Surajali I)o\\ li M k Plassey, et mit sur le trône Jaffer-Ali-Cawn ; Lord Clive, créé pair d'Irlande, reçut le titre de baron Plamy,
M su la Praoce eut tUt de Madras un point de réslslanco formidable , pendant les quelques années que celle ville est restée entre ses mains . elle n'Vtkt jaiMia cunsenii à la rendre par le traité de paix d'Aix-la-Chapelle, en i'i^.
'} Ou Sor^JelHiil-Dowleli.
COLONIES
Lorsque la paix qui fut conclue à Aix-la-Chapelle, en 1748, eut été rompue, en 4 7ô5, par TADgleterre, qui, sans déclaration préalable de rupture, fit enlever les bâtiments marchands français sur toutes les mers, et attaquer divers bâtiments do la marine royale (voir plus haut, section f, ainsi que le chap. IV), le cabinet de Versailles envoya , en qualité de gouverneur des établissements français dans les Indes orientales , le comte de Lalli-ToUendal, lieutenant-général des armées du roi. Cet officier général- partit dans les premiers jours de l'année 1757. Ses opérations militaires contre les Anglais forent heureuses , dans le principe , sur les côtes de Goromandel, à Gondelour, à St-David; maïs les revers qu^il éprouva depuis firent oublier ses succès ; après avoir échoué devant- Madras- , il se vit assiégé dans Pondichéry, et obligé, le 46 janvier 4761 , de se rendre à discrétion. De retour en France, il fot mis en jugement condamné, le 6 mai 4766, à avoir la téte tranchée; il monta sur Péchafaud à l'âge de 68 ans.
Circonstance digne remarque, pendant la durée de la guerre de sept ans, deux officiers généraux furent condamnés à mort pmtrn' avoir pas été heureux: l'amiral anglais Jean Byng , en 1757, pour n'avoir pas vaincu ramiral fiançais de la GalissonDicres , et le lieuLenaiil-général comte de Lalli-Tollendal. Sévère, d'un caractère despotique quelquefois, le couite de Lalli-Tollendal s'était fait de nombreux ennemis et trouva dès lors de nombreux accusateurs. Les gouvernements anclais et français devaient-ils se montrer aussi inflexibles envers deux officiers généraux d'un mérite et d'un courage auxquels chacun rendait justice? L'amiral Byng qui en toutes circonstances avait été digne de son pere, l'arairaî G. Ryno;, comte de Torrington, fut accusé de trahison par son gouvernement, exaspéré à la nouvelle du succès obtenu par la marine française 1 1 En France , les icalomnies répandues par les hommes dont le comte de LalU-ToUendai avaient arrêté et puni les exactions, firent oublier aux juges la noble carrière militaire qu'il avait parcourue 1 La mémoire du comte, pour qui l'opinion publique s'était montrée plus impartiale que le tribunal, a été juridiquement réhabilitée dix ans après sa mort
. k) ûe» compagniei commerdaUs autorisées par les gouvernements wropéens.
Les découvertes fàites pendant les 46*, W et 47* siècles et les établissements coloniaux qui en avaient été la conséquence^ tant en Amérique, que dans linde, devaient nécessairement donner naissance è des oompdgnies commerciales qui seules au moyen
CUSST. I. Si'
UVRË U. CHAPITRE U.
des capitaux réanis d'associés nombreux , pouvaient entreprendre, à celte époque, de grandes opérations et supporter les frais considérables que devaient réclamer l'achat de navires d'un fort tonnage, les frais qu'entraînent de longs voyages, et l'entretien dans les colonies d'agents chargés dr surveiller les opérations commerciales , ainsi que les intérôls de toute uature des sociétés privilégiées.
Des diverses compasnies qui obtinrent le commerce exclusif des Indes orientales, en Hollande, en France, dans les Pays-Bas autrichiens , en Suède , en Danemarck , en Prusse , en Angleterre, cette dernière est la seule qui ait coQtjaaé, jusqu'à notre époque, d'importantes opérations commerdales et surtout d'importantes oonquAtes territoriales; les autres sont tombées, ou sont devenues languissantes , par suite de la liberté commerciale devenue à peu près générale.
On forma également en Espagne, en Portugal, en HoUandei en France, des compagnies qui obtinrent le monopole du commerce des Indes ocddentales, c^est-à-dtre du nouoeau nuMde découvert par Christophe Colomb, en 4498 ; nous considérons comme superflu d'en parler avec quelque détail : leurs rivalités, leurs lattes ont actuellement perdu tout intérêt réel , et tout geignement utile, car aucune institution analogue ne peut se reproduire désormais. Les compagnies hollandaise et portugaise ont particulièrement été en hostilités iiréquentes à Tocoasion du Brésil ; or, ce vaste pays resta finalement au Portugal , qui l'a perdu dans le siècle actuel, lorsque le Brésil , après avoir proclamé son indépendance, a été ériîze en empire.
