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aiijourcriuii \)i\v la science, bien que la physiologie les contestât alors.
On croirait que le passage suivant, que nous lui empruntons, est extrait d'un de nos ouvrages de physiologie les plus récents : « Ainsi, dit-il, l'empire si libre que j'exerce sur mes membres me fait voir que je tiens le cerveau en mon pouvoir, et que c'est là le siège principal de l'âme.
c( Car, encore qu'elle soit unie à tous les membres, et qu'elle les doive tenir tous en sujétion , son empire s'exerce immédiatement sur la partie d'où dépendent tous les mouvements progressifs, c'està-dire sur le cerveau.
c( En dominant cette partie où aboutissent les nerfs, elle se rend arbitre des mouvements , et tient en nuiins, pour ainsi dire, les rênes par où tout le corps est poussé ou retenu.
« Soit donc qu'elle ait le cerveau entier immédiatement sous sa puissance, soit qu'il y ait quelque maîtresse pièce par où elle contienne les autres parties, comme un pilote conduit tout le vaisseau par le gouvernail , il est certain que le cerveau est son siège principal et que c'est de là qu'elle préside à tous les mouvements du corps'. »
Même de nos jours, on ne pourrait parler sur ce sujet avec plus de précision.
Descartes dit également : « Ce n'est pas à propre-
• BOSSUET, Connaissance de D'u n et de soi-même, chajK lii-xiv.
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('iKî ohsorvHtioM ;i(.l,(;nt.ivf; snCIil, ^-n cM'cl , [)Oijr ("iiiro voir- (jn(; h; cf'rvoau ost (îXclu.sivoirKiril, l'oiLTano (le lonlos l(;.s /jjciiltrs irif(;ll';(;tn('llf;s cl de louLos los <)n;ili(.os rnonjlfîs; Flourons Ini ini-rrif;, ;i rjni nons (J(}\(>ns nn(; si Ih;II(; <Jr''iriori.sf.ni(.ifjri cxi/'nfncuUtlc (Jn sujet qui nous occujjo, ;j(Jfnfîl. cehj : 1 ont, h; rriondo, (lit,-il, sont en ellet, ol <i'nn .sontirnfnt, .'j[).soln, inf.irrK;, (JIk; l(;lr;n.'jil rJ»; l'osprit. ;j lif;n fJ;jns l.'i lôl.'; ; (jno lf;s idées, d'on ri;jiissent les pijssions et les {iHeetions, ont leur siège d;jns le eerveau ; qu'une trop irnjnde on lro|) longue f;ontention d'(;s[)rit fatigue, surexcite, épuise cet organe, etc. '. »
Il n'en est pas rrn^ins curieux de voir rjue la philosophie avait deviné ce que la science exjjérimentale contestait alors, mais qu'elle; a f)lus tard rJémontré. Leihnifz avait raison de dire; : '( Plut au f:iel que l'on fjut faire (jue les médecins philosophassent , on que les pliiloso[)hes médecinassent ' î »
' OEwi f.s de Dcicarles, t. V, ji. .'ji.
' Fr.m;BK5S, de la Phrcnolo^h:, etc., (iall, II.
' GkbaboHT, I^ lln- a I. ' Ilnjnlol , I. 1' , p. .
Il est bien certain que la simple observation psychologique suffit pour établir des notions que l'on range trop exclusivement dans le domaine de l'expérimentation, et qu'une observation bien faite peut devancer l'expérimentation, la contrôler et môme la corriger, lorsque les conditions dans lesquelles elle a été opérée sont douteuses.
Si la psychologie éclaire la physiologie, il est impossible, d'un autre côté, d'étudier la psychologie d'une manière complète, sans le secours de la physiologie. La physiologie et la psychologie doivent marcher simultanément afin de se compléter l'une l'autre.
Quoi qu'il en soit, c'est un grand point que le siège principal de l'intelligence ait été déterminé expérimentalement ; cette détermination rigoureuse a coupé court aux discussions interminables auxquelles cette question donnait lieu. On est vraiment étonné de voir combien les savants les plus éminents étaient peu d'accord sur ce sujet.
