Plutarque, Vie de Périclès
PHIDIAS ig
Polias; Gimon y avait établi du côté du sud une nouvelle muraille, mais, s'il avait pu songer à restaurer les édifices de la citadelle sur un plan nouveau, le temps, l'argent et les loisirs de la paix avaient manqué. Suivant le projet de Périclès, l'Acropole cessait d'être la citadelle de la ville, pour être consacrée tout entière à la religion et à l'art. L'ancien Hécatompédon reconstruit dans des proportions grandioses, l'entrée de l'Acropole décorée de magnifiques Propylées, le temple de la déesse Poliade agrandi d'après un plan hardi et original, devaient offrir la manifestation la plus parfaite du génie artistique d'Athènes.
On sait que la construction du Parthénon inaugure la série des grands travaux de l'Acropole Il était urgent en effet d'élever dans l'enceinte sacrée l'édifice où devaient être conservés le trésor de la ville, celui de la déesse, et les offrandes souvent fort riches qui constituaient un véritable fonds de réserve. On sait aussi qu'en 438 le gros œuvre du Parthénon était terminé; nous sommes moins bien renseignés sur le moment où commencèrent les travaux. Quelques érudits, comme Wachsmuth 2, pensent que dès 460 on y travaillait déjà; d'autre part, Beulé 3 propose la date de 444, ce qui ne laisserait, pour l'achèvement de l'édifice, qu'un intervalle de six à huit ans. L'auteur de l'ouvrage le plus complet que nous possédions sur le Parthénon, M. Michaelis, fait remarquer avec raison que les Propylées ont coûté cinq années de travail et ne sont pas terminés 4 ; comment admettre qu'un si court espace de
1. Les fouilles qui se poursuivent actuellement à l'Acropole, par les soins de la Société archéologique d'Athènes, offrent un très vif intérêt pour l'histoire du Parthénon. On pensait généralement que le Parthénon actuel était bâti sur l'emplacement de l'ancien Parthénon brûlé par les Perses ; aussi, on s'expliquait mal que les Athéniens eussent laissé s'écouler un temps si long entre la guerre persique et les travaux de reconstruction. Les fouilles récentes semblent avoir fourni la solution du problème. Il faut reconnaître l'ancien temple d'Athéna dans un édifice dont on vient de retrouver les ruines, engagées en partie sous les constructions de l'Erechthéion. C'est l'ancien temple détruit par les Perses, et qui était construit en pierres du Pirée. Quand Cimon bâtit le mur sud de l'Acropole, il commença les constructions d'un nouveau Parthénon, sur l'emplacement du temple actuel. Mais l'exil de Cimon interrompit les travaux, et c'est sans doute aux matériaux de ce temple qu'appartenaient les tambours de colonnes de marbre pentélique qui sont encastrés dans le mur nord de l'Acropole. Périclès, à son tour, commença et termina le Parthénon actuel. (Voir W. Doerpfcld : Mittheilungen des deutsch. arch. Institutes, 1 885, p. 275-277.)