‹ PhidiasChapitre 13 sur 56 · L'Acropole d'Athènes, t. I, p · texte numérisé non relu

L'Acropole d'Athènes, t. I, p

4. Der Parthénon, p. 10, 11. M. Michaelis fait remonter la construction du Parthénon jusque vers 454.

temps ait suffi pour mener à bonne fin les travaux bien autrement importants du Parthénon et pour en exécuter la décoration sculpturale ? Des fragments de comptes financiers gravés sur marbre, et qui paraissent se rapporter aux dépenses motivées par la construction de l'édifice, ont permis d'établir que la comptabilité remontait jusqu'à l'année 447 '. On ne saurait donc attribuer une date plus récente aux premiers travaux du Parthénon. C'est sans doute vers 447 que le plan d'ensemble des constructions nouvelles, longuement médité par Périclès, commence à être mis à exécution ; c'est aussi le moment où Périclès associe Phidias à son œuvre .

« Phidias, dit Plutarque, était devenu l'ami de Périclès 2. » Le grand orateur avait en effet trouvé dans le grand sculpteur un esprit digne de comprendre ses généreuses ambitions. Bien que le génie artistique ne suppose pas nécessairement la plus haute culture intellectuelle, il est permis de croire que Phidias n'était pas seulement un admirable artiste: son intimité avec Périclès, qui réunissait autour de lui les esprits les plus éclairés d'Athènes, suffirait à le prouver. Un curieux témoignage nous apprend que sa parole était habile et exercée3; son œuvre révèle un penseur, une intelligence large et fière, capable de se plaire aux entretiens d'un Anaxagore, et ouverte aux plus hautes spéculations.

Cette force et cette souplesse d'esprit, cette culture si variée, donnaient à Phidias une singulière autorité. C'est à lui en effet que Périclès confie ce qu'on peut appeler la surintendance effective, sinon officielle, des travaux de l'Acropole. « A côté de Périclès, dit encore Plutarque, il dirigeait tout, il surveillait tout, bien qu'il eût sous ses ordres de grands architectes et de grands artistes ». Les architectes étaient Ictinos, Callicrate, Mnésiclès; les artistes, Alcamènes, Agoracrite de Paros, Colotès ; les uns déjà célèbres, en possession d'un talent exercé et formé; les autres élèves dociles du maître, prêts à se plier à sa puissante direction et à recevoir ses enseignements. Outre ces collaborateurs, Phidias avait sous ses ordres toute une armée d'ouvriers, pour mettre en œuvre tant de matériaux divers réunis à grands frais; le marbre, le bronze, l'ivoire, l'or, le

1. Koehler : Mittheilungen des deutsch. arch. Institutes in Athen, 1879, p. 33-35. Cf. Corpus Inscr. Attic, I, 3oo-3ii.

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