Ce sont les influences sympathiques des organes qui les induisaient en erreur.
Les pensées, les volitions, en un mot les actes des facultés intellectuelles, lorsqu'ils atteignent un certain degré,, peuvent agir sur toute l'organisation, mais ils font sentir un contre-coup immédiat et plus spécial sur des organes particuHers : pour les uns, ce sera sur le cœur; pour d'autres, à la poitrine ou à l'estomac; pour d'autres encore, sur le foie, sur
le diaphragme ou sur les entrailles, etc., suivant que ces parties sont plus ou moins faibles, sensibles ou maladives.
C'est cette influence de Tactivité de Famé sur des organes spéciaux qui avait conduit des physiologistes éminents à placer telle ou telle de ses facultés dans tel ou tel organe, et cela pour cette seule raison que, chez eux ou chez les personnes qu'ils observaient, tel organe était plus particulièrement sensible aux opérations de telle faculté.
On conçoit que, d'après cette théorie, le siège des facultés ne devait pas être le même pour toutes , ni pour tous.
On raisonnait comme Van Helmont, qui plaçait l'àme dans Testomac ; « parce que , disait-il , dès que l'on reçoit une mauvaise nouvelle on perd l'apoétit ))
Lucrèce avait précédé Van Helmont : «. C'est lui (le jugement) qui commande au corps, sous le nom d'esprit et d'intelligence, disait-il; il habite au centre de la poitrine. C'est là, en effet, que palpite la crainte et la terreur, là que tressaille le plaisir : c'est donc là le siège de la sensibilité »
Cependant Hippocrate disait déjà : « Quant au diaphragme, c'est mal à propos qu'on l'a nommé le siège de la sagesse ^ . »
1 OEuvres de Van Helmont, traduit par le Comte, p. 223. ' LucRKCK, liv. m.
3 De la Maladie sacrée ou épilepsie, trad. de M. de Mercy, t. II, p. 132.
Il dit également à propos du cœur : « L'opinion de certains liommes est que le cœur est le siège de la tristesse et des soucis; toutefois, il n'en est pas ainsi L.. Le cerveau est le centre de toutes les passions "...
Nous pourrions citer d'autres passages non moins curieux de nos grands auteurs; mais nous devons nous hâter d'entrer plus avant dans notre sujet; d'ailleurs, grâce à la démonstration expérimentale que nous devons à la physiologie, des erreurs pareilles à celles que nous avons signalées ne sont plus possibles.
Le cerveau, et par conséquent l'àme dont il est le siège principal , est en relation avec le monde extérieur par les organes des sens, dont le système nerveux forme la partie essentielle (fig. 1).
Le cerveau est d'ailleurs le centre de tout le système nerveux , système qu'il est indispensable d'étudier, au moins sommairement, pour pouvoir se rendre compte de la transmission et de la transformation du mouvement expressif.
Le système nerveux en général, présente deux grandes divisions : Le système nerveux ccrébro-
' HlPPOCKATE, de la Maladie sacrée ou épilepsie, t. II, p. 96. ^ Ibid., p. 99.
Fig. 1.
A, cerveau.
B, cervelet.
0, moelle épinière.
D, nerfs de la face.
E, plexus cervical
axillaire.
F, nerf médian.
G, nerf cubital.
K, nerf radial.
1, nerfs intercostaux, .1, nerf crural.
LSVEILLE oEu
K, nerf ilc'o-scrotal.
L, nerf sciatiquc.
M , nerf sapliùue
interne.
K, nerf sciatique P poplité interne.
O, nerf plantaire.
r, neri sciatique poplité externe.
Q, nerf péronier
aut'jricuK.
li, nerf musculocutaué.
spinal ou encéphalo-rachidien, qui appartient exclusivement à la vie animale ou de relation; le système nerveux ganglionnaire ou grand sympathique, qui préside aux fonctions de la vie de nutrition ou végétative.
Nous croyons devoir d'abord résumer très succinctement l'état actuel de la science sur ces deux points.
Le système nerveux cérébro-spinal présente trois parties principales :
1° Le cerveau ou encéphale;
2° La moelle épinière;
3" Les 7ierfs proprement dits.