Il suffira, pour donner une idée générale des efforts qui ont été faits par les gouvernements européens pour coloniser et rendre utiles au commerce de leur pays, les îles et territoires sur lesquels leurs navigateurs étaient par\ enu à poser les premiers éléments d'établissements coloniaux, do j* 1er un coup d'oeil sur diverses compagnies qui ont été instituées pour rexploitatioo du commerce dans les Indes orientales.
Compagnie hollandaise, La première compagnie qui ait été instituée est celle dont les Étals-Généraux des Provinces-Unies des Pays-Bas autorisèrent la formation, en 4596, sous le nom de Compagnie des pays lointains, £d 1602, les États- Généraux qui avaient également donné leur approbation à la création de plusieurs sociétés créées dans des buts spéciaux et restreints, firent une mik eompagtiM privilégiée sous le nom de Com^agme des Mei't maïs en 46i4, ils institaèrent une société à laquelle seule
COLONIES
devait appartenir le droit de se livrer à l'exploitation du commerce dans les Indes orientales : elle établit son centre de direction aux Molusques qui avaient ôlé enlevées aux Portugais ; eu 4624, les États créèrent la compagnie des Mes occidentales.
11 existe encore dans le royaume des Pays-Bas» pour le eommerce des Indes orientales, une compagnie oounue sous le nom de Société de commerce des Pai/&-Bas,
Compagnie français»* En 4604 , une compagnie oommerciale s'était formée en Bretagne ; elle expédia deux navires pour la mer des Indes. François Pyrard, de Laval, qui commandait cette expédition, fit naufrage sur les Maldives ; il y fut bien traité par le dief des indigènes ; Itle fut prise par un prince indien qui refusa à Pyrard de le rendre à la liberté ; ce ne fut qu'au but de dix ans, et après avoir en à supporter de longues soufifranoesi qQe ce navigateur revit sa patrie.
En 4604, Henri lY approuva la création d'une compagnie des Indes orientales. Cette compagnie fiit reconstituée, sur de nouveaux éléments, propres à assurer ses succès, par Colbert, en 4664. Elle dirigea des expéditions sur Mazulipalan , ou Masulipatnam, et envoya des agents vers le Gange ; partout elle trouva des facilités pour fonder ses établissements ; mais les Hollandais s opposèrent à ce qu'elle fut reçue au Japon. Son privilège exclusif était de 50 ans ; l'État lui accordait une prime de 50 francs par îonntaii ^) de marchandises exportées de France pour les Indes orientales, et de 75 francs par tonneau de marchandises provenant des Indes, importées en France ; le gouvernement s'engageait, en outre, à soutenir les établissements par la force des armes, et à faire escorter les convois de la compagnie par la marine royale. Tout étranger qui prendrait un intérêt de 20,000 francs dans les opérations de la compagnie serait déclaré réqnicol», sans avoir besoin d'obtenir des patentes de naturalisation.
Le grand Colbert qui, 47 ans plus tard, devait présenter à l'approbation du roi la célèbre ordonnance de 4 684 sur le commerce et la navigation, avait pour but, en donnant un grand élan à la compagnie des Indes orientales, non seulement de créer au commerce et à Uindustrie de la France un débouché important, et de mettre les maisons françaises à même de former des relations utiles dans les contrées éloignées, mais aussi de former une éco/e proiliqm ék maiêhU,
i'î pipd'! cubea françAia » 1 stère 401 milUèmes; ou, en poidi^ 9000 livres »
378 UVRB a GBAPimB II.
En 46^3, un Français nommé Réginon, capitaine de bâtiment maroband, avait fait dans la mer des Indes, une expédition qui intéreiBait des négoeiants de Dieppe. Les résultats en fareni mauvais ; ma» las rapports que Régîiioo fit à ses armatenrsy fàreiit favorables à Madagascar; or , on se le rappela, en .4664, et ce ftit là que la compagnie réorganisée par Golbert installa sa première colonie. En 4670, les associés , après one expérience de six années environ, prièrent le goavemement de reprendra possessiCD de la partie de nie de Madagascar qui leur avait été attribuée. La compaenie choisit alors pour centre de ses opérations dans les mers de l lnde, Surate où les Français étaient admis depuis deux ans. Lorsque six ans plus tard la compagnie s'établit à ChanderuHiïor , tons ses efforts, et ceux du gouvernement français, auraient dù tendre i\ se mettre en possession du littoral septentrional du golfe du Bengale, et d'une partie de la càie orientale de la presqu^ile hindoustanique.
