‹ PhidiasChapitre 17 sur 56 · COPIE DE L'ATHÉNA PARTHENOS · texte numérisé non relu

COPIE DE L'ATHÉNA PARTHENOS

Statue trouvée près du Varvakéiou, à Athènes.

Debout et immobile, la jambe gauche légèrement ramenée en arrière, la déesse maintient de la main gauche son bouclier posé de champ sur le sol; à ses pieds, un serpent, symbolisant le héros Erichthonios, né de la Terre, enroule ses anneaux, et dresse sa tête menaçante contre le rebord du bouclier. La main droite tient une Victoire aux ailes étendues. Le costume d'Athéna se compose de la double tunique faite d'une seule pièce, ouverte sur le côté droit, où les plis retombent en masses régulières, et serrée à la taille par une ceinture. La poitrine est couverte de l'égide d'écaillés, ornée du gorgonéion, et bordée de serpents; la tête est coiffée du casque à triple aigrette. Grâce aux deux marbres d'Athènes, nous pouvons retrouver dans une nombreuse série de statues des répliques plus ou moins lointaines de la Parthénos, qui prouvent à quel point l'œuvre de Phidias offrait aux artistes le type parfait de la déesse. Telles sont, pour ne citer que les principales, la « Minerve au collier» du Louvre, une statue colossale de la villa Ludovisi, et une autre, très mutilée, de la villa Wolkonsky*. Mais la plus importante de ces répliques est un beau fragment, du meilleur travail grec, découvert en 1859, près des Propylées : c'est là qu'il faut chercher la pose majestueuse du torse, et le mouvement si libre, et pourtant si régulier, des plis de la tunique.

Quelque précieux qu'ils soient, ces documents ne nous fournissent encore que des renseignements incomplets sur le type du visage et sur les accessoires. Pour ces points particuliers, il faut recourir au témoignage des pierres gravées et des monnaies. L'ornementation du casque a été très vivement discutée, et plusieurs archéologues ont soutenu qu'il fallait s'en tenir à la description de Pausanias, où il est simplement question d'un sphinx et de griffons. Nous emprunterons au contraire tous les détails du casque à une intaille en jaspe rouge du cabinet de Vienne, portant la signature du graveur Aspasios. Sur cette gemme, le timbre du casque est bas, et se prolonge par un couvre-nuque garni d'écaillés; le cimier est formé de trois aigrettes; celle du milieu est supportée par un sphinx; les deux autres, plus basses, sont soutenues par deux animaux ailés, où nous reconnaissons les Pégases que reproduit la statue récemment découverte à Athènes 2. Les garde-joues, relevés, sont

1. Ces répliques sont étudiées en détail par M. Th. Schreiber, Die Athena Parthénos des Phidias; Leipzig, 1 883.

2. Pausanias les appelle des griffons, mais on admettra qu'à une telle hauteur une méprise était possible.

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