LIVRE U. CHAPITRE IL
de la Plata; le 28 décembre avec le Mexique ; le 26 mars
4846, avec l'Uruguay, etc. etc.
Quant au Brésil, S. M. très-fidèle, par le traité signé le 29 aoûl 4825, à Rio^Janeiro, a reconnu (art. 4^'), que le Brésil «a tient « le rang d'mpirê indépendant el $^rë du royaume de Portugal
Nous n^avons aucune observation particulière à mettre sous les yeux du lecteur concernant les cessions, échanges et déclarations d'indépendance des contrées diverses dont il vient d'être parlé.
Mais nous pensons qu'il n'est pas sans intérêt de dire quelques mots sur l'Ile de St.-Domingue, devenue État indépendant sous le nom caraïbe d^ffaUi, et sur la Louisiane, qui fait partie , actuellement, de l'Union américaine du Nord.
jrafift. ( Fotr cfaap. XXXVI, § 4.)
Les noirs de St.-Domingue s'étaient révoltés, dans les der* nières années du 18* siècle, contre les oolon& Leur baine contre leurs maîtres était d'autant plus violente, que toutes les doctrines et toutes les nouvelles qui arrivaient de la France étaient de nature à exciter les passions brutales des masses contre les nobles, coiitiê les riches et contre tout principe d'autorité et de supériorité ; les horreurs de la révolution de St.-Domingue dépassèrent celles de 4793 en France. Un chef noir se montra , qui sût se faire obéir, vieil esclave, homme énergique, militaire médiocre, mais ayant le génie du gouvernement, Toussamt Louverture. \\ fut secondé par des lieutenants qui ne manquaient pas d'intelligence, mais dont le caractère t t ut féroce , Christophe, Dessalines, Maurepas, etc. Toussaint Louverture, libre, souverain, maître réel et absolu de la partie française de St.-Domingue, ne voulut pas rompre entièrement avec la France, dont il continuait à reconnaître l'autorité nominale.
Le premier consul de la république française , le général Bonaparte, voulait, lui, que l'autorité de la France fut réelle.
En 4S02, peu après que le traité de paix avec l'Angleterre eût été ratifié, le' premier consul fit partir pour St.-Domingue, en qualité de gouverneur et commandant général, le général Ledero, son beau frère , sous les ordres duquel il plaça une armée de 48 à 30,000 bommes. Toussaint Louverture ne pût résister longtemps ; il eût la liberté de se retirer à sa campagne d^Eonery ; mais il ne tarda pas à reprendre les bostllités ; fait prisonnier, il toX transporté en France où il mourut
L'armée française était dédmée par une épidémie : elle se vit
COLONIES
bientôt privée de son chef; peu de temps après la mort du général Leclerc, et d'un grand nombre de ses officiers supérieurs, Parmée, rf^duite de plus des deux tiers, dût abandonner la colonie. De ce moiueot St.-Domingue fut perdue pour la France, la guerre maritime de 4803 s'opposant à ce que la France ûl aucune tentative pour reprendre cette colonie.
Le gouvemement français ne jugea pas à propos, après 1844, de faire aoeon effort armé pour soumeMre ^ancienne colonie : rien ne lui eût été plus facile sans doute que de réduire St.-Domingue, à une époque- où la France était en paix avec tout le continent. 11 comprit, enfin, que puisqu'il renonçait à entreprendre une expédition militaire, il devait, dans l'intérêt même des anciens colons et du commerce maritime, prononcer définitivement sur le sort et Tavenir d'une colonie qui s'était séparée de la mère-patrie. Une ordonnance royale, en date du 47 avril 4825, entérinée par le sénat haïiien le 44 juillet suivant, reconnut riudépendance d'Haili, dont le gouvernement s'engagea à payer une somme de cent cinquante millions de francs pour indemniser les anciens colons français.
Un traité conclu le 12 février 1838, entre la France et Haïti, proclama et reconnut de nouveau Tindépendance politique de cette république, stipulant d'ailleurs, de part et d^autre, pour le com> merce et la navigation des deux pays , le traitement de la mtùm la plus favcrisée, et fixant - le solde de i^indemnité due par la république, aux anciens colons, à la somme de 60 millions de iràncs, payable en treni» années, de 4838 à 4867.^)
Louisiane,
La Louisiane qui était restée k P£spagne par le traité de paix de 4783, fut cédée par cette Puissance à la France, dans les pcemières années du consulat du général Bonaparte, à Tépoque de la création du royaume d'Ëtrurie , en faveur d'un infant d'Espagne. (Convention signée à St.-lldefonse, le 1^' octobre 1800.)
Lorsque le premier consul put recunnailre que l'Angleterre se disposait à rompre le traité de paix d'Amiens et à recommencer la guerre, plutôt que de remettre l'île de Malte h Tordre de Saint- Jean de Jérusalem, ainsi que cette Puissance s'y était formellement
') Lo territoire do l'tlo de St.-Domingue présentant iinn sniJcrflclo de 1,385 milles □ géo/n-aphiques et une population de près d'un million d'habitants, est partagé en deux Etats indépendants, d'une part l'ancienne partie française, connue, depuis le ttaoût1849, sous le nom d'emplr6 d'Haïti , d'autre part , l'ancienne partie espagnole, possédant SOO.OOO âmes de population , constituée le 37 fé\Tier 1844 en République dominicaine , dont l'indépendance a été reconnue en I8tô par la France et en 1850 par la Grandfr^BretagDA.