La compagnie des Indes orientales était, malgré tous les avantages qae lui avait faits le goavernement , dans un état de décadence réelle au commencement da 48" siècle. Elle reprit tontefois qoelqoe Instre vers le miliett da siècle, grâces aux soins el à Fadministration de Dopleix à Ghanderoagor et de La Bourdonnais à 111e de Bourbon et à Pile de France. QuoiquMl en soit, les Français virent consommer, pendant la guerre de sept ans, la ruine de leurs établissements coloniaux dans llnde. Un arrêt du conseil, en date da 13 août 4769, approuvé par le roi, suspendit le privilège exclusif de la compagnie et accorda à tous les sujets do S. M. très-chrétienne la liberté de naviguer et de commercer audelà du Cap de Bonne-Espérance ; la compagnie offrit an roi de céder à TÉtat ses vaisseaux, au nombre de trente, ainsi que ses magasins , ses comptoirs et ses esclaves ; on arrêta à 30 millions de francs la somme à rembourser à la compagnie.
Compagnie danoise. Ën 4648, Qiristiem IV, roi de Danemarck, accorda le privilège, à une compagnie des négociants, d'entreprendre, exclusivement à tous autres* svgets da roi, le commerce des Indes ; cette première compagnie eût peu de succès ; en 1670 une nouvelle compagnie Ait formée ; en 1772, son privilège ftit prorogé pour 20 ans.
Compagnie (fOEimide, La compagnie pour le commerce des Indes, fondée à Ostende en 1722, par la maison d'Autriche, souveraine des Pays-Bas, a surtout été instituée en vue de créer une rivale à la compagnie française. La cour de Vienne la sacrifia en 472< pour obtenir des cours étrangères la garantie de la pragmatique
COLONIES
sanction, ou testament par lequel Pempereur Charles Vi assura sa succession à sa fille Marie-Thérèse et quil réussit, aveo tant de difficulté, à faire reconnaitre et accepter par les autres États. ( Voir diap. XI, g 4.)
CkJmpagrUe de Suède, Ce fût en 1734 , qu'on fonda en Suède la compagnie des Indes, aveo privitège exclusif, pendant 15 an^ nées, de uégocier au-delà du Cap de Bonne-Espérance; en 4746, son privilège fiit prorogé pour 20 ans, et pour 30 ans enoore en 1766. La direction de la compagnie fut établie à Gethenbourg.
Compagnie prussienne. Frédéric le Grand établit, en 1754, pour le commerce des Indes orientales, une compagnie dont le siège était à Emden ; une seconde société ne tarda pas à se former, dans le môme port, pour le commerce spécial du Bengale. Les hostilités de Tannée 1756 suspendu'eut leurs opérations ; à la paix, leur dissolution fut prononcée.
Bien que le commerce maritime soit en principe permis aux sujets prussiens, il existe encore à Berlin une société privilégiée, gérée sous la surveillance de TÉtat, connue sous le nom de See- Handlung — commerce maritime.
Compagnie anglaise. Ce fut dans Tannée 4599, sous le règne d'Elisabeth, qu'une compagnie pour le commerce des Indes orientales, avec privilège exclusif pendant 45 années, fût fprmée à Londres; la charte fut signée et octroyée le 34 décembre 4600. . A peine entrée en activité, la compagnie anglaise eût de nombreux démêlés avec la compagnie hollandaise pour le commerce des pays lointains ^ laquelle, après être parvenue à abaisser là prospérité des Portugais dans l'Inde , n'était pas disposée à voir, impassible, s'élever une nouvelle influence commerciale rivale de la sienne. Des combats sanglants eûrent lieu plusieurs fois ; les Hollandais tirent à Amboine, l'une des Moluques, une horrible massacre d'Anglais. Un traité de conciliation fut enfin signé entre les deux compagnies, et le traité de paix conclu, en 1654, entre TÂngleterre et les Provinces des Pays-Bas, stipula une indemnité de 85,000 livres Sterling (2,4â5,000 francs) au profit de la compagnie anglaise, ainsi qu'une seconde indemnité de 4,000 livres Sterling (400,000 frans) faveur des héritiers des victimes d^Amboine.
La compagnie anglaise e6t paiement à hitter, contre la compagnie portugaise.
La décadence des étabUssèments anglais aux Indes orientales lut réelle après la mort de Charles I*' ; e^était une conséquence
deâ désordres produits par la guerre civile qui agitait TAngleterre.
LIVRB U. GHAPITEE II.
En 4657. Croniweil renouvela son privilège; elle reprit avec énergie la suite de ses opérations.
Après la révolution de 4688, la compagnie reçut du Parlement î'autorisation de s'emparer du commerce des Indes orientales. Un vote de la chambre dis cotninurics rendit libre momentanément, en 4693, le commerce dans ies Indes pour tous les sujets britanniques ; une seconde compagnie se forma à cette époque ; mais en 4702, les decuL compagnies UDirent leurs capitaux, et leParlemeoi sa&ctîoDDa csette fusion.
