‹ PhidiasChapitre 15 sur 56 · Le Songe · texte numérisé non relu

Le Songe

très suspect d'ailleurs, a pu faire croire qu'elle avait été par la suite apportée à Constantinople 1 . Mais qui pourra dire quelles mains ont arraché et jeté au creuset les feuilles d'or assemblées par les ouvriers de Phidias ?

Il est souvent question de l'Athéna Parthénos dans les auteurs anciens 2; mais c'est encore la description de Pausanias qui nous fournit les détails les plus précis. « La statue d'Athéna, dit le voyageur grec, est faite d'ivoire et d'or. Au milieu de son casque est la figure d'un sphinx, et de chaque côté sont des griffons... La statue est debout, vêtue d'une tunique tombant jusqu'aux pieds, et sur la poitrine elle porte la tête de Méduse en ivoire. La Victoire a environ quatre coudées de hauteur. D'une de ses mains, la déesse tient la lance; à ses pieds est son bouclier, et près de la lance un serpent que l'on dit représenter Erichthonios. Sur le piédestal de la statue est figurée la naissance de Pandore 3. » D'autre part, Pline nous apprend que la statue avait 26 coudées de hauteur, soit 12 mètres environ; que Phidias avait représenté, sur la partie convexe du bouclier, le combat des Amazones, et sur la partie concave la guerre des Dieux et des Géants; enfin que sur la tranche de la semelle des sandales, l'artiste avait ciselé la lutte des Centaures et des Lapithes, '< tant il excellait, ajoute-t-il, jusque dans les plus petits sujets » s. A ces renseignements, il faut ajouter d'autres traits mentionnés çà et là par les auteurs anciens; ainsi nous savons par Arrien que la Victoire était posée sur la main droite de la déesse. « L'Athéna de Phidias, une fois que sa main étendue a reçu la Victoire, reste ainsi pendant tout le cours des siècles » 5. Nous devons nous borner à citer ces passages, qui nous révèlent tout au moins l'essentiel : l'attitude, les attributs, et l'aspect d'ensemble de la statue.

Ces textes sont loin de satisfaire notre curiosité, et ils laissent encore, on le voit, une large place aux conjectures. Aussi, depuis que l'histoire de l'art antique est étudiée avec un esprit de critique éclairée, la restitution de l'Athéna Parthénos a-t-elle souvent exercé la sagacité des

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