CHAPITRE III
Les sculptures du Parthénon. — Historique sommaire des dévastations du Parthénon. — Les frontons. — Le fronton oriental et la naissance d'Athéna. — Le fronton occidental et la dispute d'Athéna et de Poséidon. — Part prise par Phidias à l'exécution des frontons.
Jusqu'ici, des textes anciens ou des imitations plus ou moins fidèles nous ont seuls renseignés sur l'œuvre de Phidias, mais aucun monument ne nous a encore révélé le style et la manière du maître. Les sculptures du Parthénon vont nous offrir un magnifique ensemble où il sera possible de retrouver, sinon la main toujours présente de l'auteur de la Parthénos, au moins son influence directe, et quelquefois, croyons-nous, la trace de son puissant ciseau.
Nous ne saurions faire ici l'histoire détaillée des sculptures du Parthénon. Tous les documents anciens et modernes ont été réunis par M. Michaelis \ et M. de Laborde a raconté, en termes émus, les dévastations successives qui ont mutilé le plus admirable monument de l'art attique au vc siècle 2. On sait comment le temple fut converti d'abord par les chrétiens en église byzantine sous le vocable d'Haghia Sophia, puis de la Mère de Dieu (Théotokosj, et comment, après la prise d'Athènes par les Turcs, l'église fut transformée en mosquée, vers 1460. La décoration sculpturale était encore presque intacte, lorsque les troupes vénitiennes de Morosini vinrent mettre le siège devant l'Acropole. C'est le soir du 26 septembre 1687 qu'une bombe, lancée par un lieutenant de l'armée auxiliaire de Kœnigsmarck, mit le feu aux poudres accumulées par les Turcs dans le Parthénon. Une explosion formidable ouvrit dans le temple une large brèche, et fit voler en éclats une grande partie des sculptures de la frise. Néanmoins, ce qui restait des frontons avait peu souffert de l'explosion, comme le montre une relation écrite au lendemain de l'événement, par un officier bombardier de l'armée de Morosini 3.