Lorsque la oompagnie d'Ostende fut créée, les compaguies aoglaise et hollandaise onirent leurs efiforts pour Véoraaer ; Temperaor d'Allemagne ne tarda pas, ainsi que nous avons dit plus liant, à la supprimer.
L'inflnepuse française et celle des Portugais avaient dispara dans l'Inde ; la compagnie anglaise, dont les progrès avaient été à peu près constants depuis le commencement du W siècle, vit sa prépondérance assurée par les sucoès qn'obtint Lord Qtve en 4757 ; ce fut d'ailleurs pendant la guerre de sept ans, que la compagnie accrut de plus en plus ses possessions, lesquelles, à la paix de 4763, s^étendaient déjà sur une grande partie des territoires hindottstaniques de la région orientale. Le monopole du riz causa, en 4770, une famine qui fit périr 4 à 6 millions d'habitants.
Une mauvaise administration de la part d'un grand nombre d'agents, mit la compagnie, en 1772 et en 1785, dans le cas de solliciter l'aide du trésor royal : un premier emprunt de 400, OuO livres sterling (10 millons de francs j lut bientôt suivi d'un second emprunt de 900,000 sterling (22,500,000 francs).
L'administration de M. Warren Hastines, nommé Gouverneur général de l'Inde anglaise, fit dispai'aiit\> quelques abus, mais ne rétablit point l'équilibre dans les finances de îa compa-nie. Le bt4reau du contrôle des affaires de l'Inde, étaijli {)ar William Pitl, n'obtint pas de résuitats beaucoup plus satisfaisants.
L'administration du Marquis de Cornwallis , successeur de M. Hastings, dépouilla, en 1792, Tippo-Saïb ouTippou-Saheb, Nabob doMalssour ouHysore^), de la moitié de ses domaines; les revenus de la compagnie s'élevèrent à cette époque ; ils s'accrurent encore lorsque , sous l'administration du Marquis de Wellesley, Tippo-Saïb perdit, avec la vie, le i mai 1799, le reste de ses États, fin 4805, les revenus de la compagnie étaient de 375 mîU
») Tippou '^ulthan-Rehadnur ou Tippo-Saïb, dernier Nabob do Maïssour. Mmssour ou Mysore foroio uu Étal particulier soumis à un Radjah tributaire des Anglais ; la ville de Ujtm et celle 4e Seringapatam aoiit les Capitales de cet État
COLONIES
lions de francs ; ils ont atteint depuis près de 600 millions de fraocs ; toutefois, le déficit annuel est, assure-t-OD, d^UQ chiffre foT% élevé ; il a é&é estimé à 80 millions de francs environ. ( Foîr la note qai termine cet article.)
La cbarte de la compagnie a toujours été renouvelée à son eipiration; en 4814, ses privilèges fùrent essentiellement modifiés, puisque le gouvernement déclara libre pour tous les sujets britanniques, le commerce avec Calcutta, Madras, Bombay, et le port de Pulo-Pinang, mais avec certaines restrictions sollicitées par la compagnie.
En 4834, la durée de la charte fut encore prorogée pour vingt ans ; Pacte législatif rendu à cette occasion a mis fin, en quelque sorte, à l'exigence commerciale de la compagnie dont le réle est borné , désormais , sous la surveillance du bureau de contrôle, à la perception des impôts, ainsi qu'à rexploitation des ressources de ces vastes contrées; depuis le 22 avril 1834, ses propriétés mobilières et immobilières ont d ailleurs été transférées h la couronne ; l'usufruit conservé à la compagnie cessera avec son privilège. Le capital social de la compagnie est de 6 millons de livres Sterling (150 niilUans de francs).
Le gouvernemeut anglais admet actuellement des consuls étrangers à Calcutta.
Nous ne saurions suivre la marche des immenses et rapides progrès de la compagnie anglaise des Indes, ajoutant chaque jour un territoire nouveau h ses conquêtes anciennes, ou bien à la série des contrées sur lesquelles elle étend sa protection ; il nous * suffira de dire que , bien que ses revenus soient restés depuis longtemps inférieurs à ses dépenses, et qu*elle ait été dans le cas de contracter de nouvelles dettes , depuis les emprunts dont il a été parlé plus haut, la compagnie possède actuellement d'après diverses statistiques, une étendue territoriale de 24,455 milles □ et une population de cen^ mt^^tons dliabitants ; en outre, la compagnie compte parmi ses vassausOf ou pays protégés, une population de 34 millions d'habitants répartis sur un territoire de 24,640 milles a.
*) Les chiffres indiqués da.m cet article pour la populttlon» les revenus et le déScit annuel nous paraissent exagérés. Les <Âlffirss de la poiiulaUon, toutefois, sont
empruntés à des documents officiels ; ce sont ceux qu'a f;>it connaître la compagnie, qui , il y a vingt ans , portait déjà à 134 œilUons d'iiabitanis la population des pays soumis et des pays tributaires. Si, à cette époque, ce cMflkv était exact, on n'aurait pas lieu de s'étonner beaucoup dès lors qu'à la suite des acquisitions faites depuis par la compagnie , et d'ailleurs de l'accroissement naturel , le chiflre de la population ait atteint, en 1860, 13t miUlons d'habitants.
