Arrien, Diss. Epictet., II
érudits. Il nous est impossible, dans les limites restreintes de cette étude, de passer en revue les différents systèmes qui ont été proposés, et nous ne pouvons mieux faire que de renvoyer le lecteur à la savante étude de M. de Ronchaud,où les restitutions conjecturales de TAthéna Parthénos
COPIE DE l'aTHÉNA PARTHÉNOS.
Statuette trouvée près du Pnyx. (Athènes )
sont examinées en détail Signalons seulement le travail de Quatremère de Quincy, œuvre remarquable pour le temps où elle a été composée, et beaucoup trop dédaignée de nos jours. Rappelons encorela tentative aussi hardie qu'originale faite sous la direction de M. le duc de Luynes, celte statue d'ivoire et de bronze doré où le sculpteur Simart a essayé de i. L. de Ronchaud, Phidias, p. 104-126.
reproduire la Parthénos de Phidias, d'après les conjectures de M. le duc de Luynes A mesure que les découvertes se sont multipliées, il a été possible de restreindre de plus en plus la part faite aux hypothèses, et aujourd'hui les principaux problèmes qui ont soulevé de si longues discussions peuvent être considérés comme résolus. Sans entrer ici dans des détails trop minutieux, nous essaierons de résumer les faits qui se dégagent de l'étude des documents archéologiques.
Pour l'aspect d'ensemble et l'attitude de la statue, des renseignements précis nous sont fournis par deux marbres trouvés à Athènes. Le premier est une statuette de marbre, de travail romain, haute d'environ un demimètre, trouvée à l'ouest du Pnyx, et conservée aujourd'hui au bureau de l'Ephorie des Antiquités, à Athènes. C'est Charles Lenormant qui en reconnut le premier l'importance, et son fils, François Lenormant, a consacré à ce monument une étude spéciale 2. En dépit d'une exécution inachevée et très sommaire, cette statuette accuse une imitation tout à fait directe de la statue du Parthénon ; l'auteur de cette ébauche à peine dégrossie a poussé le scrupule de l'exactitude jusqu'à reproduire sur le bouclier et sur la base les bas-reliefs qui occupaient la même place dans l'original. D'un intérêt plus grand encore est la statue découverte à Athènes, en décembre 1880, près du gymnase du Varvakéion, c'est-à-dire non loin de l'emplacement de l'ancienne porte Acharnienne3. Cette statue de marbre pentélique, qui porte encore des traces de couleur rouge et bleue, confirme de tous points le témoignage de la statuette trouvée près du Pnyx ; c'est une copie de l'œuvre de Phidias, faite au 11e siècle de notre ère par un artiste médiocre, incapable d'interpréter trop librement son modèle, et nous y retrouvons en toute certitude les lignes générales de la statue chryséléphantine.
1. La statue de Simart, exposée en 1 855 à l'Exposition universelle de Paris, se trouve aujourd'hui au château de Dampierre. L'exe'cution n'a pas coûté moins de 5oo,ooo francs, et a duré six ans. Cf. de Calonne : Revue Contemporaine, 3o septembre 1 885, et Beulé : Revue des Deux-Mondes, ier février i856.
2. Fr. Lenormant, La Minerve du Parthénon (Galette des Beaux-Arts, 1860, t. VIII, p. 129, 202, 272). Ce marbre a été souvent reproduit. Voir Sybel, Sculpturen \u Athen, p. 268. n° 3y3o.
3. Sur les particularités de cette statue, voir l'article de M. Hauvette : Bulletin de correspondance hellénique, 1 88 1 , p. 54. Cf. K. Lange, Mittheilungen des deutschen archœolog. Institutes in Athen, 1881, p. 5y; O. Rayet : Galette des Beaux-Arts, 1881, t. XXIII, p. 258-263; C. T. Newton : The Academy, 12 février 188 r, et Michaelis : Im Neuen Reich, 1881, p. 353.