Natur. Histor., XXXI V
est sans doute celle d'une de ses œuvres importantes. Au dire de Plutarque, le grand sculpteur s'était représenté lui-même sur le bouclier de l'Athéna Parthénos avec la figure « d'un vieillard chauve » {. On pourrait en conclure qu'en 438 il avait dépassé l'âge de cinquante ans; mais l'élément le plus certain pour fixer la date de la naissance de Phidias est la part qu'il a prise aux grands travaux exécutés sous Périclès. A l'époque où commencent ces travaux, c'est-à-dire vers 447, Phidias devait être dans toute la force de l'âge et du talent; il avait l'autorité que donne un nom déjà célèbre; c'est donc avec toute vraisemblance qu'on peut placer la date de sa naissance entre les années 490 et 485. Il appartient ainsi à cette génération qui grandit au bruit des batailles de la guerre persique, au milieu des plus généreuses émotions. A aucun moment de l'histoire de la Grèce, le sentiment national n'a plus de force ni de fierté. Toutes les ambitions semblent permises à l'orgueil hellénique, justement exalté par d'éclatantes victoires; et l'on imagine facilement quelle énergie et quel enthousiasme la jeunesse qui arrive à l'âge d'homme vers 460 a puisés dans les récits héroïques dont son imagination a été nourrie.
Dans l'inscription tracée sur la base de la statue du Zeus Olympien, Phidias rappelle qu'il est Athénien, et fils de Charmidès 2. Il est probable que Charmidès lui-même était artiste, car c'était chez les sculpteurs grecs un usage presque constant de ne mentionner dans leur signature le nom de leur père que si ce dernier avait exercé la même profession. On ne sait rien de plus sur le père de Phidias. Le nom de Charmidès se lit, il est vrai, sur des vases grecs de la bonne époque, et M. de Longpérier a émis l'ingénieuse hypothèse que les peintures qui décorent ces vases pouvaient reproduire des croquis de Phidias avec une acclamation en l'honneur de son père 3 ; mais ce n'est là qu'une simple conjecture proposée avec beaucoup de réserve parle savant archéologue.
Le frère de Phidias, Panainos, était peintre, et contribua à la décoration d'un portique d'Athènes, le Pœcile, où il peignit la bataille de Marathon; son nom figure avec honneur à côté de ceux de Micon, de Dionysios de Colophon, qui sous la direction du Thasien Polygnote, donnent à la peinture attique un brillant développement. C'est aussi