Quant aux revenus , les écrivains économisiez frinrai'* ^irAsentent, comme on Ta vu, un déilcit annuel sur les dépenses de pr^ de 80 millions de francs, ce qui peut-être
LiVHË il. CHAPITRE U,
Accromseiiient , ou diminution de la puissance coloniale des divers ÉUU8 européens;— TraUés de 476$, 478$et48H; — Cesein de terrUùire» eohmauaf ; — Recmnaissanee de fwdépendance dt
diverses colonies, en Amérique: Canada, États-Unis, républiquei de l'Amérique du Sud, Brésil, St.-Domingue, la Louisiane, eic,; —
Cohmea dAsie ei d Afrique,
DaDs le § 53 du titre II, Livre premieri nous avons dit que le système colonial, qai s^esl maintenu josqu^au commencement du siècle actuel, et qui ooDsistait à réserver, en quelque sone, ie monopole du commerce maritime des colomes aux armateurs de
exagéré : les dilfliret ofBciels de ta oompagnlft présentent un résultat bien différent. SI l'opinion publique jie rppose pas sur unf? erreur matérielîo , il est généralement accrédité et admis que loa revenus de la compagnie sont infôrieurs k set dépenaea; or cependant les ciiUfres offMOt de la compagnie sont les suivants: Les rccGiies pour 1849 à 1850 ont été de 151,5^^,852 roupies,
ou a raison de 9scbeUugs (2 fr. ôO c.) par roupie ïïKJèBB^Oi ftanea.
(Dans ce chiAre sont compris les revenus du Pendscbab et du territoire au-delà de Mnde» 8,S06,Q0O roupies 8,762^ francs.)
Les dépenses ont été de roupies 120,747,000 = aoi ,867,500 •
excédant . . . 76,991,655 francs.
Résultnt bien difTérent, comme Ton voit, de celui qui a été présenté dans raificie qui précède. Sur cet excédant snns doute, sont pris les intérêts des dettes: eeflesci s'élevaient, au i*^ mui ib^W, tant aux Indes qu'en Angleterre à 44,0*7,017 livres Sterling, ou I.KH.IIS^ ftaocs
et les intérêts annuels a 1,»19,71o 11 v. St. =a itfXHjim »
Les dettes actives de la compagnie s'élevaient , à cette
époque , à 9,8ir7,108 Uv. St. 73,432,700 >
Daus la séance du 8 août 18&4, Sir Ch. Wood a exposé la situation financière et les progrés industriels et commerciaux des vastes teiritoires que l'Angleterre possède dans les Indes : les comptes ne vont qu»au 90 avril i9i% Pendant la dernière année financière ils ont présentés les résultats suivants ;
«Présidence du Bengale, recettes, 7,684,435 livres ; dépenses loe^iipq î ')?/ :!hî2liv • provinces du nord-ouest, recettes, 5,677,715 liv. ; dépenses locales , i,40i,ij» livre»! Le budget militaire des d \ix grandes divisions de l'empire s'élèva à 5,443,230 Ut., cb qui laisse un excédant de 4,484,330 liv. Les recettes de la présidence de Madits se %ont élevées à 3,704,048 liv. , et les dépenses locales à 3^904,373 livres.
«Les recettes de la présidence de Bombay à 2,868,288 livres dont 9,8»3g| soQl affectées aux dépenses locales. Le revenu total de l'Inde s'élèvo h 19 \m liv et les dépenses locales et miUtaires à 14,832,495 Uv. , ce qui laisse un excédant' de 5,005,001 liv. Sur cela, il faut prendr» I^^KOUv. pour les Intérêts de te dette payable dans l'Inde, et 2,506,377 liv. pour ceux payaliles enAni^tene. fteale alors seoiemeot une différence de 531,365 livres.
«Après avoir diseuté à fond et en détail la quesUon flnandèffe , Sir Cb. Woeds parlé du pm-^^r^s dn I indn II s'en est iUt dans les Élata indiens eux-mêmes, giioe à l'Initiative de Lord Dalbousie. » '
«L'orateur cHe notamment la canansatton du Gange, travail Immense par son étendue et par son utilité. Dans le Punjaub , dont l'annexation est encore récente, les personnes et les propriétés sont sûres. On fait dos roules et des travaux d'irrigation, et cm va établir dans l'Inde xm système complot de chemins de fer et fonder des établissements d'instruction publique.»
