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4. Brunn : Annali, i85i; Petersen, Kunst des Pheidias, p. 35o.

3. Cette conjecture a été émise par M. Glermont-Ganneau, The veil of tlie

io6 LES ARTISTES CÉLÈBRES

Pour la restitution de la statue d'Olympie, nous sommes loin de posséder des documents aussi précis que ceux dont nous avons fait usage dans l'étude de l'Athéna Parthénos Parmi les marbres et les bronzes conservés dans nos musées, et représentant Zeus assis avec le sceptre et l'aigle ou la foudre, plusieurs dérivent assurément du type créé par Phidias 2. Telle est par exemple la statue du Zeus Verospi, dans la Sala dei busti au Vatican ; tel est encore le beau bronze trouvé en Lydie, appartenant au Cabinet de Vienne ; mais aucun de ces monuments n'a le caractère d'une copie fidèle. On en peut dire autant des bustes où l'on a parfois proposé de reconnaître l'image du Zeus de Phidias. Des textes et des imitations très réduites sur les monnaies de l'époque impériale, voilà les seules sources certaines d'information ; nous leur demanderons d'abord les détails qu'elles peuvent nous fournir sur l'ensemble de la statue.

Quelques lignes de Pausanias3 nous montrent le dieu assis sur un trône, la tête ceinte d'une couronne d'or imitant le feuillage de l'olivier : « De la main droite, il porte une Victoire faite, elle aussi, d'ivoire et d'or ; elle tient une bandelette, et une couronne est posée sur sa tête. Dans la main gauche du dieu est un sceptre, incrusté de toutes sortes de métaux; sur le sceptre est posé un aigle. Les chaussures du dieu sont également en or, ainsi que son manteau, sur lequel sont représentées des figures et des fleurs de lis. » Cette description sommaire est loin de satisfaire notre curiosité et laisse encore place à bien des incertitudes. Tout d'abord, quel parti avait adopté Phidias dans la répartition de l'or et de l'ivoire ? Le corps était-il entièrement vêtu, ou bien le manteau jeté sur une épaule, et drapé seulement au-dessous du buste, laissait-il à découvert toute la poitrine du dieu ? Suivant la disposition adoptée par Phidias, l'effet était fort différent. D'une part, comme dans la Parthénos, une masse d'or considérable, avec un emploi très limité de l'ivoire; de l'autre, une large étendue d'ivoire d'un seul tenant, à laquelle s'opposeraient les plis d'or du manteau émaillés de couleurs diverses. La seconde

temple of Jérusalem at Olympia, dans Palestine exploration fund, avril 1878, p. 79. Cf. L. de Ronchaud, la Tapisserie dans l'antiquité, p. 86.

1. Nous signalerons, sans pouvoir la discuter ici, la restitution graphique tentée par Quatremère de Quincy, dans son Jupiter Olympien. Voir L. de Ronchand, Phidias, ch. III, p. 128 et suivantes.

2. Voir Overbeck, Griechische KunstmytJiologie, t. I, p. 114 et suivantes.

hypothèse a pour elle le témoignage d'une monnaie d'Elis, frappée sous Hadrien et montrant le Zeus de Phidias vu de face, le torse nu, et les plis de l'himation retombant en masse épaisse sur l'épaule gauche *. C'est le type que représente aussi une monnaie d'Athènes, où l'on voit figurée la copie de la statue d'Olympie consacrée par l'empereur Hadrien dans l'Olympéion d'Athènes qu'il venait de terminer2. Une autre monnaie d'Elis, frappée également sous Hadrien, et conservée au Cabinet de Florence, montre la statue vue de profil, tournée vers la gauche, avec l'avant-bras gauche recouvert par les plis du manteau3. Tous ces témoignages concordent entre eux, et le doute ne serait pas permis, si une troisième monnaie d'Elis, du Cabinet de Berlin, ne nous offrait l'image du Zeus Olympien, tourné cette fois vers la droite, et le bras droit recouvert d'une draperie, alors que le manteau aurait dû le laisser libre '*. Faut-il admettre que le graveur s'est trompé, ce qui n'est pas impossible, ou que Phidias avait à dessein donné à la draperie une importance plus grande que les autres monnaies ne le faisaient supposer, en raison de la richesse de la matière dont il disposait ? On le voit, la question de l'agencement du manteau n'est pas certaine; toutefois, nous inclinons à croire que le torse ne disparaissait pas tout entier sous le vêtement, et que la poitrine du dieu apparaissait à nu, opposant ainsi ses larges plans, modelés en ivoire, au jeu varié de la draperie d'or. Les monnaies d'Elide nous donnent des renseignements plus positifs sur l'attitude de la statue. Le bras droit était étendu,

r. J. Friedlaender, Mitnçe der Eleer mit dem Zeus des Phidias. (Arch. Zeitung, 1876, p. 34.) Cf. P. Gardner : Numismatic Chronicle, N. S. XIX, 1879, P- 268-272, pl. XVI. Le même type est figuré sur un statère cypriote du British Muséum, publié par M. Six : Numismatic Chronicle, 1882, sér. III, vol. Il, pl. V.

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