COLONIES. 377
la mère-patrie, est à peu près abandonné par tous les gouveme-
tnents. A rexception des colonies de l'Inde orieiitale appartenant c* la compagïm anglaise des Indes ( dont la charte a été rencavelée, en 4834, pour 20 années, mais avec de grandes modifications); à l'exception également de diverses colonies danoises et russes, qui sont encore soumises à un régime tout à fait spécial, les autres colonies sont ouvertes à la navigation étrangère , soit par des règlements généraux , plus ou moins libéraux, ou par suite de mesures administratives de l'État ; sdt en vertu de traités publics.
Après avoir rappelé cette double circonstance, c'est-à-dire, d'une part, ^interdiction qui subsiste encore, pour la navigation étrangère, de faire un commerce libre d'échanges avec certaines colonies; et, d'autre pari, l'abolition, en ce qui concerne le plus grand nombre des colonies de tout ou partie des entraves qui existaient autrefois, et s'opposaient aux libres rapports commerciaux entre leurs ports et les ports étrangers , sous un autre pavillon que celui de la métropole : nous voulons, daus ce paragraphe et dans le suivant, indiquer d'une manière sommaire:
1° Les pertes, par conquête, échange, cession ou vente, qu'ont éprouvées les divers États européens, depuis un siècle environ;
2° Les colonies qui leur appartiennent actuellement, c'est-àdire les colonies que possèdent la Grande-Bretagne , les Pays-Bas, TËspagne, le Portugal, la France, le Danemarck, la Russie et la Suède.
L^Angleterre a possédé le vaste territoire américain connu aujourd'hui sous le nom d'États-Unis ; elle a d4 y renonoer par le traité de l'année 4783 (voir chap. VU, g 4) ; c'est à peu près la seule perte coloniale qu'ait eu à supporter la Grande-Bretagne ; nous ne saurions, en effet, considérer comme des pertes réelles les restitutions que cette Puissance a été dans le caside faire plusieurs fois en signant la paix ; toutes les guerres maritimes lui ont d'ailleurs porté bénéfice en accroissant ses possessions coloniales au préjudice de la France , de la Hollande et de l'Espagne, dont elle a reçu, par des traités publics, le Canada, Hic de France ou lie Maurice, le Cap de Bonne-Kspérance , l'Ile de la Trinité, etc. ; d'antres traites imblics lui ont fait acquérir, également, diverses colonies et territoires qui ont appartenu au Portui^al et au Danemarck ; de pius, elle a étendu d'une manière considérable ses possiessions dans les Indes orientales, et fondé enfin des colonies importantes en Australie.
La France a perdu le Canada par le traité de 4763, qui mit
UVBE IL CUÂPiIR£ IL
fin à la guerre de sept ans (chap. IV)^); l'Ile de France , qii\jllc possédait depuis l'année 1742 (cbap. XXIX, § 4), que les Arii^lais ont prise eu 1810 et qu'ils ont conservée depuis, en lui rendant le nom qu'elle avait reçu des Hollandais , Ile Maurice ; l'Ile de St.-Domingue dont la France a possède la plus erande partie, en vertu du. traité de Ryswick, en 4697, et de conveiitinas diplomaliques subséquentes ; la Louisiane dont l'occupation par les Frnnçiiis remontait à la fm du 17* siècle, et qui, après avoir été cédée à l'Espagne en 1783, fut rendue, moins de 20 aimées après, à la France; Ste.-Lucie, Tabago, etc.
Pendant la guerre qui éclata en 1803, entre la France et l'Angleterre, les possessions coloniales françaises tombèrent, en grande partie, éntre les mains des Anglais. Le traité de paix signé le 30 mai 4844, à Paris, entre la France et ehacane des Puissances alliées, les a restituées à la France, à l'exception de celles qui sont indiquées à Tartiole VIU du traité, que nous allons reproduire ainsi que les articles relatifs aux colonies, pédieries, etc.
a Art. Vlli. S. M. Britannique, stipulant pour elle et ses alliés, s'enîja.qe à restituer à Sa Majesté très-chrétienne, dans les délais qui seront ci-après fixés, les colonies, pêcheries, comptoirs et établissements de tout t^enre que la France possédait au {"janvier 1792j dans les mers et sur les continents de l'Amérique, de l'Afrique et de l'Asie, à l'exception toutefois des lies de labago et de Saiote-
M Les lignes suivantes sont extraites d'un article du journal VÂMsmtléê «alioiitf»
(4 aoO» 1S;)2 ' , t^crit par M. Ami Pellior , dont les aperçus sur les pays étrange» révèleol toujours un grauU esprit tl'obtiervaUon ei d uupdiualité.
«Partout où la race an^o-aaxonne s^est étabUe sur lo nouveau continant, la
« race aborigf^ne a été vou(?e à rexterrninafion. Elle n*a pas été aulrem ni considérée « et traitée par les colons d'origine anglaise que ces espèces d'animaux immondes c et mairalsanls qu^on détruit a tout prix et par tous les moyens.
oTnnt que le Canada a été aux mains des Français, des Indiens qui liabiiaieru «ses immenses forêts n'ont été combattus que lorsque la sécurité de nos colons « était menacée par eux. La paix était à peine rétablie , qu'aussitôt nos saints mis- «sionnaires allaient porter, au risque de leur vie, la nourriture du corps et do Tàuie « a ces pauvres sauvages» et les initiaient par degrés a la vie ciTiliséa et cttréiienoe.
m Tout a changé avec la domination anglaise. Les Indiens n*ont plus été qne des «enneriii- en tout temps et en t u- li' pour les nouveaux possesseurs, et ils «ont (ini par disparaître jusqu'au dernier bomme. De ces tribus fameuses, qui «Jouaient , il y a un siècle encore , le réle do Puissances guerrières dans c^ con* «trées, il ne reste plus que le nom.
«Nous ne recherchons point dans ce rapprochement une vaine satisfaction «d^amour-propre national. Les Espagnols, tant calomniés, ont, eux aussi, protégé «Texistence de la race indienne, que les écrivains anglais et les philosophes du • dernier siècle les ont accusés tant de fois d'avoir livrée tout entière aux bourreaux. «C'est cette race qui peuple en immense majorité le Mexique, le Pérou, les nou- «velles républiques deTEquateur, de la Nouvelle -Grenade et du Vénéiuéla, le. Chili, «et même l'ancienne vice -royauté deBuenos-Ayres : et cette race , livrée aujourd'hui «aux aventuriers faiseurs de révolutions, regrette profondément, au dire de tous «les voyaBeurs, randenna dominatfoii espapiole. » •
COtONlES.
Lucie, et de l'Ile de Fraiico et ses dépendances, nommément Rodrigue et les Sécheiles, lesquelles S. M. très-chrétieDoe cède en toute propriété et souveraineté à S. M. Britannique ; comme aussi de la partie de Saint-Domini^ue cédée à ia France par la paix de BAle et que S. M. très-chrétienne rétrocède à ÀL catholique en toute propriété et souveraineté.
« Art. IX. S. M. le Boi de Suéde et de Norvège, en conséquence d^arrangements pris avec ses alliés, et pour Texécution de rartide précédent, consent à ce que Tile de la Guadeloupe soit restituée à S. H. très-chrécieime , et cède toos les droits qull peut avoir sur oette lie.
Ârt X. S. M. très-fidèle, en conséqueuoe d'arrangements pris avec ses alliés et pour Fexécution de Farlicle VIII, s'engage à res* tUuer à S. H. très*Ghrétienne , dans le délai d*après fixé, la Guyanne française, telle qu'elle existait au 4*' janvier 4792.
a L'effet de la stipulation ci-dessus étant de faire revivre la contestalion exislante à celte époque, au sujet des liiuilcs, il est convenu que cette contestation sera terminée par un arrangement amiable entre les deux cours, sous la médiation de S. M. Britannique. { Voir plus loin les articles GVl et GYU de l'acte iinal du congrès de Vienne, du 9 juin \S\'6.)
ce Art. XI. Les places et forts existants dans les colonies et établissements qui doivent être rendus à S. M. très-chrétienne, en vertu des articles VIII, IX et X, seront remis dans l'état où ils se trouveront au moment de la signature du présent traité.
<i Art. XII. S. M. Britannique s'engage à faire jouir les sujets de S. H. très-chrétienne, relaCivem^t au commerce et à la stlreté de leurs personnes et propriétés, dans les limites de la souverainieté britannique sur le continent des Indes, des mêmes focilités, privilèges et protection qui sont à présent, ou seront accordés aux nations les plus favorisées. De son cété, S. H. très-chrétienne n'ayant rien plus à cœnr que la perpétuité de la paix entre les deux couronnes de France et d'Angleterre, et voulant contribuer, autant qu'il est en elle à écarter des à présent, des rapports des deux peuples ce qui pourrait, un jour, altérer la bonne intelligence mutuelle, s'engage à ne faire aucun ouvrat^e de fortification dans les élahlissemonts qui lui doivent être restilués et qui sont situés dans les limites de la souveraineté britannique sur le continent des Indes, et à ne mettre dans ces établissements que le nombre de troupes nécessaires pour le maintien de la police.
« Art. XUL Quant au droit de pèche des Français sur le grand banc de Terre-neuve, sur les oètes de rile de .ce nom et des lies
UVBE IL GHAPIIRË U.
adjacentes, et dans le izoUe de Saiut-Laureot, tout sera remis sur le même pied qu'en 1792.
t Art. XIV. Les colonies, comptoirs et établissements qui doivent être restituées à S. M. très-chrétienne par S. M. Britannique ou ses alliés, serool remis, savoir : ceux qui sont dans les mers du Nord ou dans les mers et sur les continents de l'Amérique et de l'Afrique, dans les Irois mois, et ceux qui sont au-delà du Cap de Bonne-Espérance, dans les six mois qui suivront la ratification du préseni traité. » • L'article X concernant la restitution de la Guyanne française par le roi de Portugal, a donné lieu aux articles GVI ei GVIl de l'acte final du congrès de Vienne, signé le 9 juin 4815, par les plénipotentiaires de S. M. très-fidèle.
«Art. GVI. Alin de lever les difficultés qui se sont opposées, de la part de S. A. K le Prince-Régent du Royaume de Portugal, et de celui de Brésil, à la ratification du traité signé le 30 mai 4844, entre le Portugal et la Franoe, il est arrêté que la stipulation contenue dans Tartble X dudlt traité, et toutes celles qui pourraient y avoir rapport, resteront sans eflét et qu'il y sera substitué, d'accord avec toutes les Puissances, les dispositions énoncées dans l'artîGle suivant, lesquelles seront seules considérées comme valables.
«Au moyen de cette substitution, toutes les auUes clauses du susdit traité de Paris seront maintenues et regardées comme mutuellemeiit ol)Iigatoires pour les deux cours.
«Art. CVil. S. A. R. le Prince-Régent du Royaume de Portugal et de celui du Brésil, pour manifester d'une manière incontestable sa considération particulière pour S. M. très-chrelu nue, s'engage à restituer à sadite Majesté la Guyanne française jusqu'à la rivière d'Oyapock, dont l'embouchure est située entre le quatrième et le cinquième degré de latitude septentrionale ; limite que le Portugal a toujours considérée comme celle qui avait été fixé par le traité d'Utrecht.
«L'époque de la remise de cette colonie à S. M. très -chrétienne, sera déterminée, dès que les circonstances le permettront, par une convention particulière entre les deux cours ; et Ton procédera à l'amiable, aussitôt que faire se pourra, à la fixation définitive des limites des Guannes portugaise et firançaise, conformément au sens précis de l'article huitième du traité d'Utrecht. »
Par l'article VDI du traité signé le 44 avril 4743, à Dtrecht, auquel se réfère l'article GVII de l'acte final du congrès de Vienne, la France s'était désistée, en faveur du roi de Portugal, de tous droits et prétentions qu'elle pouvait avoir sur les terres nommées
COLONIES
asi
Cap Nord et sitaées entre la rivière des Amazones et celle de Japock (ou Oyapock), ou de Vincent-Pinson, en Amérique. La France avait élevé, en effet, des prétentions à la possession des contrées situées au Nord de la rivière des Amazones, comme, faisant partie de la Guyanne française ; mais par l'artiole X du traité du 41 avril 4743, elle reconnut que les deax rives de la rivière des Amazones appartieDdraient en toute propriété et souveraineté au roi de Portogal; et, par Part. XI, elle renonça à Ja navigatioD et' à l'usage de ladite rivière.
Les pertes coloniales les plus omsidérables sont œlles éprouvées par PEspagne.
Cette Puissance qui a possédé une très grande partie de PAmérique méridionale, et des territoires considérables dans l'Amérique septentrionale (Guatémala, le Mexique, la Californie, les Florides, etc. etc.), a vu toutes ses colonies sur le continent américain lui échapper depuis l'année 1808 ; elles se sont déclarées indépendantes et ont formé les nombreuses républiques qui existent actuellement r Mexique, Chili, Pérou, les États de l'Amérique centrale (Guatémala, San Salvador, Nicaragua, Costa-Rica), Yacatan, Vénézuéla, Nouvelle - Grenade , Équateur, Bolivie, le Paraguay, rUnigoay, les États de la confédération argentine ou de la Plata (Buenos-Âyres, Entre-Bios, etc.) ; elle ne possède plus aujourd'hui, en Amérique, que llle des Vierges, Porto-Rico et Cuba, la plus riche, la plus fertile et la plus importante des Antilles. (Fotr chap. XXXVI.)
En passant, à titre des colonies, d'une Puissance à une autre, diverses iks et contrées que nous avons indiquées n'ont pas changé de condition, c'est-à-dire, qu'elles sont restées sous le régime colonial ; et plus d'une , parmi elles , aurait certes préféré ne pas voir briser ses relations avec son ancienne métropole.
Mais un grand nombre de contrées américaines qui, jusqu'à la 6n du siècle dernier et au commencement du siècle actuel, étaient placées sous le régime colonial, ont acquis Pind^endance politique.
Le sort des Étals-Unis, comme nation indépendante , à été fixé définitivement par le traité de Pannée 1783. ( Voir chap. Vil, § \ .)
Celui des anciennes colonies espagnoles, transformées en nombreuses républiques, s*est régularisé dans le siècle .actuel, quand leur indépendance a été reconnue officiellement par les grands États européens et américains, et par les traités que l'Espagne a conclus avec ses anciennes colonies : le 4 juillet avec Bio